Accueil » Société » Déguerpissement des populations à Yagma: Wend Song-Meteba accuse et condamne

Déguerpissement des populations à Yagma: Wend Song-Meteba accuse et condamne

Le Mouvement de Solidarité Wend Song-Meteba, de la Coalition des Associations pour la défense du droit au logement a animé un point de presse ce jeudi 20 décembre 2018 à son siège à Ouagadougou. Face aux hommes de médias, ce groupe d’organisation de la société civile prenant à témoin l’opinion publique, a dénoncé et condamné «les attitudes cupides et inhumaines des promoteurs immobiliers, des maires ainsi que des chefs traditionnels locaux face au problème de lotissement dans l’arrondissement 09 de Ouagadougou». Par ailleurs, face à une situation délétère que les populations de Yagma vivent depuis un certain temps malgré les menaces, le mouvement, pour résorber la crise du logement et les multiples conflits qu’elle engendre, exige, entre autre, des autorités «l’apurement du lourd contentieux lié aux lotissements sauvages de la IVème République menés sous l’égide du Maire feu Pascal Tiga Ouédraogo», les audits sérieux des opérations de lotissements passées, retrait des parcelles volées et détournées et proposition claire du mode de leur réattribution aux populations régulièrement recensées …

Le présidium lors de la conférence de presse

Dans un contexte marqué par l’offensive des sociétés immobilières avec la bénédiction des autorités gouvernementales et celles des municipalités, et avec la complicité de certains chefs traditionnels, les populations urbaines et même rurales du Burkina sont parfois victimes de l’accaparement de leur terre. La preuve, à Yagma un quartier de l’arrondissement 9 de Ouagadougou, les populations – à l’instar de celles de plusieurs localités du pays -, vivent une situation chaotique depuis 2008. Pour remédier à phénomène, elles se sont mises en association pour défendre leur droit au logement. Mais cette lutte ne sera pas aussi simple qu’elles croyaient. En effet, elles disent avoir croisé sur leur chemin des chefs traditionnels locaux qui foulent aux pieds les droits humains.

A travers un point de presse dans la matinée de ce jeudi 20 décembre 2018 à son siège à Ouagadougou, le Mouvement de Solidarité Wend Song-Meteba, qui est un groupe d’organisations de la société civile pour la défense du droit au logement, a dénoncé «les attitudes cupides et inhumaines des promoteurs immobiliers, des maires véreux, des chefs traditionnels locaux et leurs complices, etc.».

Cette rencontre avec la presse qui fait suite à une situation délétère que les populations de Yagma vivent depuis un certain temps, selon le président du mouvement wend song-météba, Sabo Omar. A l’en croire, il y a trois (03) cas urgents aux contours similaires des populations. Il s’agit notamment du cas de Yagma, site convoité par la SOCOGIB, celui de Yagma Nabin Zinigma et et celui de Silmiougou. Pour ce qui concerne le cas de Yagma, «c’est en 2008 que la SOCOGIB a entrepris de lotir le site qui est aujourd’hui un théâtre de conflits», a confié le président. Car à l’époque, a-t-il expliqué «le recensement réalisé par la mairie de l’ex-arrondissement de Sig-Noghin distinguait des résidents appelés ‘étrangers’ et d’autres dits autochtones. Les populations injustement écartées de cette mascarade se sont donc organisées et ont exigé de la SOCOGIB et de la mairie un éclairage sur la situation». La situation va rester sans suite jusqu’à la suspension des lotissements (en 2015) dans la ville de Ouagadougou».

Les populations sorties nombreuses pour soutenir le mouvement de la lutte

Mais ces derniers temps, certaines personnes qui avaient bénéficié des attributions de parcelles les ont revendues à d’autres personnes qui tentent de déguerpir des résidents jusque-là non attributaires, a expliqué Zemba Y. Ernest, le coordonnateur des CDAIP Sig-Nonghin. «C’est alors que les populations vont s’organiser pour refuser leur déguerpissement en attendant le règlement de ce passif».

Aussi, prenant l’opinion publique à témoin, le mouvement wend song-météba a dénoncé et condamné ces actes qu’il qualifie de «cabale orchestrée» contre les populations qui défendent leurs droits et en particulier leur droit au logement.

Pour résorber la crise du logement et les multiples conflits qu’elle engendre, le mouvement a aussi exigé de la part des autorités «un apurement du lourd contentieux lié aux lotissements sauvages de la IVème République», de mener les audits sérieux des opérations de lotissements passées, de procéder au retrait des parcelles volées et détournées et de faire des propositions claires du mode de leur réattribution aux populations régulièrement recensées, d’arrêter les actions des sociétés immobilières qui compromettent les espoirs des populations d’accéder à des logements décents. Il exige également la construction par l’Etat de logements sociaux à prix abordables au profit des populations qui vivent dans les zones non loties des villes du pays, la réglementation du coût des loyers à des prix abordables dans les zones loties des villes du pays et la baisse du prix des matériaux de construction.

Enfin, ce groupe d’organisation de la société civile pour le droit de logement a appelé les populations à rester mobilisées autour d’elles et à défendre, comme la prunelle de leurs yeux, leur droit à un logement décent.

Omar Idogo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *