Accueil » Politique » Les dérapages langagiers des responsables de l’Union des forces centristes

Les dérapages langagiers des responsables de l’Union des forces centristes

Le présidium pendant la conférence de presse

L’Union des forces centristes (UFC) a tenu une conférence de presse le 17 mars 2018 à la Maison de la femme de Ouagadougou, pour communiquer sur la situation de la nation. Sous le thème: «Communication et responsabilité des médias et des forces vives en période de crise», les responsables de l’UFC ont émis de vives critiques sur la justice burkinabè, la situation sécuritaire du pays, mais également sur la presse qui serait moins professionnelle que par le passé. Elle a même été accusée de connivence avec le pouvoir en place. Récit d’un réquisitoire aveugle d’un parti politique.

«Avant les médias étaient professionnels; maintenant c’est lamentable». C’est ainsi que Issa Balima, président de l’Union des forces centristes , a débuté sa conférence face aux journalistes. Lui et ses camarades n’ont pas hésité à accuser les médias de complicité et d’intelligence avec le pouvoir en place. Ils s’en sont même pris nommément à certains journalistes qui auraient traité le général Gilbert Diendéré de criminel.

Issa Balima, président de l’Union des forces centristes

Les membres de l’UFC disent ne pas apprécier que la presse présente sans cesse des photos du général Bassolé avec des présumés terroristes. Assez d’attaques verbales qui ont obligé certains journalistes à rappeler aux donneurs de leçons de l’UFC qu’il y a une nuance entre informations émanant des réseaux sociaux et celles des organes de presse.

Les journalistes quittant la salle avant le mot de clôture du conférencier

Après les médias l’Union des forces centristes a, à travers ses responsables, fustigé la justice, dénonçant un déni de justice et des règlements de compte de la part des autorités. Ainsi, le parti politique considère le cas du traitement de l’affaire Bassolé comme un «parfait exemple de brigandage politico-judiciaire contre un adversaire politique». Ses responsables disent ne pas comprendre «l’avancée sélective et suspecte des dossiers pendants en justice surtout après la chute du clan Compaoré».

Sur le plan sécuritaire, l’UFC reproche au président Roch Marc Christian Kaboré de toujours rejeter les bavures et les revers qu’a connu le système sécuritaire burkinabè sur d’autres personnes notamment l’ancien régime. Elle estime que l’exilé Blaise Compaoré et les généraux prisonniers ne peuvent pas toujours avoir la mainmise sur la sécurité du pays.

La gravité des accusations a amené les journalistes à quitter la salle de conférence avant le mot de clôture du président Issa Balima. Il n’est même pas certain qu’à sa prochaine conférence de presse il trouve des journalistes pour l’écouter. Comme quoi les hommes des médias ne sont plus prêts à relayer des litanies d’insultes et d’injures de certaines organisations, même politiques.

Hamadou Ouédraogo (stagiaire)

3 commentaires

  1. je trouve que les journalistes n’ont pas été prompts,ils devaient quitter la salle dès les premiers mots insultants de ce conférencier qui n’existe que par la presse.Pourquoi avoir écouté les insultes jusqu’au bout?J’ai suivi dans des medias le compte rendu de cette conférence et j’ai pas entendu un point sur les insultes faites aux journalistes,il faut que la presse soit plus responsable en repondant du tac au tac….un tel monsieur ne mérite pas une ligne,un son de 30secondes dans les médias.Avant et maintenant les politiciens sont des pros,sauf un,ce monsieur patron des centratistes qui ne sait point centrer ses mots, avec lui on peut dire qu’il ya un gros amateur nostalgique d’un passé à jamais révolu.

  2. Dommage que l’on invite des gens pour les insulter. Il faudrait que ces politiciens à la petite semaine, plutôt soucieux de leur ventre que de l’avenir du pays, reviennent à la raison. Ce n’est pas parce qu’ils mangent chez Djibril qu’ils peuvent obliger tout le monde à caresser ce dernier dans le sens du poil, pardon des chevaux!

  3. Certains débats publics gagneraient en crédibilité en évitant la mise en scène des ténors de certains partis politique que le privilège de la jouissance de liberté d’opinion et d’organisation permet. A une exception cependant, il nous faut observer une certaine éthique de la parole publique. A défaut, l’espace public devient celui du marché des opinions les plus viles sous prétexte de convier l’opinion à un partage de point de vue. Des agissements de ce genre semblent faits à desseins : dégoûter le citoyen du débat public et de la critique des idées, susceptibles de contribuer au façonnage de chaque opinion. Certains semblent confondre débat démocratique, avec ses règles du même nom et la prise de parole qui calcule à l’avance l’écho ou le gain que le locuteur engrangerait en supportant toujours quelqu’un d’autre que lui-même. C’est une mauvaise manière, opportuniste, bien entendu, de chercher sa place sous le soleil. Encore faut s’adosser sur quelqu’un ou à une idée susceptible de crédit auprès de l’opinion. Arrêtons de nous ridiculiser à nos propres yeux et de ceux du monde à partir de telles caricatures de conférence de presse. La liberté d’association et de penser n’est pas synonyme de libertinage, encore moins de désordre dans le débat public. Tout ceci semble de nature à alimenter une démocratie de pacotille… Un peu de sérieux , Messieurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *