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Des lapins dans le chapeau des avocats de Diendéré

C’est ce mercredi qui est annoncé comme date de réouverture du procès dit «Général Gilbert Diendéré et 83 autres» mais que le commun des Burkinabè appelle tout simplement le procès du coup d’Etat manqué. A la première audience qui a vu une ouverture-suspension pour des questions d’exceptions soulevées par les avocats de la défense, on s’attend à ce que la seconde phase connaisse aussi des exceptions qui vont mettre mal à l’aise le tribunal. N’étant pas un exégète du droit, moi Mounafica, en compagnie de mon pote Né Wendé, nous avions rencontré un ami qui s’y connaît en droit.

Pour ce dernier, il faut que les populations sachent et acceptent une chose: ce n’est pas demain la veille que ce procès va connaître son dénouement. Il ajoute qu’on entend ici et là des gens dire voilà «le général Diendéré a fait son aveu, il reconnaît avoir mal fait, alors pourquoi on nous fatigue avec un procès encore?».

Nè Wendé et moi-même sommes de cet avis.

Mais notre érudit en droit assure que les yeux du commun des Burkinabè sur les questions de droit ne sont pas le droit. Dans un procès ou toute autre affaire juridique, la forme c’est le fond. Il a pris l’exemple du slogan pub d’une compagnie aérienne inter-africaine qui n’existe plus, Air Afrique, qui disait: «Ce sont les petits détails qui font de grands effets».

Les avocats de la défense ont exploité à bon escient ce que les textes leur offraient pour mettre mal à l’aise le tribunal. Ils sont dans leur droit. Pour cette nouvelle ouverture, notre ami est revenu sur le nombre et la qualité des témoins cités par le général Gilbert Diendéré. Pour lui, cela constitue une caverne d’Ali Baba que les avocats vont exploiter à fond la caisse. Car combien sommes-nous à imaginer le chef suprême de Mosé à la barre d’un tribunal, même en tant que témoin pour se soumettre aux questions plus ou moins corsées, plus ou moins impertinentes des avocats? A-t-on idée de voir le président du Faso, Roch Kaboré himself, devant le tribunal pour témoigner?

Voici, nous a-t-il dit, les lapins que les avocats de la défense vont sortir de leur chapeau, puisqu’en matière de droit, le témoin a obligation de venir devant le tribunal pour éclairer sa lanterne afin d’aider à la manifestation de la vérité.

Les autres témoins civils et militaires peuvent sans problème se présenter aux juges, mais le Moro et le PF, cela va être difficile. Or donc, les avocats vont s’accrocher à leur présence effective. Que faire? Comment faire? C’est par là qu’on verra toute la dextérité des avocats de la partie civile.

Ils doivent avoir eux aussi des lapins dans leur robe pour contrecarrer leurs confrères de la défense. Ca sent les effets de manche et du piment dans ce procès tant attendu.

Comment les avocats peuvent-ils s’amuser avec la vie des gens, a lancé Nè Wendé. Non, a répliqué notre ami, ils sont dans leur rôle, dura lex sed lex, la loi est dure mais c’est la loi. Voilà pourquoi, nous a-t-il dit, il fallait avant ce procès trouver un mécanisme pour dédommager les victimes. C’est très important pour permettre aux parents de supporter le procès dans sa partie mise en prison ou libération des accusés.

L’argent du dédommagement ne peut pas faire revenir un frère, une sœur, un père tué pendant le putsch manqué mais il fait partie des mécanismes du droit pour soulager les victimes. On n’avait pas à attendre tout ce temps, en y ajoutant celui du procès pour voir les victimes dédommagées. On doit relire nos textes de lois à ce niveau, nous a-t-il dit.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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