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Développement du Burkina: le Président Kaboré veut impliquer la diaspora

Dans son message à la Nation le 31 décembre 2017, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé la tenue du premier forum de la diaspora dans le courant du premier semestre 2018. Il était temps parce que pendant longtemps, la non-prise en compte de la diaspora dans les politiques de développement n’ont pas permis d’atteindre le niveau de développement escompté.

« La diaspora burkinabè a sa place dans le développement du Burkina Faso » a déclaré le président du Faso devant des compatriotes ici à Casablanca

Selon les prévisions des démographes, le Burkina Faso compterait environ 19 millions de personnes en 2018. Si 19 millions de personnes habitent le Burkina, on estime entre 3 et 5 millions, le nombre de Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire. Du côté du Ghana, du Niger, du Mali vivent également une forte communauté burkinabè qui n’est pas prise en compte dans ces statistiques. A cela s’ajoute, les Burkinabè en Europe, aux Etats-Unis ou qui se rendent vers de nouvelles destinations comme pour exploiter l’or au Sénégal, en Guinée, ou pour travailler dans les plantations en Afrique centrale (Angola, Gabon, Guinée équatoriale, etc.). Si l’on prend en compte toutes ces personnes, le nombre réel des Burkinabè dépasserait les 30 millions.

Malgré tout, les projets et programmes de développement ne sont pas conçus en tenant compte de ces personnes. Leur mise en œuvre rencontre des difficultés parce que la diaspora, qui n’a pas été prise en compte, vient fausser les prévisions de départ.

Par exemple, le nombre de places disponibles à l’Université de Ouagadougou peut contenir les nouveaux bacheliers admis au pays. Mais à la rentrée des classes, les amphithéâtres débordent d’étudiants parce que les enfants des parents qui résident à l’étranger reviennent étudier au pays. Le gouvernement semble trouver la solution afin de permettre à tous les Burkinabè d’avoir accès de manière équitable à l’enseignement supérieur en créant les Universités de Ouahigouya, Fada N’Gourma, Dédougou et en renforçant celle de Bobo-Dioulasso. Le personnel a été affecté et le gouvernement s’affaire à rendre opérationnelles ces universités. Cette politique va désengorger Ouagadougou et permettre à la diaspora d’accéder aux universités nationales situées non loin des frontières des pays d’accueil.

Aussi, lors des dépôts des dossiers de candidatures pour les concours directs de la Fonction publique, l’on est toujours étonné de voir des files de candidats devant les guichets de dépôts. Pour 12 000 postes à pourvoir, le nombre des dossiers reçus a dépassé le million.

L’engouement pour le concours de la Police a amené les uns et les autres à se demander d’où vient tout ce monde. Il s’agit de nos compatriotes vivant hors du pays, notamment en Côte d’Ivoire venus tenter leur chance. A ce propos, le gouvernement devrait tirer les leçons afin de permettre à tous les Burkinabè où qu’ils vivent d’avoir les mêmes chances de déposer les dossiers de candidature. Une inscription en ligne ou dans les ambassades et consulats peut être envisagée.

Sur le plan économique, la diaspora, dans son ensemble, contribue fortement au développement du pays par les capitaux envoyés. Certaines localités dans la région du Centre-Est ont été radicalement transformées à cause des investissements des frères de la diaspora italienne.

Au regard de l’importance de la diaspora, Roch Marc Christian Kaboré a décidé de la mise en œuvre de 2 mesures au cours de l’année 2018. N’a-t-il pas indiqué dans son discours que «Conformément à mon engagement d’impliquer la diaspora dans l’œuvre de construction nationale, j’annonce la tenue du premier forum de la diaspora dans le courant du premier semestre 2018. Ce cadre permettra d’échanger de façon approfondie avec nos compatriotes sur les défis à relever ensemble».

Il a également annoncé que «Dans le même sens, le Gouvernement rendra opérationnel le dispositif du vote des Burkinabè de l’étranger».

Bien avant ces annonces, le président du Faso ne manque pas l’occasion de rencontrer les Burkinabè de l’étranger lors de ses voyages.

La place de la diaspora dans le développement du Burkina est fortement affirmée dans le Plan national de Développement économique et social (PNDES). Ce jalon de développement compte en effet sur la diaspora pour la mobilisation des recettes.

A. T.

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