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Que deviennent Galaxie et L’ange?

Au début des années 80, c’était des lieux de distraction à Ouaga. Galaxie et L’ange étaient distants de quelques mètres et sont situés derrière le barrage, à Tanghin. En face, il y avait la Tapoa (la boîte de l’hôtel Silmandé) et du côté opposé, en allant vers Tampouy, le Ricardo pour les ‘’tontons’’ et leurs bouilles. Mais il faut savoir qu’à l’origine Galaxie était une boîte pour les adultes.

L’entrée de la boîte de nuit Galaxie de nos jours

A l’époque dont nous parlons, on rencontrait dans ces night-clubs les ‘’fils à papa’’ élèves, les étudiants, les jeunes fonctionnaires et les jeunes commerçants. Il fallait être automobiliste ou motorisé pour s’y rendre, vue la distance qu’il fallait parcourir. Au contraire des boîtes du centre-ville (le Privé, L’an 2000, le Maxim’s, le Flamboyant, l’Harmattan, le Relais Service…) où on y allait selon ses moyens du bord: à pied, en taxi ou en navettes multiples (une seule moto pour plusieurs ‘’rythmeurs’’).

Le propoteur de Galaxie était le truculent Michel Poda qui s’est révélé au grand public à travers ses interventions lors des assises du Tribunal populaire de la Révolution qui a jugé le Colonel Saye Zerbo et ses camarades. Il paraît que les fameuses R5 de Sankara étaient une propriété de ‘’l’expert-comptable’’ Poda qui a été confisquée. Par la suite, Galaxie est devenue One Night. Bref!

Quant à L’ange, elle appartient à la famille Vicens.

Ces lieux sont aujourd’hui délaissés, en état de décrépitude avancé. Ça d’ailleurs été le cas des boîtes de nuit qui ont dû céder la place aux dancings populaires sous la Révolution. Car, à l’époque du CNR (Conseil national de la Révolution), une discothèque, c’était pour les petits bourgeois. Alors qu’il fallait des lieux de réjouissances populaires pour le peuple. Le prix d’entrée dans un dancing était de 300 F alors qu’il fallait des milliers de francs pour la boîte. Idem pour les boissons dont les prix ont été cassés. Les boîtes de nuit qui ne pouvaient donc pas tenir ont été contraintes de fermer.

Sa  »voisine » L’ange ne présente pas une meilleure mine

Ainsi naquirent beaucoup de bars-dancings. Le Faso, le New Faso, Harlem, le Palladium, le CNR (Canari), le Réjouissance, Welcome, le Campus, les paillotes des Cités An 2 et An 3, etc. De nos jours, même le conseil municipal de Ouagadougou ne saurait dire combien de troquets il y a dans la ville.

Les nombreux couvre-feux sont aussi passés par là! Un couvre-feu de 18 h à 6 h ne laisse pas de place à une virée en boîte. Mais comme les jeunes scolaires étaient aussi ingénieux, ils ont créé les matinées dansantes pour contourner les deux mesures. On a appris alors à danser à partir de 15 h jusqu’à ‘’l’heure du couvre-feu moins…’’

A cette belle époque, les jeunes étaient bien éduqués, respectueux des aînés et des vertus et rarement alcoolisés. Des fils de dignitaires tenaient la main d’enfants de culs-terreux. C’était l’amitié vraie entre eux.

Cette éducation a été forgée dans les établissements d’enseignement où les enfants des autorités de l’époque et des expatriés côtoyaient ‘’les villageois’’ et liaient camaraderie et amitié avec eux. Rarement, les parents, même nantis, envoyaient leurs enfants à l’extérieur. Le phénomène est une mode de la IVè république. Le Mooro Naaba Baongho, prince héritier à l’époque, a passé une partie de sa scolarité au grand et noble Lycée Zinda et a même gardé les buts de son équipe sénior et il était à l’internat.

A l’internat, beaucoup de ‘’dinards’’ débarquaient fraîchement de leurs patelins et découvraient pour la première fois le goudron, les lampadaires, le lit, les draps, la douche, la table à manger et son couvert et l’eau fraîche au réfectoire. Sans oublier le couscous arabe, les nouilles, le fromage, le ragoût, les ignames à robe des champs, etc. Ils avaient déjà découvert le fameux ‘’yellow’’ du Cathwell au primaire. Tous les moutons se baladaient ensemble et avaient le même prix.

Tout ça n’est plus qu’un vieux souvenir!

Il y a certainement des oublis et des contrevérités dans ce récit mais chacun pourra prendre plaisir à réécrire cette histoire. C’est sûr que ça va alimenter des cercles de causeries et c’est ça l’objectif de l’exercice.

Hidogo

4 commentaires

  1. Merci bien pour cet rafraîchissement. Je frissonnais en lisant et me évadé le temps de la lecture. C’était le bon vieux temps. Que est-ce qu’on ne donnerai pas pour un petit moment dans le passé. Il faut évoluer c’est vrai, mais je préfère cette période à celle actuelle.

  2. Belle époque n’est ce pas

  3. On ne refait pas le monde….

  4. Ô temps suspends ton vol,le BVT(bon vieux temps),aller danser à Galaxie était un projet pratiquement,et on y tirait un plaisir incommensurable ,le deplacement sur le motos 154 R,154 LVS..avec la ‘Daille’ derrière,j’arrête sinon je vais verser des larmesparce que ce bon moment ne va plus revenir

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