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Drame de Yirgou: zéro arrestation, après 100 jours

Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC)  a tenu dans la matinée du jeudi 11 avril 2019, à  Ouagadougou, une conférence de presse sur les événements survenus à Yirgou.

le présidium lors du point de presse

1er janvier-11 avril 2019, cela fait déjà 100 jours que se sont déroulés les événements de Yirgou et ses environs. C’est le constat fait aux hommes de médias par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), au cours d’une conférence de presse animée ce jeudi 11 avril 2019, à Ouagadougou. Selon le président du collectif, le Dr Daouda Diallo, les Koglwéogo ont mené une expédition punitive contre la communauté peul de 20 villages, assassinant 210 personnes, tous des hommes, majeurs pour la plupart, pendant trois jours sans une intervention de l’Etat.

Et pour le Dr Diallo et ses camarades, la justice se fait encore attendre, trois mois après cette horreur. «Le collectif constate avec amertume que jusqu’à ce jour, aucun suspect n’a été arrêté, alors que certains sont connus et continuent de se déplacer librement avec des armes apparentes sous le regard complice ou impuissant de nos FDS et n’hésitent même pas à menacer les déplacés. Ces milices enlèvent, torturent et tuent certains déplacés quand l’envie leur vient», a-t-il déploré.

le président du collectif, le Dr Daouda Diallo

Le président du collectif et ses compagnons ont néanmoins salué la promptitude de la prise en charge des déplacés. Depuis l’avènement du drame de Yirgou, l’Etat, à travers ses structures ministérielles et ses partenaires techniques, a déployé de grands moyens humanitaires pour assister les victimes de Yirgou et Gassenlikki, notamment à Barsalogo et Foubé, une promptitude que salue le CISC.

Qu’à cela ne tienne, a-t-il poursuivi, ils tiennent à informer  l’opinion que malgré leurs interpellations des autorités, plus de 5 milles victimes et déplacés sont dans une détresse humanitaire et sécuritaire à Kelbo, particulièrement à Belegagnanguel où 2 100 victimes directes de Yirgou sont entassées sans assistance, et le gouvernement est interpelé pour la prise en charge de ces déplacés.

une vue des membres du collectif à la conférence de presse

Du reste, l’avocat du CISC, Me Ambroise Farama, a laissé entendre que si juridiquement rien n’est fait pour ce massacre, leur mouvement envisagera dans les jours à venir des démarches plus fortes pour se faire mieux entendre. «Quand nous avions approché le procureur du Faso, il est ressorti que les enquêtes ont permis d’identifier 130 personnes ayant participé à ce massacre, mais pourquoi jusqu’à nos jours elles ne sont toujours pas arrêtées, ni désarmées? C’est d’ailleurs une action qui leur donne l’occasion soit de fuir ou de mettre en péril la vie de leurs dénonciateurs», a expliqué Me Farama.

Pour conclure, les conférenciers ont souhaité qu’un débat national soit mené sur les questions du terrorisme et des milices d’autodéfense Koglwéogo, en vu de permettre aux leadeurs religieux et coutumiers de s’exprimer et interpeler les citoyens burkinabè sur les violences communautaires. «Que justice soit faite pour le double crime de Yirgou et d’Arbinda», a martelé Daouda Diallo.

Omar Idogo

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