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Économie: le label «coton burkinabè» est en train de reconquérir sa place internationale avec le retour du 100% coton conventionnel

L’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) a convié les hommes de médias à un point de presse le samedi 22 avril 2017. Objectif, dresser le bilan de la campagne 2016-2017 et annoncer les perspectives de la nouvelle campagne cotonnière 2017-2018.

Le présidium de la rencontre avec la presse
Le présidium de la rencontre avec la presse

«Après une première campagne cotonnière de culture à 100% coton conventionnel, les performances enregistrées au niveau des exploitations cotonnières sont appréciables et encourageantes», a déclaré le secrétaire général de l’AICB, Georges Yaméogo. Selon ses explications, la décision d’abandonner la culture du coton génétiquement modifié (CGM) se justifie par la mévente de la fibre issue de ce coton qui était plus courte que celle du coton conventionnel et donc non appréciée par les acheteurs.

Le directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo
Le directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo

Cette dégradation de la qualité de la fibre du CGM a eu pour corollaires la perte du label «coton burkinabè» ainsi que la mauvaise valorisation liée à la longueur de la fibre ayant induit un manque à gagner de l’ordre de 50 milliards de francs CFA.

Pour une question de survie de la filière, a noté le directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo, «nous avons pris cette décision de repartir au 100% conventionnel pour pouvoir reconquérir le label coton burkinabè sur le marché international».

Cette décision de suspendre provisoirement la culture du CGM, a assuré Georges Yaméogo, le secrétaire général de l’AICB, n’a en rien démotivé les cotonculteurs. Au contraire, affirme-t-il, «nous avons enregistré une récolte nationale de 683 000 tonnes de coton graine contre 586 000 tonnes de la campagne précédente, soit une augmentation de 16%».

En plus de cela, l’AICB a noté l’élimination presque totale des fibres courtes. «Leur proportion a chuté à 0,5% au titre de la campagne 2016-2017 contre 53,64% enregistrée à la fin de la campagne 2015-2016», s’est réjoui Georges Yaméogo. Toute chose qui fait dire au directeur général de la SOFITEX que le label coton burkinabè est en train de reconquérir sa place au niveau international.

Mais ces performances n’auraient pas été possibles sans le concourt de l’ensemble des acteurs de la filière qui, malgré la pénibilité du travail, ont fait valoir leur professionnalisme avec l’appui du dispositif d’appui-conseil des sociétés cotonnières et les mesures de soutien du gouvernement burkinabè. Tout en saluant les producteurs pour le travail abattu, le secrétaire général les a exhortés à poursuivre sur cette lancée pour que la campagne qui s’annonce soit un tremplin.

Le nouveau président de l’UNPCB, Bambou Bihoun
Le nouveau président de l’UNPCB, Bambou Bihoun. Il est désormais le président du Conseil d’administration de l’AICB

Par ailleurs, à propos du litige qui oppose la firme américaine Monsanto à l’AICB, il a trouvé un dénouement final. «Ce n’est pas un dénouement heureux, mais pour éviter d’aller à des procès, nous avons accepté de rétrocéder 25% de ce que nous avions séquestré comme royalties déconcentrée sur les deux campagnes», a éclairé le directeur général de la Société cotonnière du Gourma (Socoma), Ali Compaoré.

Le secrétaire général de l’AICB, Georges Yaméogo
Le secrétaire général de l’AICB, Georges Yaméogo

Campagne 2016-2017

Au cours d’une Assemblée générale, l’AICB a décidé, pour cette campagne 2017-2018, de fixer le prix d’achat de coton graine à 245 francs CFA pour le premier choix et 220 francs pour le deuxième, soit une augmentation de 10 F CFA par rapport aux prix d’achat de coton graine de la campagne précédente. «Nous avons également pris la décision de maintenir au même niveau le prix de cession des intrants, des semences, de même que le traitement insecticide», a indiqué Wilfried Yaméogo.

Cette initiative vise à galvaniser davantage les producteurs pour la prochaine campagne. Ainsi, pour l’année 2017-2018, l’AICB ambitionne de récolter 820 000 tonnes de coton graine au plan national. Au regard des résultats engrangés dans la campagne précédente avec le retour du coton conventionnel, cet objectif est réaliste et réalisable selon les conférenciers, si le Burkina bénéficie d’une pluviométrie suffisante, bien repartie dans le temps et dans l’espace et d’un parasitisme clément.

Il faut noter que le nouveau président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), Bambou Bihoun, est désormais le président stutaire du Conseil d’administration de l’AICB.

Madina Belemviré

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