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Education au Burkina: les «enseignants koglwéogo» demandent leur intégration

Ce mardi 27 novembre 2018 à la Bourse du travail de Ouagadougou, le bureau de la coordination des professeurs du Programme emplois-jeunes pour l’éducation nationale (PEJEN) était face à la presse. A travers une déclaration, le bureau a voulu prendre à témoin l’opinion publique sur le sort qui est réservé aux professeurs dudit programme et à travers eux, au système éducatif burkinabè. Pour les conférenciers, le risque est trop énorme de continuer à développer ce programme dans l’éducation. Pour ce faire, les professeurs revendiquent leur intégration dans un statut régulier conformément à la loi 081-2015/CNT portant statut de la Fonction publique. Les recrues du PEJEN disent avoir consenti des sacrifices durant les années scolaires passées et avouent vouloir faire carrière dans l’enseignement.

Le présidium lors de la conférence de presse

Pour diminuer le chômage des jeunes, l’Etat a procédé à la rentrée scolaire 2016-2017 à un recrutement de 4 200 professeurs et ce dans le cadre d’un programme intitulé «Programme emplois-jeunes pour l’éducation nationale (PEJEN). Les sobriquets n’ont pas manqué pour qualifier ces professeurs: «Enseignants koglwéogo, Enfants de Roch ou encore Enseignants de 100 000 F CFA». Après la première promotion, deux autres ont successivement suivi en 2017-2018 et en 2018-2019 avec respectivement des effectifs de 3150 et 2100.

Pour plusieurs raisons, l’Etat a opté de précariser la fonction enseignante qui déjà, est confrontée à des sérieuses difficultés plombant sa valorisation et son efficacité. Il faut noter que cette situation dure déjà depuis trois années scolaires.

Le secrétaire général adjoint de la coordination de PEJEN, Zoromé Assane

C’est justement pour interpeller le gouvernement à tenir ses promesses que le bureau de la PEJEN était face à la presse ce mardi 27 novembre 2018 à la Bourse du travail de Ouagadougou. Les conférenciers ont saisi l’opportunité pour dire au gouvernement qu’il est temps que cette situation dans laquelle ils vivent s’arrête. Ils réclament donc à l’Etat leur intégration sans délais dans dans la Fonction publique. Pour le secrétaire général adjoint de la coordination, Zoromé Assane, les sacrifices que les professeurs recrutés dans le cadre du PEJEN ont consentis sur le terrain suffisent à justifier leur intégration, sans aucune autre condition. Car las d’attendre, poursuit M. Zoromé, «nous, bénéficiaires de ce programme, avons décidé de prendre nos responsabilités et d’agir. C’est pourquoi, le 1er octobre dernier, nous nous sommes mobilisés pour une manifestation publique au ministère de l’Education afin que nos préoccupations soient entendues et qu’une solution diligente leur soit apportée par le gouvernement». Pour les mêmes raisons, a-t-il ajouté, le 6 novembre dernier, «nous nous sommes mobilisés au sein des directions régionales de l’enseignement post-primaire et secondaire afin d’interpeller une fois de plus les autorités».

A en croire leur déclaration, à l’issue de ces manifestations, promesse leurs avait été faite que leur situation sera portée à la connaissance de qui de droit en vue d’une recherche de solution. Mais, «jusqu’au jour d’aujourd’hui, déplore le SG adjoint de la coordination, nous n’avons rien vu se profiler à l’horizon».

Néanmoins, lui et ses camarades restent déterminés à lutter pour garantir leur carrière et améliorer leur rémunération.

Omar Idogo

 

Un commentaire

  1. S’ils ne veulent pas, ils n’ont qu’à céder leurs places à d’autres. Avant d’y aller ils savaient ce qui les attendait et surtout qu’ils ont été informés qu’ils ne pourront réintégrer la fonction publique qu’après trois années de service effectif.

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