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En savoir plus sur les droits successoraux: pour éviter des conflits au sein de la famille après la mort

L’Association pour la promotion des orphelins (AJPO) a organisé du 15 au 18 février 2017, un atelier de formation sur «les Droits successoraux» au profit de ses membres, des membres du groupe de plaidoyer des acteurs intervenant dans le domaine de la protection des veuves et des orphelins au Burkina Faso et des journalistes.

Julie Ouédraogo, magistrate et formatrice
Julie Ouédraogo, magistrate et formatrice principale

La succession est la manière de transmettre les biens d’une personne décédée à ses héritiers telle que prévue par la loi, tout en accomplissant les formalités exigées (mariage civil, enfants du défunt ou de la défunte). Mais force est de constater que les questions de succession et des droits à l’héritage sont des domaines très sensibles où la femme est le plus souvent marginalisée. Selon le président de l’AJPO, Babou Zio, dans certaines sociétés du Burkina Faso, les biens d’un défunt se partagent souvent entre ses neveux, ses frères, ses tantes, son père, ses oncles, laissant la femme et ses enfants à l’écart sous prétexte qu’elle est issue d’une autre famille qu’elle pourrait rejoindre un jour. Et quand la veuve revendique sa part dans le partage, elle est menacée, sinon répudiée. Pour mettre fin à ces pratiques illégales, a-t-il renseigné, la législation du Burkina Faso a pris des dispositions pour réglementer la succession qui sont contenues dans le Code des Personnes et de la Famille (CPF) à travers ses articles 705 et suivants. Malheureusement, a noté M. Zio certains obstacles persistent dans la promotion des droits successoraux, du fait de l’ignorance ou de la méconnaissance des lois adoptées à l’Assemblée nationale.

Mariama Siri
Mariama Siri, présidente de l’Association Mère Thérésa

C’est dans ce cadre dit-il, que l’Association pour la promotion des orphelins (AJPO) a initié cet atelier de formation sur «les Droits successoraux», en vue de renforcer les compétences des acteurs de la société civile du domaine de la protection de l’enfant et de la femme sur le code des personnes et de la famille précisément dans sa partie succession.

Pour la formatrice principale, Julie Rose Ouédraogo, magistrat et membre de l’Association des femmes juristes du Burkina Faso, les droits successoraux sont  un domaine qui touche la sensibilité des uns et des autres et créent de plus en plus de victimes.  Pour elle, parler de l’après mort est un sujet tabou dans les sociétés africaines. «Nous sommes dans un monde de plus en plus matériel et quand on meurt on n’est pas enterré avec ses biens. Donc il faut déjà dire ce que l’on veut en faire pour ne pas créer un conflit au sein de la famille après sa mort», a-t-elle recommandé.

D’où l’intérêt selon elle, de sensibiliser les gens pour qu’ils comprennent l’intérêt du mariage civil dans la protection des droits successoraux notamment du conjoint survivant. «Sans mariage civil, le conjoint où la conjointe survivant n’a aucun droit sur la succession, même si vous êtes ensemble pendant 30 ans, 40 ans», a-t-elle expliqué. Même si chaque partenaire a le droit le garder ses biens quand il n’y a pas de mariage, Mme Ouédraogo a noté qu’il est difficile de faire la part entre ce qui revient à l’homme et à la femme après une trentaine de vie commune.

Photo de famille du président de l'AJPO avec les participants
Photo de famille du président de l’AJPO avec les participants

Cette formation vient donc à point nommé pour la présidente de l’Association Mère Thérésa, Mariama Siri, car elle va permettre à son association de combler un vide.  «C’est notre domaine de rencontrer les veuves qui sont dans les difficultés tous les jours. Mais l’approche réelle nous manquait. Cette formation va nous permettre de changer d’approche, de sensibiliser les gens qui ne sont pas dans cette situation, de savoir comment préparer ceux qui vivent dans cette situation», a-t-elle souligné. Même son de cloche pour le président de l’Association pour l’œuvre et la prospérité (AOPS), Gaston Dimtoumda qui a jugé utile de prendre part à cette séance de formation, étant donné qu’elle prône la protection de l’enfant en général et aussi des orphelins. «Cette formation est la bienvenue parce que nous allons l’insérer dans notre programme d’activité de l’année et nous allons voir dans quel cadre nous allons sensibiliser les populations pour qu’elles puissent s’imprégner de ces informations», a-t-il conclu.

Madina Belemviré

Un commentaire

  1. je crois que le gouvernement Dabire pourra faire grand chose

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