Accueil » Edito » Enfin, la fermeté du gouvernement?

Enfin, la fermeté du gouvernement?

Au nom du dialogue social, le gouvernement de Paul Kaba Théba a jusque-là été presque fébrile face aux différents mouvements syndicaux. L’on se demandait si sa forte propension à signer les accords n’était pas une faiblesse. Car la négociation ne veut pas dire forcément accord.

Contrariés et irrités par les interminables grèves qui jouent sans aucun doute sur notre économie en difficulté, des Burkinabè, soucieux du décollage économique du pays, n’ont cessé de dénoncer le bras de fer presque quotidien entre les syndicats et le gouvernement. Une série bien agencée de grèves qui aboutissent toujours à des accords. Certes, faute d’accord, le gouvernement sait que les grèves vont se poursuivre. Mais doit-il continuer à faire des courbettes à des responsables de mouvements qui bafouent les règles démocratiques et qui exigent des prises de décisions au-delà de leur prérogative?

Le gouvernement doit imposer un rapport de force. sinon, à force de lâcher, il portera un coup terrible à l’autorité de l’Etat
Le gouvernement doit imposer un rapport de force. sinon, à force de lâcher, il portera un coup terrible à l’autorité de l’Etat

Depuis que le gouvernement a ouvert la boîte à pandore en cédant en 2016 à la grève des magistrats, s’en est suivie une multitude de grèves au nom des meilleures conditions de vie et de travail. Mais à l’analyse, 80% des revendications portent sur les augmentations de salaires. Certes, les grèves sont un droit constitutionnel. Mais la forme qu’elles ont prise au Faso inquiète les patriotes. Car comme le gouvernement lui-même l’a reconnu, elles ont des «conséquences négatives» sur les efforts de relance économique du pays après la mauvaise gestion de 27 ans de Blaise Compaoré et la gestion expéditive des ressources financières par la Transition.

Pour apaiser le climat social et éviter un bras de fer avec les syndicats au risque de paralyser le pays, le gouvernement a consenti «d’énormes efforts», signant sans cesse des accords de sortie de crise.

Mais certains syndicats ont mal compris le sens du dialogue social et exploitent malicieusement l’ouverture du gouvernement. En effet, «au motif d’une remise en cause par l’administration de la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 29 mai 2017», le Syndicat autonome des agents du trésor du Burkina (SATB) a appelé les travailleurs du département à un mouvement de débrayage général dans tous les services de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGPTCP). Pourtant, selon un communiqué du gouvernement, «cet appel au débrayage intervient dans un contexte de relecture des arrêtés portant conditions et modalités de répartition du Fonds Commun (FC) des agents de la DGTCP et de la Direction générale des impôts (DGI)». D’où la ferme condamnation des actions en vue par le gouvernement, qui réaffirme tout de même son entière disponibilité au dialogue social dans le respect des lois de la République.

Le lundi 29 mai 2017 à Ouagadougou, le gouvernement et le STAB signaient un protocole d’accord après plusieurs négociations. L'on avait fite fait d’applaudir la victoire du dialogue social sur les désaccords. Que nenni. Alors à quand le vrai dialogue social?
Le lundi 29 mai 2017 à Ouagadougou, le gouvernement et le STAB signaient un protocole d’accord après plusieurs négociations. L’on avait vite fait d’applaudir la victoire du dialogue social sur les désaccords. Que nenni. Alors à quand le vrai dialogue social?

Sa menace de «sanctionner toute absence non justifiée conformément aux dispositions réglementaires» tient aussi au «caractère illégal du mouvement de débrayage général initié par le SATB car n’ayant fait l’objet d’aucune autorisation préalable comme l’exigent les textes en la matière».

Qui plus est, l’on apprend du communiqué du gouvernement que le SATB et le SNAID exigent dans une lettre conjointe adressée au chef du gouvernement «le départ de certains responsables administratifs». Toute chose qui donne à ce mouvement un caractère suspect, sinon politique.

Si après les accords convenus par toutes les parties les syndicats ne sont pas disposés – pour des raisons financières – à attendre la relecture des arrêtés portant conditions et modalités de répartition du Fonds Commun (FC) des agents de la DGTCP et de la Direction générale des impôts (DGI), le gouvernement ne doit pas laisser s’installer le désordre.

Il est temps que le gouvernement agisse avec une détermination totale. Il ne doit plus hésiter car il doit imposer un rapport de force. Sinon, s’il continue de lâcher, il portera un coup terrible à l’autorité de l’Etat. Une autorité sans laquelle il n’y aura plus l’Etat protecteur des citoyens et garant de l’espoir de tout un peuple. Donc l’anarchie.

Les Echos du Faso

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *