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«Les enjeux du Sahel sont des enjeux de l’Europe», dixit l’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner, envoyé spécial Sahel

L’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner, envoyé spécial «Sahel», suite à sa seconde journée de travail au Burkina, a eu une rencontre avec la presse le vendredi 16 novembre 2018. Cette rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur de France auprès du Burkina, son excellence Xavier Lapeyre de Cabanes, à Ouagadougou, dans la maison des jeunes talents du Burkina Faso «La Ruche». L’envoyé spécial Sahel est venu décliner l’objet de sa mission au Burkina et discuter de questions d’actualité entrant dans ses prérogatives. C’est ainsi qu’il a pu expliquer au cours de la conférence de presse la nécessité pour l’Europe de renforcer ses liens avec le Sahel, tout en donnant son point de vue sur la force du G5 Sahel.

L’envoyé spécial Sahel M. Jean-Marc Châtaignier (à droite) et l’ambassadeur de France au Burkina, Xavier Lapeyre de Cabanes (à gauche)

Au Burkina Faso pour une visite de travail, l’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner, envoyé spécial «Sahel» a effectué une série de visites afin de discuter avec les autorités burkinabé de la gestion de la future présidence du G5 Sahel qui va bientôt revenir au Burkina Faso. Il s’est agi essentiellement de voir «comment établir des pistes de coopérations, de collaborations, de renforcement des partenariats dans la perspective de cette présidence que le Burkina prendra au mois de février prochain», a-t-il expliqué.

Pour éviter tout amalgame, M. Jean-Marc Châtaigner a tenu à préciser sa mission et ce qu’elle n’est pas. «Je ne suis pas un ambassadeur chargé de relation bilatérale de pays à pays», a-t-il expliqué d’emblée. L’objet de sa mission précise-il, est en quelque sorte: «comment travailler avec le Sahel, comment mobiliser les ressources pour le développement du Sahel à travers les institutions régionales qu’il coordonne?». Cette mission consiste également à faire du lobbying pour le Sahel et d’identifier les différentes actions politiques, militaires et de développement à mener. C’est en somme mettre en cohérence les différentes politiques publiques en marche dans la région (Accord de paix Force Barkhane, soutien au G5 Sahel). En plus de tout cela, il y a l’aspect développement de la région qui lui est aussi dévolu. Justement par rapport à cette question, l’envoyé spécial a rappelé la création sous initiative du président français, Emmanuel Macron et de la Chancelière Allemande, Angela Merkel, le 13 juillet dernier, de l’alliance pour le Sahel. Cette alliance qui était avec 6 bailleurs de fonds au départ dont la France, l’Allemagne, la Banque mondiale, le PNUD, la Banque Africaine de Développement et l’Union Européenne, en a maintenant 12 avec d’autres qui frappent à la porte. «L’alliance Sahel a été créée dans le but mieux travailler avec le Sahel et de mobiliser les ressources pour être beaucoup plus efficace», a-il-confié.

Les journalistes présents à la conférence de presse

Mais «d’où vient cet intérêt pour le Sahel? Quel intérêt la France et toutes ces organisations ont pour le Sahel?», se sont posé les journalistes. A ces questions, l’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner a évoqué un partenariat gagnant-gagnant. «L’enjeu du Sahel est multiple. D’abord le Sahel est une zone voisine de l’Europe, donc il y a un enjeu d’intégration commune, des relations proches», a-t-il dit avant ajouter qu’avec l’Europe surtout l’Europe de l’Ouest, «nous avons de relations à gérer sur le plan diplomatique et commercial. Le Sahel est un débouché pour l’Europe qui est également un débouché pour le Sahel». Il y a aussi l’enjeu de l’immigration et de la menace terroriste qui peuvent entrainer l’Afrique et l’Europe dans une spirale d’insécurité qu’il n’a pas manqué de mentionner. Donc, il y a des enjeux de stabilité et de partenariat gagnant-gagnant à gérer, selon lui.

Justement, c’est dans ce cadre qu’a été pensé la création de la force conjointe du G5 Sahel qui a pour vocation le développement de la zone, mais aussi de prendre le relais de la force Barkhane dans la zone. Il a répondu aux interrogations récurrentes relatives à l’opérationnalisation de ladite force en disant «qu’il faut du temps pour bien faire». Selon lui en effet, c’est dans la patience que cette force sera très efficace contre le terrorisme.

Pour finir, l’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner s’est voulu l’avocat du Sahel auprès de la France en expliquant et en défendant les enjeux de développement de cette région.  D’autre part, il s’est fait l’avocat de la France auprès du Sahel en ce sens qu’il a défendu et expliqué l’intérêt d’un partenariat gagnant-gagnant entre la France et le Sahel.

Hamadou Ouédraogo

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