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Entre tradition et modernité: l’information est sûre, sérieuse, inattaquable et constructive

De quand date cette pratique et qu’était-elle à ses origines? Si elle a subi des transformations, que sont-elles devenues aujourd’hui? Où en est la science où, par exemple, le journalisme, de ses fondements essentiels aux nombreuses et parfois déformantes évolutions de nos jours? C’est dans la pratique que le professionnel est autorisé à dire son mot. Laissons le reste aux intellectuels thésards.

Radio Kankan symbolisant la rumeur (ph d'illustration)
 Image d’illustration

Le lien entre les traditions parfois éculées et la modernité est une affaire de conscience studieuse. Le train de vie et de travail est si rapide que le temps manque de prendre en compte «des normes» qui n’ont pas un lien direct avec le rendement quotidien. Ceci explique peut-être certaines dérives involontaires et les plaintes incessantes à l’égard de la presse en général et d’une certaine presse en particulier.
On se fait traiter à grande vitesse de ceci et de cela, en s’y penchant régulièrement, alors qu’on ne nous demande que le rendement: écrire pour écrire, remplir la page. Comme Aristote qui disait Connaître pour connaître. Ce qui est tout à fait normal, mais tentons d’allier les deux pour une meilleure et progressive consistance. C’est à ce prix du sérieux que nous admirons ce qui se fait ailleurs: la presse occidentale dont beaucoup de nos titres s’inspirent tant bien que mal.
Nous n’avons pas le droit de détruire au nom d’un modernisme superficiel ce qui s’est transmis de bien à travers les temps et qui fondent ce métier. Mais la presse d’aujourd’hui est remplie d’informations transmises avec certitudes qui sont cependant tout simplement des mensonges, des faussetés sinon des rumeurs.
«François Compaoré est parti avec l’argent des jeunes que les Issouf avaient destiné à la jeunesse. Et c’est bien plus que ce que Wade Fils a volé aux Sénégalais.»
«François Compaoré est parti avec l’argent des jeunes que les Issouf avaient destiné à la jeunesse. Et c’est bien plus que ce que Wade Fils a volé aux Sénégalais.» Nous avons là le début d’un bon sujet d’enquête, n’est-ce pas? Les chiffres sont d’une précision au millimètre près et les détails sont si croustillants jusqu’à l’usage fait de cet argent que je résiste difficilement à me mettre rapidement à mon clavier. Hélas, on ne peut pas publier une telle info sans un minimum de vérification, même s’il y a de forte chance que ce soit totalement ou partiellement vrai. Mes investigations préliminaires ne m’ont pas convaincu de la véracité des faits, je ne peux donc pas porter des jugements hâtifs ou «porter condamnation totale». Que vaut un article qui ne porte pas condamnation totale des faits en situant les responsabilités? Pas grand-chose.
Il n’est plus au pouvoir, cela ne m’autorise pas à écrire des mensonges sur lui. Ce n’est pas du tout pour le dédouaner. Cet homme est certainement coupable de bien d’autres faits plus graves; autant écrire dessus. On y reviendra si c’est vrai. Ce n’est qu’un exemple.
La presse africaine, burkinabè, pèche par mesquinerie et par manque de rigueur, ce qui s’explique par sa pauvreté légendaire. «Entre la pluie et le beau temps les plumes se barricadent derrière leurs unes» parce que la bonne info a un coût, et les organes de presses n’ont pas assez d’argent, donc pas assez d’effectifs, donc pas assez de temps à consacrer à un sujet. On est réduit à la superficialité quand on n’est pas un quotidien. Les quotidiens qui souffrent d’ailleurs régulièrement de la pauvreté de l’actualité nationale. Plus loin dans l’info, en plus de l’évènementiel, il faut bien y parvenir un jour.
En attendant, vérifions bien avant de publier, relisons-nous un peu plus, même si cela peut demander plus de temps. La crédibilité des papiers et la confiance du lecteur et des auditeurs en vaut le prix.
Thomas NIGER

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