Esclandre à la mairie de Ouagadougou: une scène blâmable - Les échos du Faso
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Esclandre à la mairie de Ouagadougou: une scène blâmable

Des documents qui volent dans tous les sens, des conseillers sifflet à la bouche comme dans un jeu d’enfants… (ph lepays.bf)

Le 18 janvier dernier, les conseillers municipaux de l’opposition, notamment ceux de l’UPC et du CDP, nous ont donné à voir un spectacle à la fois affligeant, choquant et indigne de représentants de communes et d’arrondissements qu’ils sont. Je ne veux ici juger des motifs de leur acte mais de l’acte lui-même; ils ont usé d’une sorte de violence pour empêcher la tenue d’une session extraordinaire d’un conseil municipal: des sifflets et des cris perturbateurs, des documents détruits et jetés par-ci et par-là jonchant la salle. Ces conseillers auraient voulu prendre l’opinion à témoin pour la gagner à sa cause, qu’ils ont complètement raté le coche. Ils se sont servi un effet inverse parce que les Burkinabè sont «rassasiés» des spectacles infructueux, de la violence inféconde, de l’incivisme stérile et des esclandres pitoyables. Car c’est à une destruction à petite échelle de biens publics que l’on a assistée. Donc à de la violence et à de l’incivisme à petite échelle.

Personne ne peut dénier aux conseillers de l’opposition le droit de quitter une salle de session ni de contester une quelconque décision du conseil municipal; mais le faire dans la forme et les conditions qu’ils ont montrées est à leur honte et à leur déshonneur. Si l’on peut comprendre que le CDP le fasse par dépit et désappointement teintés de vengeance et d’amertume, l’on ne peut par contre le comprendre de la part d’une UPC qui aspire à gérer ce pays; ce n’est pas cela que l’on attend d’un parti qui doit incarner des valeurs et des vertus de gouvernance.

Les conseillers de l’UPC l’ont desservie en montrant d’elle une image de désordre et de délinquance. Un parti digne de ce nom doit préparer le lit de son élection future à travers la force de la raison et non la raison de la force. Quel exemple ces conseillers donnent-ils au moment où l’on dénonce et décrie l’incivisme et la violence qui caractérisent les jeunes et les élèves? Ces conseillers sont désormais disqualifiés pour moraliser les fauteurs de trouble de leur arrondissement ou commune, tout autant qu’ils le sont pour «prêcher» la paix et la tolérance à leurs concitoyens. Ces conseillers ne devraient pas s’étonner si demain des jeunes s’appuient sur leur exemple pour mettre à feu et à sang leur arrondissement et commune. La scène que l’on a vue de leur part est tout simplement condamnable et blâmable à tous points de vue.

Le fond de la question soulevée par les conseillers de l’opposition n’est pas dénué d’intérêt mais ils ont laissé la forme et la superficialité l’emporter. Or en communication (et en politique), la forme et le fond sont presqu’aussi importants l’un que l’autre. C’est pourquoi prochainement avant d’agir, ils devraient étudier à fond la forme.

Issaka Luc Kourouma

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