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Escroquerie: un «faux douanier» et son acolyte dans les filets de la gendarmerie

La Brigade de recherches de la gendarmerie de Ouagadougou a démantelé un réseau d’escrocs qui se faisait passer pour des douaniers en vue d’escroquer leurs victimes qui sont des commerçants. Ils ont été présentés à la presse le jeudi 1er décembre 2016 à Ouagadougou.

Les conférenciers ont indiqué que c'est suite à une plainte d'une victime qu'une enquête a été ouverte permettant de mettre la main sur les arnaqueurs
Les conférenciers ont indiqué que c’est suite à une plainte d’une victime qu’une enquête a été ouverte permettant de mettre la main sur les arnaqueurs

Issa Ouédraogo et Mahamoudou Ouédraogo sont deux commerçants qui évoluent dans le domaine de l’escroquerie. Issa Ouédraogo, le cerveau du groupe, se rendait dans les différentes villes pour repérer ses victimes avec qui il sympathisait. Pour bénéficier de leur confiance, il se faisait passer pour un douanier et leur promettait de les aider dans leur commerce. Une fois de retour à Ouagadougou, sieur Issa recontactait au téléphone ses victimes et se présentait tantôt comme «chef Traoré, Somé, Sankara de la douane».

Il propose de leur livrer une marchandise que leur poste a saisie et qui est sur le point d’être vendue à vil prix. Ensuite il donne le type de marchandise et son lieu de travail en fonction du commerce de la victime et de sa localité.

Le commandant de la brigade de recherches de la gendarmerie de Ouagadougou, l’adjudant-chef major, Abdoulaye Sawadogo
Le commandant de la brigade de recherches de la gendarmerie de Ouagadougou, l’adjudant-chef major, Abdoulaye Sawadogo

Une fois que la victime tombe dans le piège, le «faux douanier» se propose de le mettre en contact avec un chauffeur qui n’est personne d’autre que Mahamoudou Ouédraogo son acolyte. Ce dernier conclue avec la victime sur un montant variant entre 700 000 et un million deux cent mille francs, en fonction de la distance et réclame une avance de deux cent mille francs pour le carburant que la victime lui envoie par Airtel money. S’il réussit cette première tentative, il poursuit son forfait en faisant croire à la victime que le camion qui est en route avec le chargement est tombé en panne et détermine le montant des frais de dépannage qui varient entre deux cent mille à quatre cent mille qu’il réclame. Non satisfait de ces sommes soutirées, les deux complices vont pousser loin leur forfait en faisant croire à leur victime que le dernier poste de contrôle de la brigade mobile réclame quatre cent mille à huit cent mille francs. Lorsque la victime refuse de s’exécuter, le «faux douanier» rentre de nouveau en jeu pour la rassurer que toutes les dépenses seront déduites du prix d’achat de la marchandise. Une fois ce dernier montant reçu, les arnaqueurs rompent tout contact avec leur victime.

Les deux arnaqueurs ont été présentés à la presse, le troisième étant en fuite
Les deux arnaqueurs ont été présentés à la presse, le troisième étant en fuite

Selon le commandant de la Brigade de recherches de la gendarmerie de Ouagadougou, l’adjudant-chef major Abdoulaye Sawadogo, cette pratique malsaine a permis à ces deux individus d’arnaquer plus d’une trentaine de personnes dont celles déclarées pour l’instant sont au nombre de deux à Dissin, un à Kampti, un à Koudougou, un à Yalgo et plusieurs autres à Bobo-Dioulasso.

A en croire le commandant de brigade, ces individus ont pu être interpellés suite à la plainte d’une victime répondant au nom de Akakpo Cokou Innocent, commerçant à Yalgo. Une enquête circonstanciée ouverte par la brigade a permis d’interpeller les deux faussaires le 21 novembre. «Un des leurs est actuellement en fuite et recherché par la brigade», a souligné l’adjudant-chef-major Sawadogo.

Témoignage de Akakpo Cokou Innocent

Le 7 novembre dernier, un certain Somé se faisant passer pour un douanier que j’ai déjà vu dans ma boutique m’a contacté pour m’informer que 32 tonnes de sucre ont été saisies au niveau de la douane de Bittou et qu’il souhaiterait me les revendre. Selon son calcul, le montant s’élèverait à 4 800 000 francs CFA. Il m’a envoyé un numéro d’immatriculation avec le nom du chauffeur qui doit me ramener la marchandise. Après l’avoir contacté, ce dernier m’a fait savoir que le prix de transport s’élèverait à 500 000 F CFA. Le lendemain, je lui ai donné 200 000 comme avance. Arrivé à Koupèla, le chauffeur m’appelle pour me dire que les deux pneus du camion ont crevé et j’ai payé 190 000 F CFA. Vers 23h, je l’appelle pour savoir à quel niveau ils sont et il me dit qu’ils ont été arrêtés par la douane de Zorgho. J’ai appelé le nommé Somé qui m’a demandé de voir avec le chauffeur le lendemain pour qu’il négocie avec les douaniers. Après négociation, le chauffeur me fait savoir que les douaniers réclament deux millions. J’ai rappelé Somé qui me dit de négocier avec eux pour qu’ils laissent à 800 000 F CFA. Voilà comment je me suis fait avoir. Je remercie la gendarmerie pour le travail abattu et je leur demande de punir ces arnaqueurs à la hauteur de leur forfait et de m’aider à récupérer mon argent que j’ai perdu.

Madina Belemviré

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