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Evacuation sanitaire du général Bassolé: faut-il en rire ou en pleurer?

On ne trouve l’utilité des fesses que lorsque vient l’envie de s’asseoir. Sagesse populaire. C’est ce qui arrive au général Djibrill Bassolé aujourd’hui. Il souffrirait d’un mal qu’aucun plateau médical public et privé du Faso ne peut gérer. A croire que bon Dieu a créé cette pathologie pour lui seul. Faut-il en rire ou en pleurer?

Le général de gendarmerie Djibrill Bassolé

La question divise. Mais il faut aller au-delà de son cas pour voir en ce moment de grève des soignants tous ces Burkinabè qui meurent d’un simple palu. Ces patients qui se savent déjà condamnés à mort, pas parce qu’ils ont été jugés et condamnés, mais parce qu’ils n’ont pas les moyens de se prendre en charge dans des centres de santé sur place, a fortiori ailleurs.

On ne le dira jamais assez, si, du temps où il était aux affaires des décennies durant, Djibrill et ses collègues avaient écouté les complaintes des pauvres populations, ils auraient pu bâtir au Faso ne serait-ce qu’un seul hôpital digne de soigner les maux dont le sien. Mais il était possible et loisible pour eux et leurs familles d’aller se soigner au-delà des eaux aux frais de la princesse. Aujourd’hui que ça le concerne, l’affaire devient presqu’une affaire d’Etat avec une petite dose diplomatique au-dessus.

Cette affaire vient presqu’occulter celle de nombreux malades qui agonisent dans les centres de santé du pays, parce que tout simplement les toubibs ont décidé de les sacrifier sur l’autel de leurs intérêts, de les abandonner pour beurrer leurs épinards.

Il est de l’environnement carcéral  comme de celui de la santé: des conditions déplorables. Lorsqu’il a fallu envoyer de grands commis de l’Etat au gnouf, on s’est rendu compte que les conditions de détention n’étaient pas bonnes. On a donc permis à ceux-là d’avoir une couchette et un ventilo. Les familles font la corvée quotidienne pour leur apporter à manger. Vous parlez des citoyens burkinabè égaux!

Pendant que dans la même enceinte de la Maison d’arrêt et de correction (une litote pour nommer la prison), la plupart des détenus vivent dans la crasse et la promiscuité totale.

On ne demande pas des hôtels à la place des prisons mais un environnement pour accueillir dignement les pensionnaires.

Nous sommes tous de potentiels malades et de potentiels prisonniers. Agissons donc en pensant à nous-mêmes.

Les Echos du Faso

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