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Extradition de François Compaoré: le MBDHP prévient qu’il va tout mettre en œuvre pour qu’elle soit effective

Le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MPDHP) a averti jeudi lors d’une conférence de presse, qu’il va tout mettre en œuvre pour que François Compaoré puisse être extradé au Burkina et répondre des faits qui lui sont reprochés dans l’affaire Norbert Zongo.

Le présidium lors de la conférence de presse

«Nous allons entreprendre des actions avec d’autres structures et interpeller non seulement nos autorités mais également celles françaises pour que l’extradition de François Compaoré qui a été demandée par nos autorités judiciaires puisse être effective», a déclaré le président du MBDHP, Crysogone Zougmoré, qui a rappelé que cela fait 20 ans que sa structure se bat pour que la vérité et la justice soient dites dans le dossier Norbert Zongo.

Le président du MBDHP, Crysogone Zougmoré

François Compaoré, principal suspect dans l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, a été interpellé par la police française suite à un mandat d’arrêt émis par la justice burkinabè, puis relâché le lendemain.

Pour le représentant du collectif des avocats des victimes de l’insurrection populaire, Me Prosper Farama, plusieurs arguments ont été avancés par les avocats de ce dernier pour prouver qu’il n’y a légalement aucune chance pour qu’il soit extradé au Burkina.

Selon eux, dit-il, François Compaoré a la nationalité ivoirienne et même s’il devrait être extradé, ce serait en Côte d’Ivoire. Toute chose qui est faux selon Me Farama qui a soutenu qu’à ce jour, François Compaoré n’a pas encore renoncé à la nationalité burkinabè. En droit, renseigne Me Farama, un pays ne peut pas décider de retirer une autre nationalité à un citoyen, c’est du jamais vu.

L’autre question qui se pose, poursuit-il, c’est celle de la peine de mort. Les avocats soutiennent que la France n’extrade pas dans les pays où est appliquée la peine de mort, comme le Burkina. Pour Me Farama, cette disposition n’est pas contenue dans les textes français, mais a été établie par la jurisprudence. Mais dans toute chose, il y a des exceptions. Au Burkina Faso cela fait environ 30 ans qu’aucune peine de mort n’a été exécutée. «Si les autorités du Burkina donnent des assurances conformément à cette jurisprudence que la peine ne sera pas appliquée sur François, on ne peut pas nous opposer cet argument», a-t-il noté.

Me Prosper Farama

A l’entendre, la question de l’extradition n’est pas purement juridique. «Quand on demande une extradition, on fait du lobbying, on exerce des pressions. Il faut que les autorités montrent à la France que cette question tient à cœur les Burkinabè et qu’on tiendra les Français pour responsable si François n’est pas extradé pour être jugé», a-t-il dit.

Le président français arrive bientôt, et il serait bien inspiré à en croire M. Zougmoré, de faire en sorte que cette extradition puisse être effective pour rendre son séjour au Burkina agréable. «Ce ne sont pas des menaces, mais c’est plus que de l’optimiste, nous exigeons l’extradition de François, qu’il vienne répondre simplement. S’il n’a rien à se reprocher, la justice en tirera les conséquences, mais dans le cas contraire, la justice avisera», a-t-il déclaré.

Dans cette même dynamique, sur les dossiers de l’insurrection populaire et du putsch, les conférenciers ont noté des avancées. «Mais ce n’est pas suffisant», a tangué Me Farama qui a indiqué que 22 mois après les évènements malheureux, des gens ont toujours des balles dans le corps. «Si rien n’est fait dans les jours à venir, nous allons élever la voix», a-t-il prévenu.

Madina Belemviré

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