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Famine, terrorisme, référendum et vote de la diaspora, quelles sont les priorités de l’heure?

C’est peu de dire que Roch Marc Christian Kaboré est un président ‘’diesel’’. Il traine les pieds à se prononcer là où ses concitoyens s’attendent à une prise de position le plus rapidement possible. C’est le cas de l’organisation du référendum et la mise en route du dispositif pour le vote de la diaspora pendant cette période de famille et de menace terroriste.

Le président du Faso, lors de son message à la Nation le 31 décembre 2017

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2015, le candidat Roch Marc Christian Kaboré avait promis dans son programme de campagne intitulé «Bâtir avec le Peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice», d’organiser un referendum en vue du passage à la 5ème république. Une promesse électorale qu’il a réaffirmée dans son discours d’investiture prononcé le 29 décembre 2015: «Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises, la IVe République a vécu. Dès lors, mon engagement de passer à la discussion et l’adoption de la Constitution de la Ve République pour mieux réformer les institutions et engager la modernisation indispensable de l’administration reste au cœur de ces reformes à faire».

Dans son discours du Nouvel an 2017, le président du Faso a adressé ses félicitations aux membres de la commission chargée de l’élaboration du projet de constitution et s’est engagé à entamer des rencontres de concertation avec toutes les forces vives de la Nation afin de dégager un consensus fécond sur son mode d’adoption. Ces rencontres ont été tenues.

Concernant le vote des Burkinabè de l’étranger, il a annoncé dans ce même discours de rendre opérationnel le dispositif du vote des Burkinabè de l’étranger. Ce dispositif sera précédé de la tenue du premier forum de la diaspora dans le courant du premier semestre 2018.

Ces promesses de campagne, référendum et vote des Burkinabè de l’étranger, ont été faites à un moment précis. De nos jours, certains facteurs sont venus compliquer la situation nationale. Il s’agit essentiellement de la menace terroriste et de l’insécurité alimentaire.

Selon les estimations, le referendum pourrait coûter 20 milliards de FCFA. Le dispositif pour le vote de la diaspora et son opérationnalisation exige également d’énormes sommes d’argent. C’est dans ce contexte que les Forces de défense et de sécurité (FDS) doivent être mieux équipées pour faire face au terrorisme. C’est aussi dans ce contexte que 2,6 millions de Burkinabè souffrent de faim et 26 milliards de FCFA seraient nécessaires pour les sortir de cette situation. Il appartient au président du Faso de dire publiquement à peu près ceci: «J’avais promis. Mais actuellement, les données ont changé. Le pays veut de l’argent pour équiper ses FDS. Par conséquent, j’ai décidé que…».

Par mémoire, sous la 4ème république, le plus grand nombre de votants à une élection présidentielle a été enregistré en novembre 2015. Sur les 3 309 988 votants, Roch Marc Christian Kaboré a été élu par 1 668 169 votants soit 53,49%. Peut-on consacrer 20 milliards de FCFA cette année à ce referendum pour 3 309 988 votants alors que 2,6 millions de Burkinabè ont besoin de 26 milliards de FCFA pour se nourrir? Il faut donc trouver d’autres voies pour son adoption. Il suffit de revoir le contenu l’avant-projet proposé.

Sous Blaise Compaoré, voici les statistiques des élections présidentielles. En décembre 1991, sur 3 433 331 inscrits, 868 038 personnes ont voté soit un taux de participation de 25,28 %. En novembre 1998, le nombre d’inscrits sur la liste électorale était de 4 210 234 personnes mais 2 361 294 ont voté soit un taux de participation de 56,08 %. En novembre 2005, sur 3 924 328 inscrits, 2 262 899 personnes ont voté soit un taux de participation de 57,66 %. En novembre 2010, 1 773 151 personnes ont voté.

La lutte contre l’insécurité alimentaire et le terrorisme sont les deux grandes priorités parmi les urgences du Burkina Faso.

A T

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