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Faut-il combattre les terroristes ou négocier avec eux?

Les terroristes sont de nouveaux ennemis qui nient toutes leurs règles. L’on dit d’eux qu’ils sont sans foi ni loi. En effet, pratiquement tous radicaux, ils comptent sur la violence gratuite pour s’affirmer. Ils sont lâches. Comment négocier avec des gens qui sont dans une telle posture? Il y a pourtant des partisans de la négociation et de la diplomatie qui partent du principe que la terreur ne peut être vaincue par la seule puissance des armes. Alors ils estiment qu’il y a toujours les possibilités d’une discussion avec des «barbares» aux mains couvertes de sang. Selon cette catégorie de personnes, aucun conflit n’est insoluble si les politiciens sont prêts à prendre les risques qui s’imposent. Pour eux, discuter avec les terroristes ne signifie pas tomber d’accord avec eux. Mais les partisans de la fermeté partagent entièrement la conviction de l’ex vice-président américain Dick Cheney: «On ne négocie pas avec le Mal. On le vainc!» Finalement, négocier avec les terroristes est-il une fausse bonne idée? Analyse.

«On ne négocie pas avec le Mal. On le vainc!»

«Et pourquoi ne pas négocier avec les terroristes?» Une question simple, ouverte et courte, mais qui peut indigner certaines personnes et sonner comme une immense provocation. Elle peut même sembler ridicule. Mais ceux qui la posent ne manquent pas d’arguments. Ils se veulent pragmatiques. Leur objectif est de limiter les dégâts dans une guerre imprévisible et à issue improbable. Justement pour eux, quand on ne peut pas gagner une guerre, on s’assied, on parle et on négocie avec ceux d’en face. Affirmer qu’aucun dialogue n’est possible serait une posture orgueilleuse. Au contraire, dans la recherche de la paix, il faudrait être capable d’amener les terroristes, souvent contre leur gré, à intégrer la dynamique du donnant-donnant dans une négociation. Il suffit pour cela que les autorités légales soient disposées à montrer aux terroristes qu’ils ont quelque chose à gagner en choisissant de négocier. Cela nécessite également de convaincre les terroristes qu’ils disposent d’un meilleur moyen que la violence pour parvenir à (certains de) leurs buts. Et ce d’autant plus qu’aucun soulèvement ou mouvement terroriste n’a été vaincu par la guerre ou la violence.

Mais les partisans de la politique de la fermeté considèrent efficaces ces arguments dans l’immédiat, mais désastreux à long terme. En effet, accepter de négocier avec des terroristes encouragerait ces derniers à récidiver. A leurs yeux, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Les négociations légitiment le terrorisme.

D’ailleurs, habituellement, les terroristes sont opposés à toute négociation et toute tentative de négocier directement avec eux est vaine, ne confirmant généralement que la faiblesse de la position des négociateurs. Ainsi, il est difficile d’entrer en contact avec eux et les dissuader d’abandonner leur action, qu’ils soient en pleine phase de préparation ou en chemin pour commettre l’irréparable.

Négocier suppose le respect des terroristes, c’est-à-dire, un traitement d’égal à égal. Or, témoigner du respect comporte des pièges comme le fait de devenir sensible au point de vue du terroriste. Qui plus est, la négociation consiste essentiellement à céder quelque chose pour obtenir autre chose en contrepartie. Ce qui veut dire que l’Etat doit faire des concessions aux terroristes pour obtenir d’eux l’abandon de leurs actions violentes. Ce qui peut être révoltant, humiliant, mais aussi une expression de faiblesse.

Par ailleurs, la discussion est impossible avec ces «sèment-la-mort». Puisque le terrorisme implique une confusion entre la fin et les moyens. Construire la confiance avec eux semble presque impossible dans la mesure où leurs valeurs et leurs représentations sont profondément divergentes des nôtres. Négocier avec les terroristes est donc aussi hasardeux qu’improductif. Une fausse bonne idée! C’est exactement comme la négociation avec les preneurs d’otages, à la base de la multiplication de ce phénomène. Comme on le voit partout dans le monde, n’importe quel apprenti sorcier saisi désormais toute opportunité qui s’offre à lui, prend en otage des personnalités en s’érigeant leaders d’organisations terroristes, ayant comme signature des actes violents, avant de monnayer sa reddition contre des faveurs indues. Négocier avec les terroristes sous-entend proposer des contreparties, quelles contreparties pouvons-nous proposer? Que peut-il demander? Son discours étant radical et incompatible avec la laïcité et la République.

En définitive, l’idée de négocier avec les terroristes est dangereuse en elle-même. Elle est injustifiable. Un terroriste restera toujours un terroriste: un acteur de terreur qui s’exprime par la violence aveugle et gratuite.

Théophile MONE

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