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«Il faut qu’une décision soit rendue contre Canal+», dixit Abdoul Karim Sango

L’action judiciaire engagée par 116 personnes contre Canal+ était au centre d’une conférence de presse animée dans la matinée du jeudi 28 septembre 2017 à Ouagadougou. A l’occasion, Abdoul Karim Sango, le chef de file de ces requérants a tenu à rassurer que la procédure suivra son cours normal jusqu’à une décision judiciaire.

Présidium lors de la conférence de presse avec Abdoul Karim Sango (2è à partir de la droite) et Moumouni Sibalo (3è à partir de la droite)

A la suite de l’annulation de l’action initialement engagée le 6 octobre 2016, sur la base de vices de forme brandis par Canal+ qui entendait ainsi dénoncer le manque d’indication sur la nationalité et la qualité des requérants dans l’acte d’assignation, une autre action prenant en compte les éléments correctifs de ces vices a été introduite le 1er mars dernier. Cette dernière suit son cours normal, aux dires de Moumouni Sibalo, le secrétaire chargé de la défense des consommateurs au sein de l’Association burkinabè des consommateurs de services de communication électronique (ABCE, qui a endossé l’action des 116 personnes). En effet, précise-t-il, un calendrier a été établi, et suivant lequel les deux parties au procès apporteront leurs arguments au juge en charge du dossier.

«Il n’y aura pas de moutamouta…»

C’est donc à juste titre que M. Sango a saisi l’occasion de la conférence de presse pour rassurer toutes les personnes victimes de la mauvaise qualité du service de Canal+ et qui se reconnaissent dans l’action ainsi engagée, que la procédure sera suivie jusqu’à son terme. Mais, prévient-t-il, la justice a «son temps qui n’est pas le temps du plaignant». Et d’ajouter, «c’est important, si on veut construire un véritable Etat de droit, qu’on laisse la justice aller jusqu’au bout (…) Il n’y aura pas de moutamouta dans cette procédure. Elle nous intéresse, elle intéresse même toute l’Afrique. Il faut qu’une décision soit rendue contre Canal+ pour lui demander de se conformer au cahier de charges qu’elle a signé, parce que dans ce cahier de charges, elle a dit qu’elle va offrir un service de qualité aux consommateurs».

A en croire M. Sango, les plaignants n’ont rien de particulier contre Canal+. Pour preuve, révèle-t-il, «nous avons eu des échanges intéressants avec la Direction de Canal+; sauf que nous ne nous sommes pas entendus sur les modalités de l’arrangement à l’amiable. Nous, nous voulons que Canal+ prenne des engagements à moyen et long terme pour dire que les services vont s’améliorer» et qu’il convienne de la mise en place d’une «équipe de suivi pour s’assurer que progressivement, ça s’améliore». En lieu et place du consentement à ces propositions, Canal+ aurait demandé l’abandon de l’action judiciaire avant toute discussion au fond, tout en affichant sa volonté de rembourser les frais exposés par les plaignants dans le cadre de la procédure. Ce qui, de l’avis de M. Sango, est «une méprise», «une proposition indécente», de la part de la Direction de Canal+ qui aurait fini par comprendre qu’elle a en face, «des gens qui savent ce qu’ils veulent, et ils savent où ils veulent aller».

«… un gouvernement responsable ne doit pas …»

La conférence de presse de ce jeudi 26 septembre, Abdoul Karim en a également vu l’occasion d’interpeller le gouvernement, «parce qu’un gouvernement responsable ne doit pas rester insensible à la violation des droits des consommateurs». Précision à l’appui, «nous demandons au gouvernement d’interpeller ou de revoir la législation afin que dans ce domaine, il y ait beaucoup plus de concurrents qui constituent des bouquets de la même dimension que Canal+; même si, dans certains secteurs, la concurrence n’a pas nécessairement apporté la qualité qui sied, mais elle a permis au moins de baisser le coût des prestations». Mieux, avance-t-il, «nous souhaitons que dans la réforme des textes, pour ces types de service, que le capital soit majoritairement (au moins 51%, Ndlr) détenu par des nationaux».

Après Canal+, ce sera le tour des sociétés de téléphonie mobile de devoir répondre devant la justice burkinabè à l’initiative de l’ABCE. C’est du moins, ce qui a été annoncé à la faveur de la conférence de presse. Une annonce faite sur fond d’interpellation de «l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, Ndlr) en particulier (…) à faire appliquer les textes de la République. Et si les textes ont des insuffisances, nous mettrons notre expertise pour aider à améliorer afin que leur service soit de qualité. Sinon, on assiste à une vaste escroquerie».

Paangui Parè

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