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Le FESPACO, 50 ans après ?

La marche douloureuse, mais finalement glorieuse du FESPACO

Le Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou est né, faut-il le rappeler, de la semaine du cinéma africain créée en 1969 à l’initiative d’une quinzaine de personnes réunies à Ouagadougou en novembre 1968 pour se concerter et examiner une question évidente et lancinante : Pourquoi n’y a-t-il, sur les écrans de cinéma de Ouagadougou, aucun film africain, alors que des réalisateurs africains ont des œuvres cinématographiques ? A l’époque, le pays était dénué de structures cinématographiques et la population voltaïque n’avait pas accès aux productions africaines de plus en plus nombreuses.

Elles ont alors constitué un groupe informel pour tenter d’organiser à Ouagadougou une semaine du cinéma africain. La première semaine se déroula du 1er au 15 février 1969. Cinq pays africains et deux pays européens y ont pris part : Cameroun, Côte d’Ivoire, Haute-Volta, Niger, Sénégal, France et les Pays-Bas. Il y avait 20 films dont 14 africains et dix mille spectateurs. C’est ainsi que la la première édition est « semaine du cinéma africain » mais sa véritable dénomination est « premier festival de cinéma africain de Ouagadougou » qui est devenue une institution d’Etat. La création du FESPACO n’a été que la réponse. Au début, l’Association constituée et chargée de son organisation avait un but non-lucratif.

Le 1er FESPACO du nom, (1972) enregistre la participation de 18 pays africains, 5 européens et plus d’une trentaine de films inédits.

50 ans après,  la 26ème édition du FESPACO est là, plus que jamais mature, grande dans son organisation et de tout ce qui le fait. Elle nous interroge cependant sur l’avenir d’une manifestation dont les échos, ont, depuis sa création, franchi les frontières du continent. Si l’on est toujours féliciter de son déroulement, la question fondamentale de sa structuration a la peau dure. A chacune des éditions, cette question est subtilement occulter, effleurer, et ignorer même. Pourtant, elle pose avec acuité l’autonomie même de cette manifestation à caractère culturel.

Au cours des éditions précédentes, il y a eu trop de l’opportunisme au tour de l’organisation du festival, il faut le reconnaitre si bien que l’on a frôlé de peu le triomphe des intrus et des fantaisistes. Il eut un temps où les bailleurs de fonds ont crié à s’époumoner la privatisation du FESPACO. Un  scandale évité de justesse quand on sait que c’était la porte ouverte pour que le FESPACO y perde son identité.

La vérité sinon la leçon à tirer après 50 ans est que une structure comme le FESPACO devrait s’auto suffire si on lui donnait carte blanche pour gérer ses ressources pour son fonctionnement et l’organisation des festivals. Peut-être qu’enfin il aura même un siège digne de ce nom.  Il y a donc lieu de travailler à permettre au FESPACO de se prendre davantage en charge vu les maigres ressources dont dispose le ministère de la culture. C’est à ne point douter le challenge des éditions à venir.  Cela suppose que nous travaillions dans la solidarité et l’entente. 50 ans après, le FESPACO que nous avons tous contribué  à faire grandir  doit continuer à être l’événement incontournable du 7ème art pour les  Africains, les futures générations et  pour le monde entier.

Pour l’heure rendons un hommage mérité à tous les fondateurs du FESPACO.  On peut retenir les noms de François Bassolet, Claude Perieux et Alimata Salembéré. Grâce à eux, le cinéma africain est promu, a prospéré et grandira davantage. Joyeux anniversaire, bon FESPACO à tous et à toutes.

LES ECHOS DU FASO

Un commentaire

  1. Deux petites coquilles : La première édition de 1969 s’appelait “Premier festival de cinéma africain” et non pas semaine, en témoigne les affiches de l’époque. Claude Prieux est l’un des fondateurs et non pas Claude Perieux.
    Il s’agit du ciné-club du centre culturel franco-voltaique qui est à l’origine du festival, avec en son sein François Bassolet, Alimata Salembéré etc.

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