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Fêtes de fin d’année : «Tout est mis en œuvre pour passer des fêtes beaucoup plus sereines» dixit le DG de la Brakina/Sodibo

A l’orée des fêtes de fin d’année, nous avons demandé et obtenu un entretien avec le Directeur général de la Brakina, l’unique brasserie que compte le Burkina, pour voir comment se préparent les fêtes de fin d’année. Nous avons été reçu dans les locaux de l’usine sise à Kossodo, dans la zone industrielle éponyme. Du constat, tout est mis en branle pour assurer un service de qualité et une disponibilité des boissons à la clientèle. Dès notre arrivée, nous avons aperçu dans une salle l’ancien Directeur commercial de la société, Maurice Ramdé, en train d’assurer une formation à des commerciaux. Nous avons été sommes accueilli par le maître des lieux, Marc Pozmentier. L’homme est constant: toujours vêtu d’une chemise blanche, les manches retroussées. Et c’est parti pour l’entretien.

Le DG de la Brakina, Marc Pozmentier
  • «On a l’impression que tout baigne ici!», lançons-nous.
  • «Nous avons eu tous les problèmes: problèmes de CO2, problèmes techniques, installations de nouveaux matériels, de gros matériels qui ont ralenti la production. Nous sommes en train de monter le plus gros groupe d’embouteillage jamais installé au Burkina Faso. Nous allons visiter l’installation après», nous rétorque-t-il.

Le sujet de l’actualité étant les bisbilles avec certains grossistes, le DG explique que c’est encore l’histoire des contrats mis en place en 2007 qui est revenue. Il est surpris que cela revienne aujourd’hui puisque tous ceux qui, jusqu’en 2016, avaient les capacités de travailler normalement ont continué et ceux qui ne les avaient pas ont arrêté par la force des choses. «On ne peut pas comparer le fonctionnement du marché comme il était en 2000, date du premier contrat, à la date d’aujourd’hui. Il était donc tout à fait normal qu’il y ait une révision pour harmoniser par rapport à ce qui se fait sur l’ensemble de la profession dans la sous-région et par rapport aussi à la réalité du terrain.»

Il révèle qu’il y avait des distributeurs qui se disaient grossistes et qui enlevaient dans le mois moins que ce que vendaient certains maquis de Ouagadougou. Il fallait donc à un moment donné respecter les maquis. Sinon, eux aussi pouvaient demander à venir s’approvisionner directement à la Brakina. «Certains ont eu l’intelligence ou la clairvoyance, sachant qu’ils ne pouvaient pas atteindre le pallier d’enlèvement, à se regrouper; chose que nous avons encouragée d’ailleurs pour ne pas laisser des gens sur le bord de la route. Donc, il y a de faux procès qui sont faits aux uns et aux autres, c’est la théorie du complot permanent, cette volonté soi-disant de vouloir bannir certains», réplique Marc Pozmentier.

Toujours en chemises blanches, manches retroussées

Le Brakina, un gros contributeur et un gros investisseur

Parlant des chiffres, «ils sont positifs mais malheureusement moins bons par rapport à ce qu’on aurait pu faire sans les problèmes techniques que nous avons rencontrés et qui ont ralenti l’offre en trois mois. Mais aujourd’hui nous sommes totalement sortis du trou dans lequel nous étions tombés. Le démarrage du nouveau groupe devrait nous permettre une disponibilité parfaite en bières pour la fête du 11-Décembre et celles de fin d’année.»

En 2016, la Brakina a contribué à hauteur de 71 milliards 200 millions aux recettes fiscales. Pour contenir l’effet de la nouvelle taxe introduite en septembre 2016 sur les boissons sans la répercuter sur le consommateur final, la société a déboursé 3 milliards de FCFA. «Nous sommes un opérateur économique, un industriel. Nous savons comment fonctionne la fiscalité au Burkina et si l’Etat ne prend pas chez les industriels, chez ceux qui sont enregistrés légalement, on sait très bien que chez le consommateur c’est compliqué. Nous ne nous sentons pas visés, ce n’est pas une taxe contre Brakina, c’est notre participation au développement du pays» développe, philosophe, le DG.

Concerne les innovations, il y a l’installation de deux groupes d’embouteillage, l’un à Bobo et l’autre à Ouagadougou. Celui de Ouaga entrera en activité ce mois de décembre. Il est d’une capacité de production de 45 000 bouteilles et va coûter, à la fin de son installation, entre 6 et 7 milliards. Ces équipements font partie des prévisions d’investissements pour 2017 de l’ordre de 30 milliards.

Parlant des perspectives, les projections font ressortir un chiffre de 35 milliards. Donc, la Brakina reste le plus gros investisseur industriel du pays, hormis les mines. «Lorsque je regarde dans le rétroviseur, depuis 10 ans que je suis là, on a dû investir entre 200 et 250 milliards. Nous sommes passés de 250 employés à plus du millier. Nous avons joué notre rôle d’entreprise burkinabè qui tire le tissu industriel vers le haut.» Puis de raconter cette anecdote sur la qualité des équipements de la société. «L’un de nos collaborateurs qui était en formation en septembre en Europe a été stupéfait de voir que les brasseries n’avaient pas du meilleur matériel que ce que nous avons. Nous sommes au même niveau d’équipement. Ce qui nous a forcés ces dernières années à revoir nos politiques de recrutements, sur les niveaux d’études et autres. Et aujourd’hui, on en récolte les fruits.»

Le magasin de stockage est plein

Pour Bobo-Dioulasso, la chaîne qui sera montée sera dédiée exclusivement à l’eau minérale. Elle entrera en activité probablement en janvier. Il y a d’autres projets qui nécessitent quelques études avant de les valider pour 2018. Dans les 35 milliards de l’année prochaine, il y a beaucoup d’investissements liés à la production, apprend-on du DG de la Brakina qui nous emmène visiter l’usine.

 

Dehors, la cour est bondée de caisse de bières et de pièces détachées. Des camions attendent d’être chargés. «Nous avons rangé les véhicules de ce côté [il montre le côté ouest de l’usine] pour faire la place au matériel», nous explique notre interlocuteur. A l’intérieur de l’usine, des casiers pleins de boissons diverses sont entassés du sol au sommet. Les chariots font des navettes incessantes pour apporter des caisses vides à l’embouteillage et pour envoyer les produits finis en stockage.

A côté, des ouvriers sont à pied d’œuvre pour monter la nouvelle chaîne d’embouteillage dont Marc Pozmentier parlait avec fierté. L’ambiance est celle des grands jours de travail donc.

Nous n’avons pas manqué l’occasion de revenir sur ce serpent qui se mord la queue: Brafaso. Nous avons voulu savoir si la Brakina était toujours disposée à reprendre la société. «Brafaso, c’est un vieux dossier! J’ai eu à rencontrer à plusieurs reprises le promoteur. Mais aujourd’hui, il y a beaucoup de zones d’ombre. Qui est le propriétaire, où en est-on avec la liquidation judiciaire… on ne le sait pas. Pour l’instant, le groupe (Castel) a déjà étudié le dossier et fait des propositions, elles sont dans les mains de qui de droit et c’est à eux de nous faire signe le moment venu», explique Marc Pozmentier.

Les préparatifs laissent augurer d’une période de fêtes sans gros souci, même si, en tant qu’industrie, la Brakina n’est pas à l’abri de problèmes techniques, de problèmes d’énergie, de fluides, des problèmes extérieurs. «Mais tout est mis en œuvre pour passer des fêtes beaucoup plus sereines» conclut le Directeur général de la Brakina/Sodibo.

Entretien réalisé par Hidogo

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