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Filière coton: des cotonculteurs plaident pour le retour au coton Bt

Des producteurs de coton, réunis au sein d’une organisation dénommée Collectif citoyen pour la Science et le Développement durable (CSDD), plaident pour le retour à la culture du coton biotechnologique communément appelé coton «Bt». Ils l’ont clamé le samedi 26 janvier 2019 à Bobo-Dioulasso, lors d’une conférence de presse animée à cet effet.

Des membres du collectif face aux hommes de médias

Avec François Traoré, ancien président de l’UNPCB comme chef de file, ces derniers veulent le retour au coton pour, disent-ils, sauver la filière coton «qui se meurt».Pour eux, la culture du coton conventionnel est de nature à réduire de façon drastique la production cotonnière. Toute chose qui n’avantage pas les producteurs qui, non seulement se retrouvent face à une pénibilité de la production de cette spéculation mais aussi se retrouvent endettés à la fin de chaque  campagne. «La production du coton conventionnel nécessite plus de traitement. Cela est nuisible non seulement pour la santé des producteurs mais aussi à l’environnement. Cette situation fait que les producteurs ne sont plus motivés à produire le coton. Et la conséquence est le recul du Burkina en matière de production cotonnière» a expliqué François Traoré.

François Traoré, principal animateur de la conférence de presse

Pour lui, seul le retour au coton génétiquement modifié peut redonner au Pays des Hommes intègres la  place qu’il occupait jadis, en matière de production de coton en Afrique car ce coton, soutient-il, a des avantages. «Le coton Bt réduit la pénibilité du travail, augmente les rendements à l’hectare donc les revenus. Aussi, il réduit le coût lié à la production car le nombre de traitements diminue considérablement. Le coton Bt résiste mieux aux attaques parasitaires» a-t-il défendu.

Quant aux arguments avancés par les premiers responsables de la filière pour justifier le retour au coton conventionnel, François Traoré et ses camarades les balaient d’un revers de main. «La question des conséquences environnementales du coton Bt qui ont favorisé le retour au coton conventionnel ne sont pas des raisons valables car 70% de la production mondiale du coton est biotechnologique. Pour la question de la mévente du coton Bt qui aurait de courtes fibres, la question qui se pose est de savoir sur quel marché les autres pays arrivent à vendre le coton Bt qu’ils produisent» a-t-il soutenu.

Ces producteurs adhèrent à la démarche du collectif

Pour François Traoré, le retour au coton conventionnel est tout simplement «une pression extérieure sur les responsables de la filière». Toutefois, prévient-il: «Si l’on ne revient pas à la culture du coton biotechnologique, le coton risque de disparaître au Burkina et ce serait un désastre». «Vous savez, la crise financière que traverse le pays trouve en partie son origine dans le fait que le monde paysan se porte mal. C’est quand les paysans ont l’argent que l’argent circule» a-t-il martelé.

Cheick Omar Traoré

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