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Filière coton: le prix d’achat du coton relevé de 15 F

Le Burkina Faso occupe désormais sur le continent africain, la 4e position de producteur de coton avec 436 000 tonnes derrière le Bénin qui passe en première position avec 675 000 tonnes, le Mali avec 653 000 tonnes et la Côte d’Ivoire qui est à 455 000 tonnes. C’est l’information qui a été donnée aux hommes de média le samedi 13 avril 2019 à l’occasion du traditionnel point de presse de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB).

Les conférenciers ont dressé le bilan de la campagne précédente et annoncé les nouvelles mesures prises pour remonter la pente

La production cotonnière n’a pas répondu aux attentes des acteurs de la filière coton. Avec une prévision initiale de 800 000 tonnes de coton graine au titre de la campagne cotonnière 2018-2019, le niveau de production a été de l’ordre de 436 000 tonnes. Ce qui représente une baisse de 29% par rapport à l’année écoulée et qui fait perdre sa place au Burkina qui occupe désormais la 4e place de producteur de coton sur le continent africain derrière le Bénin, le Mali et la Côte d’Ivoire.

Cette situation s’explique, selon le Directeur général de la SOFITEX, Wilfried Yaméogo, par les aléas climatiques, la pression parasitaire, les mouvements de boycott et de contestation dans certaines zones dont essentiellement le Kénédougou.

M. Yaméogo révèle que, l’année dernière, l’Etat burkinabè a octroyé une subvention de l’ordre de 14 milliards 621 millions de francs CFA à la filière. Elle est décomposée comme suit: 5 milliards pour aider à apurer les impayés internes des producteurs dans la zone SOFITEX qui avait été plus durement frappée par les phénomènes climatiques et 9 milliards 614 millions de francs qui devaient servir à la subvention des intrants. A cet effet, fait-il savoir, une correspondance du ministre en charge des Finances indiquait bien la destination de ces deux montants et ce courrier a même été mis sur le terrain pour clarifier la situation. Mais estimant que la filière cotonnière n’a pas livré aux producteurs en impayés l’intégralité de l’appui de l’Etat burkinabè, ces derniers ont interdit aux producteurs la production cotonnière dans cette zone. «Nous avons perdu dans cette zone autour de 80 000 hectares de potentiel qui auraient pu être mis en production cotonnière», a-t-il déploré.

Les hommes de médias n’ont pas tari de questions lors de la conférence de presse

En plus de cela, dans la région cotonnière de Bobo, poursuit-il, il y a eu un repli des surfaces cultivées, de même que dans la région cotonnière de Dédougou. Cela a entraîné des pertes en superficies emblavées.

Pour la campagne qui s’installe, l’AICB prévoit une production nationale de coton graine de 800 000 tonnes comme pour la campagne devancière. Pour atteindre cet objectif, elle a pris des mesures pour apaiser les appréhensions des producteurs qui ont posé un certain nombre de préoccupations relatives au retour du coton génétiquement modifié, à la réduction du prix de cession des intrants, de même qu’une augmentation du prix d’achat du coton graine.

Bonne nouvelle, les deux questions fondamentales que sont l’augmentation du prix d’achat du coton graine et la réduction du prix des intrants ont trouvé une solution. En effet, cette année, grâce à la subvention de l’Etat, le prix d’achat du coton graine a été fixé à 265 F le kilogramme pour le premier choix (soit une augmentation de 15 F) et 240 F pour le deuxième choix. «L’année surpassée on avait acheté le coton à 245 F, l’année passée à 250 F et cette année à 265 F», a fait remarquer le Secrétaire général de l’AICB, Ali Compaoré, par ailleurs le Directeur général de la Société cotonnière du Gourma (SOCOMA).

Concernant les prix de cession des intrants de la campagne 2019-2020, Ali Compaoré a noté que, malgré leur coût toujours élevé sur le marché mondial, l’accompagnement financier de l’Etat de l’ordre de 13,627 milliards FCFA a permis de réduire ces prix aux producteurs de 7% par rapport à ceux de la campagne écoulée. Voici le tableau y afférent:

Désignation Unité Prix au comptant Prix à crédit
Semence coton conventionnel :

Vêtue (30 kg)

Vêtue (40 kg)

Vêtue (45 kg)

Délintée (15 kg)

 

 

Sac de 30 kg

Sac de 40 kg

Sac de 45 kg

Sac de 15 kg

 

 

760

1 019

1 141

3 073

 

 

806

1 080

1 209

3 257

Engrais composés Sac de 50 kg 13 208 14 000
Engrais azoté Urée Sac de 50 kg 13 208 14 000
Insecticides EC 1 traitement/ha 3 585 3 800
Insecticides EC de spécialité A traitement/ha 7 358 7 800

Quant au retour du coton BT, M. Yaméogo a confié qu’en attendant que les recherches de partenaires et les travaux subséquents puissent permettre à la filière d’avoir des variétés de semence de coton génétiquement modifié qui répondent aux caractéristiques du label coton burkinabè, le Burkina produit du coton conventionnel en attendant.

Madina Belemviré

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