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Filière mangue: la campagne 2017 en baisse, la douane tenue en partie pour responsable

Au cours d’un atelier consacré au bilan de la campagne 2017 de la mangue tenu à Bobo-Dioulasso du 5 au 6 janvier 2018, les acteurs ont signifié que la production de la mangue a connue une forte baisse en 2017. Une baisse qu’ils tiennent en partie la douane pour responsable.

Les acteurs de la filière mangue à la sortie de l’atelier bilan de la campagne 2017

En effet, la baisse de la production de la mangue est principalement due selon les acteurs à deux facteurs que sont les effets du changement climatique et l’attaque parasitaire des vergers par les mouches de fruit.

Si le premier échappe au contrôle de l’homme, le second, par contre, peut être jugulé et ce, par le traitement des vergers. C’est dans ce sens que selon eux, la CEDEAO, dans le cadre d’une lutte contre le fléau dans la sous-région, met à la disposition d’une dizaine de pays des produits de traitement. C’est donc le stock 2017 de ce produit destiné aux producteurs de mangue du Burkina Faso qui a été saisi par la douane burkinabè. Toute chose qui n’a pas permis à ces derniers de pouvoir traiter leurs vergers les rendant ainsi vulnérables aux attaques parasitaires. Une situation que Paul Ouédraogo, président du conseil d’administration de l’Association interprofession mangue du Burkina (APROMAB) regrette amèrement. «Cette détention ne pourrait se justifier au regard du fait que la mouche de fruits a été déclarée fléau national depuis 2012 par les autorités burkinabè. Aussi, les produits saisis sont un don de la CEDEAO offert au Burkina Faso et dix autres pays de la sous-région en vue de faire face à cette invasion des vergers de mangues par la mouche de fruits», a-t-il indiqué.

Paul Ouédraogo, PCA de l’APROMAB exhorte les autorités à intervenir auprès de la douane pour décanter la situation

Les conséquences de cette situation sur la filière

Considérée comme l’une des principales causes de la baisse de la production de la mangue en 2017, la saisie par la douane des produits destinés au traitement des vergers a beaucoup impacté la campagne 2017 selon les acteurs. «Le blocage des produits en douane n’a pas permis aux producteurs de traiter leurs vergers. Du coup, l’attaque parasitaire a fait baisser la production de la mangue de 15%. Si on avait pu traiter les vergers, on aurait pu comptabiliser ces 15% et on serait au-delà de 200 000 tonnes de mangues qui se trouvent être la quantité de mangues fraiches produite en 2017», a déploré Paul Ouédraogo.

Selon lui, le non traitement des vergers a aussi impacté l’activité commerciale de la mangue car la mangue burkinabè aurait été 20 fois interceptée à l’entrée du marché de l’Union Européenne pour raison de piqûre par les mouches de fruits. Et de craindre une probable interdiction de la mangue burkinabè sur le marché international.

Pour éviter cette situation qui serait préjudiciable à l’économie nationale, les acteurs de la filière mangue souhaitent l’implication des autorités burkinabè en vue de trouver une solution sinon, disent-ils, «le Burkina Faso pourrait être qualifié de pays qui ne respecte pas ses engagements car la lutte contre les mouches de fruits est une lutte régionale».

Cheick Omar Traoré

 

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