Accueil » Economie-Finances » Financement du PNDES: tout le monde va à Paris, pourquoi pas le Burkina!

Financement du PNDES: tout le monde va à Paris, pourquoi pas le Burkina!

Le Faso de ''en haut'' est à Paris pour récolter l'argent qui servira à construire notre bohneur. Ici, l'ambassadeur Ilboudo et le PM Thiéba accueillent le président Kaboré à son arrivée à Paris (ph préFaso)
Le Faso de  »en haut » est à Paris pour récolter l’argent qui servira à construire notre bonheur. Ici, l’ambassadeur Ilboudo et le PM Thiéba accueillent le président Kaboré à son arrivée à Paris (ph préFaso)

Depuis l’annonce de la tenue de la conférence des bailleurs de fonds pour rechercher des financements pour le Plan national de développement économique et social (PNDES), des voix s’élèvent pour dénigrer la démarche et déclarer que l’objectif ne sera pas atteint. Le budget global du PNDES est de 15 000 milliards de francs CFA et le cap à rechercher à Paris serait de 5 000 milliards de francs CFA. Les 10 000 milliards de francs seront mobilisés en interne.

Le Burkina Faso organise cette conférence avec le soutien de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres organisations de financement international. On attend donc la déclaration finale du président de la Banque mondiale comme le stipule le programme. Pourquoi organiser la conférence à Paris?

Parmi les détracteurs du PNDES, certains critiquent le lieu de la conférence. Paris est une plaque tournante des investisseurs. De nombreux pays, pour rechercher des fonds, s’y rendent. C’est une coutume comme le font les entreprises sur le marché boursier. La Côte d’Ivoire a déjà organisé sa conférence en mai 2016 et a réussi à mobiliser plus de 15 milliards de dollars, soit environ 7 500 milliards de FCFA auprès des bailleurs de fonds internationaux et des pays partenaires pour soutenir le développement de ce pays d’ici à 2020.

Madagascar a organisé sa conférence des bailleurs de fonds et investisseurs privés en début décembre 2016 à Paris pour rechercher le financement de 50 projets. Madagascar a terminé sa conférence sur une note d’espoir. Le pays a reçu des promesses de financement de plus de 2 milliards de dollars (1 000 milliards de FCFA).

Durant la même période, la Tunisie a organisé sa conférence internationale sur l’investissement. Dénommé Tunisia 2020, ce pays a regroupé à Paris des chefs d’État et de gouvernement, les principales institutions internationales, des opérateurs privés et des fonds d’investissement tunisiens et étrangers. En 2014, le Bénin, dirigé alors par Yayi Boni, a organisé une table ronde à Paris pour rechercher 5 630 milliards de francs CFA nécessaires au financement de 18 grands projets.

Paris est un lieu incontournable pour rechercher des financements, même si les dénominations changent (conférence, table ronde) en fonction des pays. Il n’y a donc pas de raison que le Burkina organise sa conférence des bailleurs de fonds à Ouaga 2000, encore moins à Koulouba ou à Zogona.

C’est donc tout naturellement que le Burkina Faso s’est retrouvé à Paris pour rechercher les 5 000 milliards de FCFA complémentaires pour financer les 83 projets de son PNDES. Si la totalité des 15 000 milliards de FCFA est investie d’ici 2020, le pays changera de visage. Cette somme créera à son tour des richesses qui seront partagées à tous les Burkinabè.

On peut ne pas aimer Roch et son parti, le MPP. Mais le financement du PNDES doit être une affaire de l’ensemble des Burkinabè. Les milliers de kilomètres de routes qui seront bitumées, les écoles et les centres de santé à construire, les emplois à créer ne profiteront pas uniquement à Roch et aux militants de son parti mais à l’ensemble des Burkinabè. La réussite ou l’échec de cette conférence aura donc un impact sur le Burkina de demain, secoué aujourd’hui par des revendications tous azimuts.

Abouga Tagnan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *