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Fonds commun dans la Fonction publique: et si l’on supprimait pour de bon toute discrimination?

Les récentes sorties de la ministre déléguée au Budget et du Syndicat national des agents des finances (SYNAFI) ont eu pour conséquence, entre autres, de faire voir de l’extérieur les inégalités internes dans le partage du fonds communs dont bénéficient les agents du ministère de l’Economie et des Finances. A cause de cette disparité de traitement entre fiscalistes, comptables et financiers, tous relevant du même ministère, le linge sale du fonds commun a été étalé sur la place publique.

Ministère-financesEt le hic dans cette affaire qui ressemble fort à un bras de fer entre la ministre déléguée et le syndicat, c’est qu’aucune des deux parties ne daigne expliquer les choses clairement à l’opinion publique. Que gagne exactement chaque catégorie d’agents, quel est l’écart querellé? Personne n’en pipe mot. Ce à quoi le contribuable a droit, ce sont des accusations réciproques entre agents mécontents et autorités du MEF.
Un internaute, apparemment bien avisé sur la question, rappelle que «Madame la ministre, pour s’attirer la sympathie de l’opinion publique, affirme qu’un comité aurait été mis en place pour réfléchir à comment étendre ce fonds à tous les agents publics, ce qui n’aurait pas rencontré l’assentiment du SYNAFI». Selon toujours ce même internaute, «le cumul annuel de ce fonds vaut deux fois le salaire annuel de certains agents de ce ministère, sans compter le cumul annuel des primes de rendement qui peut égaler aussi le salaire annuel de l’agent, en dehors bien sûr de son salaire connu. Ainsi, sur cette base uniquement, l’agent du MEF recevrait, en plus de son salaire, une somme valant trois fois ce même salaire annuel, sans compter avec les autres types d’avantages liés aux activités menées au sein du service». Bref, tout cela n’est pas officiel, mais à défaut d’information officielle, osons supputer avec toute la réserve nécessaire.
Il est donc évident qu’il s’agit d’une somme colossale qui alimente ce fonds commun dont les sources d’approvisionnement doivent être révélées au contribuable pour une question de transparence. Et l’injustice interne dont il est question est encore plus criarde quand on prend en compte tous les agents de la Fonction publique. Car, c’est justement parce que les agents relevant des autres ministères font correctement leur travail que ceux du MEF peuvent collecter les impôts et autres taxes en toute tranquillité. Il n’est donc pas difficile de comprendre que tous les agents publics de l’Etat contribuent ainsi à cette collecte, que ce soit directement ou indirectement. Dans tous les cas, à défaut de pouvoir justifier sérieusement le bien-fondé et la justesse de la discrimination ou des injustices relevées dans la répartition du FC, l’on doit purement et simplement supprimer ces ségrégations en rendant équitable le partage en interne, et surtout en l’élargissant à tous les agents publics qui, faut-il le rappeler, concourent tous, chacun dans son domaine de compétence, à la mobilisation des fonds publics. Un acquis ne devant pas être supprimé, il faudra s’efforcer d’anticiper pour ne pas avoir à gérer d’autres grognes des agents des autres ministères qui, eux aussi, ont du reste commencé à exiger de l’Etat, et même obtenu pour certains, qui un fonds commun, qui un statut particulier à même de revaloriser leur revenu. Et en la matière, le Gabon peut être un exemple à imiter, lui qui a réussi à introduire cette source de motivation dans les bulletins de salaire en vue de la faire profiter à tous les travailleurs publics sans exception. Vivement donc que l’étude dont a parlée Amina Bila soit vite bouclée, si elle ne l’est déjà, et ses résultats rendus publics pour éclairer davantage la lanterne publique!
JPS

6 commentaires

  1. QUELLE JUSTIFICATION a-t-on servi aux Autorités Supérieures de Contrôle de l’État pour qu’un Agent ait l’équivalent de 36 à 48 mois de salaires par an sans ordonnance ni décret?
    Combien de francs les F.C.décaissent par an?

  2. La question doit être resolue sous la transition

  3. Bonjour je voudrais informer le journaliste et l’opinion public que madame BILLA s’est tirée la foudre sur elle même tout en sachant qu’elle ne peut pas résoudre le problème du fonds commun. Et il faut que les gens arrêtent d’insulter les financiers sans fondement aussi. Savez-vous combien de fonds commun existent au Burkina Faso? Dans tous les ministères il existe un fonds commun et même plus élevé que ce qui est servi aux financiers. C’est le nom de ce fonds qui diffère seulement d’un ministère à un autre. Aussi, dans certains ministères, ce fonds est réparti entre les tenors si bien que l’agent lambda ignore son existence. Et je voudrais que JPS fasse les investigations dans tous les ministères et vous confirmerez mes propos. Si au MEF le problème est chaque fois posé c’est parce que tous les agents connaissent très bien l’existence du FC. Ce fonds est engagé tout comme les autres dépenses sur le logiciel CID et suit les mêmes règles que les autres dépenses. Le hic est que certains veulent croire qu’ils sont meilleurs que les autres ou qu’ils travaillent plus que les autres. C’est le fonds du problème au MEF.
    Aussi, qui est financier au MEF: l’administrateur des services financiers, le contrôleur des services financiers et l’assistant des services financiers (confère décret de 2006). Mais qu’est-ce que nous constatons? Quand chaque ministre arrive à la tête du MEF, il fait des recrutements fictifs (neveux, cousins) tout simplement parce qu’il y a le FC. Monsieur JPS allez-y constater cela vous verrez qu’il y a plus de non financiers que de financiers dans le groupe de ceux qu’on appelle financiers (Gestionnaires des ressources humaines, adjoints et secrétaires administratifs, agents de bureaux même les policiers et gendarmes, les journalistes, etc.) Pour ne pas les écarter dans le partage du FC, le SYNAFI a toujours lutté pour qu’ils soient traités comme des financiers (lutte de 2011, 2013, 2014). Mais aujourd’hui, nos collègues des régies disent que les financiers sont nombreux et pour cela ne peuvent le gâteau ne peut être réparti équitablement référence faite à l’ambiguïté de ce corps (tous types d’agents). Et c’est ça le vrai problème. Les autres veulent qu’on écarte, les journalistes (DCPM), les GRH (DRH), les administratifs (Adjoints, secrétaires et administrateurs), les conseillers et assistants des affaires économiques (leur syndicat réclame aussi leur FC au Ministère du commerce), bref. Voilà l’élément central du problème Monsieur JPS. Si l’on doit être rigoureux pour s’en tenir uniquement aux financiers dans la répartition du FC au MEF, on doit servir uniquement aux agents du Trésor (Agents de recouvrement, contrôleurs et inspecteurs du Trésor), les agents des impôts (agents de constatation, contrôleurs et inspecteurs des impôts), les agents des douanes (assistants, contrôleurs et inspecteurs de douane), les financiers (assistants, contrôleurs et administrateurs des services financiers), les agents des statistiques (assistants, adjoints et ingénieurs des statistiques), les économistes (assistants et conseillers en économie et développement). Monsieur JPS, chercher le décret de 2006 qui fixe les emplois spécifique du Ministère de l’économie et des finances et vous comprendrez que la lutte du SYNAFI est une lutte noble. En 2011, Lucien BEMBAMBA a voulu restreindre le FC à ses soi-disant agents (ceux qui sont sortis uniquement de ses écoles (ENAREF et END) mais le SYNAFI a combattu cela. Aujourd’hui c’est le même SYNAFI qui est dénigré par tout le monde. Je m’arrête là en espérant que Monsieur JPS va investiguer en trouvant le décret de 2006 sur les emplois spécifiques du MEF et on pourra poursuivre les échanges. Merci et j’espère que mon message sera publié. QUE DIEU BENISSE LE BURKINA FASO ET L’ENSENBLE DE SES FILLES ET FILS!

  4. On nous sert à tout moment « bonne gouvernance », « transparence des dépenses de l’Etat », « justice fiscale » et pendant ce temps ceux, qui sont chargés de gérer les ressources de l’Etat provenant des impôts payés par le contribuable, se les partagent sans aucune base légale ni déontologie administrative. La décence aurait voulu que cela ne soit pas étalé sur la place publique car ce faisant les protagonistes envoient un très mauvais message aux contribuables et aux contribuables des pays qui sont nos partenaires financiers.

  5. JPS, toi, je te compend pas du tout!
    Je ne sai pas si tu es fonctionnaire ou koi! mais kan on va pour deposer les dossier de concours là, ces dernier sont reparti par ministère, dc cè en connaissance de cause que les gens font les concours! Si tu as fait concours enaref 10 fois et echouer, fo pas taper sur timpan des gens!
    C’est valable pour tous les autres fonctionaires qui pense qu’il fo elargir le FC à ts les agents de la FP!

  6. La démarche dans cet article est biaisée. Le rédacteur veut contenter deux catégories de personnes et, à la fin, tous se retournent contre lui.
    Pour ma part, je dirais que l’injustice faite à certains agents du MEF est une vue de l’esprit parce qu’elle découle d’une première et fondamentale injustice: l’existence même de ce fameux Fonds commun. Une série de corps de la Fonction publique peut-elle s’arroger une partie du budget national (il paraît que l’on peut atteindre 5% alors que certains ministères n’ont jamais atteint 1% de ce budget) au seul fait qu’ils récoltent des fonds pour le compte de l’Etat?
    En fait, ils se comportent en flibustiers qui prélèvent leur propre impôts sur le bien public.Et quand je dis public, je ne parle pas de l’Etat, mais de la nation. L’argent ainsi récolté appartient à tous et l’Etat n’en est que le gérant! Si des salarier de ce gérant, qui sont payés pour le travail de collecte desdites ressources, en prélèvent une partie, il y a détournement. ce, parce qu’il n’y a pas une loi qui le leur permet.
    Qu’ils soient cent ou mille ne change rien à l’affaire. qu’ils aient réussi à tel ou tel concours encore moins.( D’ailleurs le style exécrable de certains d’entre eux met en doute leurs compétences.) Si on l’acceptait, on entérinerait l’existence d’une aristocratie eu sein d’une Fonction publique normalement garante de l’égalité des citoyens.
    Et cela est injustifiable, tant en morale qu’en politique. A titre d’exemple, un fonctionnaire ordinaire contracte un prêt de deux ans auprès de sa banque pour avoir entre les mains l’équivalent de deux ans de salaire. Pourquoi un autre en aurait-il plus en guise de prime pour un travail pour lequel il est régulièrement engagé? Cette injustice crée deux catégories de citoyens e cela est inadmissible. Au lieu de clamer qu’il lutte pour étendre cette injustice à des corps qui n’en bénéficient pas, ce fameux syndicat doit faire en sorte que tous les agents publics en bénéficient. A défaut, qu’ils joignent le grand mouvement contre la vie chère en prônant le relèvement des salaires dans la Fonction publique.

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