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Fonds commun: «Nous n’allons pas y renoncer et nous allons nous battre pour le conserver», dixit le SG du Synatrad, Mathias Kadiogo

«Nous n’allons pas renoncer au fonds commun et nous allons nous battre pour conserver cet avantage», a soutenu, mardi, au cours d’une conférence de presse, la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances (CS-MEF).

Un agent de catégorie A du ministère des Finances touche 6 millions de francs CFA par an, avait déclaré, le 23 mars dernier à l’hémicycle, la ministre de l’Economie et des Finances. Réagissant à cette sortie qu’elle a qualifiée d’«hasardeuse», la Coordination des syndicats du ministère de l’Economie et des Finances, sans réfuter les déclarations de la ministre, a fait comprendre qu’elle ne va pas renoncer au fonds commun. «Nous allons nous battre pour le conserver sans pour autant nous opposer à ce qu’on octroie cet avantage à d’autres personnes», a soutenu le président bimensuel de la Coordination, Mathias Kadiogo.

Le Fonds commun, explique-t-il, n’est pas une création du ministère des Finances ou du gouvernement. Il existe depuis le début des indépendances et vise d’une part à motiver les travailleurs des Finances et d’autre part à les mettre à l’abri de la corruption, la concussion et le détournement des deniers publics. C’est la raison pour laquelle, précise le SG du SYNAFI, Mahamadi Sawadogo, les indemnités sont affectées de manière spécifique à certains corps. «Même le colonisateur, à savoir la France a les fonds communs qui existent également en Autriche et en Grèce», a-t-il dévoilé.

En 2014, poursuit-il, un diagnostic des fonds communs dans la sous-région a révélé qu’ils existent dans tous les pays. «Ce que l’on perçoit ici est minable par rapport à ce que les gens perçoivent», a tangué M. Sawadogo.

De ce fait, «moi Kadiogo, je ne vais pas m’assoir pour dire que je ne veux plus de fonds commun. Je ne suis pas un président de l’Assemblée nationale, c’est lui qui peut renoncer à son salaire ou à une partie de son salaire», a-t-il souligné, rappelant au passage qu’il n’y a pas un douanier ou un financier qui va dire le contraire.

Pour Séni Koanda du SATB, la question orale à l’hémicycle a été savamment orchestrée par le pouvoir en place. La preuve, avance-t-il, «c’est un député MPP qui a posé la question, le président de l’Assemblée est MPP, c’est le MPP qui a amené Rosine Coulibaly comme ministre des Finances. Voyez la façon dont ça été présenté. Le ministre a dit de lui permettre de boire l’eau, car elle a besoin de dire la vérité au peuple et le président qui l’encourageait: dis la vérité, dis la vérité au peuple».

De son avis, «un ministre qui verse des larmes pour 51 milliards de fonds communs, normalement devrait peut-être se suicider pour ce qui est des pertes de recettes dans ce pays tels les détournements de fonds. Mais non, c’est les fonds communs qui la dérangent».

Par ailleurs, la coordination a pointé du doigt le manque de dialogue de leur premier responsable. «Nous avons peut-être critiqué Vebamba, mais il vaut mille fois mieux que cette dame en terme de dialogue», a martelé Séni Koanda. Et Mathias Kadiogo de renchérir: «Elle ne nous a jamais considéré, elle ne nous a jamais serré la main».

S’excusant auprès des populations pour les éventuels désagréments que sa grève des 4 et 5 avril vont causer, la Coordination s’est dite disposée à trouver avec le gouvernement des solutions satisfaisantes aux points de ses revendications.

Madina Belemviré

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