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Pourquoi François Compaoré manque de couilles pour affronter notre justice?

Il a les moyens financiers nécessaires pour prendre les meilleurs avocats du moment. S’il ne se reproche rien dans l’affaire Norbert Zongo, pourquoi a-t-il si peur d’être extradé et d’être jugé au Burkina Faso surtout qu’un procès dans les règles de l’art lui est promis? Une simple peur bleue ou la preuve que le petit président ne souhaite pas récolter ce qu’il a semé, en mal?

François Compaoré le frère de l’ex-président Blaise Compaoré

Frère cadet du président, il était craint quand le CDP gérait le pouvoir d’Etat avec à sa tête Blaise Compaoré. Surnommé  »le petit président », il contrôlait les entreprises juteuses du pays comme la direction du parti. Ambitieux, sa rivalité avec le défunt Salif Diallo provient de sa volonté de donner des ordres à tous, de diriger le pays de concert avec son frère comme une entreprise familiale. François Compaoré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ambitionnait clairement de remplacer son frère Blaise quand celui-ci serait fatigué.

Compte tenu du pouvoir qu’il détenait, il s’arrogeait le droit de désherber les «mauvaises herbes», c’est-à-dire les opposants politiques et adversaires gênants, autour de son frère. Dans son zèle excessif, il était naturellement soupçonné de crimes économiques et de sang. L’assassinat de Norbert Zongo en décembre 1998 en est un exemple car le journaliste d’investigation enquêtait sur la mort suspecte de son chauffeur, David Ouédraogo. Il avait toutes les raisons de réduire au silence tous ceux qui freinaient ses ambitions avec des informations compromettantes. Les soupçons qui pesaient sur lui étaient si lourds que les différentes enquêtes sur le meurtre inqualifiable du journaliste avaient conclu à un assassinat politique étroitement lié au travail de Norbert Zongo.

Après l’insurrection populaire d’octobre 2014, François Compaoré a pris la poudre d’escampettes pour se réfugier tantôt au Bénin, tantôt en Côte d’Ivoire, tantôt en France, comme s’il avait mangé la tête d’un livre. A la surprise générale, les autorités du pays de Félix Houphouët-Boigny lui ont offert la nationalité ivoirienne comme à son frère Blaise.

Norbert Zongo (à gauche), journaliste d’investigation, assassiné le 13 décembre 1998 avec 3 de ses compagnons. Les enquêtes avaient révélé qu’il a été tué à cause de ses investigations sur la mort suspecte du chauffeur de François Compaoré (à droite)

Alors que François Compaoré a maintes fois avoué être prêt à rentrer au Burkina pour répondre devant la justice des faits qui lui sont reprochés, il se rétracte aujourd’hui, après une demande officielle d’extradition de retourner au pays et surtout à y être jugé. Sans honte, il confesse sa double nationalité et craint actuellement le Pays des Hommes intègres comme la peste. En fait, François Compaoré est un peureux. Il n’a pas de couilles pour oser affronter notre justice. Il sait sans aucun doute de quoi cette affaire Norbert Zongo retourne. Sinon il trouverait là une occasion rêvée de se blanchir, de contredire les mauvaises langues et de se réhabiliter politiquement. C’est bien ce que l’on appelle opportunité politique. Plutôt que de cela, le lion devenu agneau tremble comme une feuille morte et refuse d’assumer.

Il oublie que l’homme, quelle que soit sa puissance, ne peut se soustraire à son action: quoi qu’il fasse, il n’y échappe pas, il récolte toujours ce qu’il a semé. Alors, pourquoi convoler en noces avec ce puissant ennemi qu’est la peur? Dans ce sens, François Compaoré est en train de faire le mauvais choix: il vivra désormais hanté par la peur et le remord qui le rongeront silencieusement tous les jours de sa vie.

Finalement,  »le petit président » » est en train de renier son pays et ses racines pour vivre en exil. Une situation que personne ne souhaite vivre. De toutes les façons, les Burkinabè peuvent se targuer d’une première victoire car, tôt ou tard, François Compaoré payera le prix de ses actes, ici-bas comme là-haut. L’exemple de Hissène Habré est très illustratif. Alors, gardons espoir que justice sera rendue, d’une façon ou d’une autre, à notre cher Norbert Zongo.

Théophile MONE

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