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Front anti-FCFA: un test d’élargissement et de consolidation à Ouaga

A l’initiative du CAR (Citoyen africain pour la renaissance) en collaboration avec le Front anti-FCFA, un débat sur la contestation du Franc CFA (colonies françaises d’Afrique) a été mené à Ouagadougou dans une salle pleine comme un œuf. C’était dans la soirée du samedi 20 mai 2017.

Présidium lors du débat
Présidium lors du débat

A l’occasion, le leader du Front anti-CFA, Kemi Seba a expliqué pourquoi et comment le FCFA doit être combattu. Selon le franco-béninois, «le FCFA aujourd’hui est l’un des derniers vestiges du colonialisme». Vestige grâce auquel l’économie de nombre de pays africains «est régulée, dirigée, contrôlée par l’autorité française». Au niveau du Front que dirige M. Seba, l’on veut «la cessation immédiate de cela».

Kemi Seba, principal animateur du débat
Kemi Seba, principal animateur du débat

Dans ce sens, précise le combattant en chef du FCFA, «On part du principe qu’aucun peuple ne peut décider de sa destinée tant qu’il ne maîtrise pas son économie». Pour avancer, la décision a été prise – au sein du Front – «de sortir des thématiques qui étaient élitistes, de massifier ces thématiques et de les mettre dans la rue, auprès du peuple, pour que les citoyens puissent se les approprier». D’où des sorties pour mener la «lutte». «Cette lutte, précise M. Seba, est une lutte de sensibilisation, de mobilisation, mais c’est aussi une lutte de dialogue avec les autorités». Et la dynamique a suscité la rencontre de ce samedi 20 mai avec les acteurs de la société civile burkinabé. Objectif, «consolider le front anti CFA». Au-delà, Kemi et ses camarades espèrent bien rencontrer les autorités burkinabè.

A l’endroit de ceux qui craignent le saut dans l’inconnu que représente la rupture d’avec le FCFA, M. Seba dira «qu’entre la stabilité de l’esclavage monétaire et la stabilité de la liberté, nous devons être prêts à tenter la stabilité de la liberté pour pouvoir ensuite réguler notre situation et connaître un équilibre réel comme toutes les nations dotées de raison sont capables de faire».

Le défi du moment, «la liberté économique de l’Afrique»

En tout état de cause, la machine du Front anti-CFA est en marche. Et la rencontre de Ouagadougou marque, foi de Hervé Ouattara du CAR, le début d’une mobilisation internationale contre le FCFA. «…nous allons aller à une vitesse supérieure», pour l’effectivité d’une «monnaie commune fabriquée par les Africains et commune aux Etats africains», a annoncé M. Ouattara. Ce, d’autant plus le défi auquel devra faire face la jeunesse africaine d’aujourd’hui, c’est celui de «la liberté économique de l’Afrique».

Participants au débat
Participants au débat

Après la sensibilisation auprès – à la fois – des populations ordinaires et des autorités, le levier sera actionné contre les chefs d’Etat qui ne voudront pas s’activer dans le sens de cette rupture d’avec le F CFA, en engageant «la résistance civique» contre eux, en faisant «campagne contre eux pour qu’ils ne gagnent pas les élections lorsqu’ils se représenteront».

Réagissant à la position affichée par les autorités françaises selon lesquelles, c’est aux pays africains de faire des propositions quant à l’avenir du FCFA, Kemi Seba trouve qu’il s’agit là, d’un «cinéma» qui ne doit pas distraire les Africains. La conviction de M. Seba est établie: les autorités françaises «n’ont aucun intérêt à scier la branche sur laquelle elles sont assises» et que «rien ne se fera en pensant que ces dernières vont nous aider à quitter une plantation qui leur fournit leur puissance et qui appauvrit nous autres». A l’en croire, «Quelles que soient les choses qu’elles disent, la seule chose qui compte, c’est que les Africains eux-mêmes se mobilisent, prennent leur destin en main, et comprennent que s’ils restent dans cette plantation, ils connaîtront toujours l’appauvrissement».

Paangui Parè

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