Accueil » Edito » Comme le général Gilbert Diendéré, Me Hermann Yaméogo tente de justifier «le coup d’État le plus bête du monde»

Comme le général Gilbert Diendéré, Me Hermann Yaméogo tente de justifier «le coup d’État le plus bête du monde»

Le procès du putsch manqué bat son plein au Tribunal militaire. C’est ainsi que Hermann Yaméogo, de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), est passé à la barre depuis la semaine dernière. Il y est pour répondre des accusations de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures. Dans sa défense, l’accusé n’a pas hésité à déclarer qu’il a salué l’avènement du coup d’Etat manqué de septembre 2015. Il a également révélé avoir toujours applaudi les coups d’Etat même s’il n’y participe pas. «J’ai toujours soutenu les régimes militaires qui viennent renverser les régimes qui ne respectent pas la Constitution». Un soutien et une justification de ce coup de force qui rappelle celui de Gilbert Diendéré qui avait lui aussi dû assumer le putsch pour le bien du pays: «Je n’étais au courant de rien, ce sont des sous-officiers qui étaient à la manœuvre. Peu après, des hommes sont venus chez moi pour m’informer de la situation. J’ai donc fini par assumer en prenant la tête de ce mouvement, car j’étais un des seuls à pouvoir le faire. Je l’ai fait dans un esprit d’apaisement, pour essayer d’aboutir à une solution consensuelle», avait-il soutenu, tout en ajoutant avoir voulu ainsi permettre l’organisation d’élections «véritablement démocratiques et ouvertes à tous», alors que les autorités de la Transition avaient interdit aux candidats pro-Compaoré de se présenter.

Étonnant et absurde qu’un avocat de la trempe de Hermann soutienne que la révolte est un droit! Parce que simplement la Transition lui aurait fait beaucoup de mal.

La ligne de défense de Me Hermann Yaméogo est un déni de justice. Il soutient le coup d’Etat et nie sa complicité.

«Saluer et soutenir le coup d’Etat parce que la Transition a beaucoup fait du mal à ce pays», sans dire exactement de quel mal il s’agit, constitue un argument étrange et biscornu, qui plus est, de la part d’un homme qui connaît la loi. Comment Me Hermann peut-il soutenir un putsch qui vise à instituer un nouvel ordre oppressif? Désolé, mais la révolte n’est pas un droit. Car se révolter, par définition, c’est se placer dans l’illégalité. Parler d’un droit à la révolte voudrait alors dire que les lois en vigueur autoriseraient qu’on les nie et les détruise par des moyens qu’elles n’autorisent pas. Il semble y avoir là une contradiction complète dans les termes: une loi qui donnerait le pouvoir qu’on la foule aux pieds cesserait d’être une loi. C’est pourquoi Me Prosper Farama a tenu à rappeler à l’accusé que certaines opinions sont répréhensibles et que la Constitution qui les protège a une portée générale et ne distingue pas les opinions répréhensibles et celles qui ne le sont pas.

Ce n’est pas parce ce que la désobéissance civile est reconnue par notre Constitution qu’il faut confondre insurrection populaire et putsch. En effet, l’insurrection est un soulèvement de la population contre l’ordre établi. C’est ce que les Burkinabè ont fait en octobre 2014. Elle est à distinguer rigoureusement d’un putsch ou d’un coup d’Etat pour renverser une Transition légale et consensuelle dont l’objectif était d’organiser des élections démocratiques. En outre, trois raisons distinguent les deux termes voisins, putsch et insurrection populaire.

D’abord, une insurrection est un mouvement populaire qui rassemble une large partie de la population. Un putsch ou coup d’Etat est fomenté par une petite clique qui complote en secret.

Ensuite, une insurrection est un mouvement spontané qui n’est le fruit d’aucun complot ni d’aucune planification, contrairement au coup d’Etat.

Enfin, last but not least, l’insurrection est un droit dans la mesure où elle se donne pour principe d’action de renverser un ordre oppressif pour fonder la liberté. Un putsch, lui, vise à instituer un nouvel ordre oppressif. C’est pourquoi une insurrection peut être légitime tandis qu’un coup d’état est toujours condamnable.

Le général Gilbert Diendéré avait lui aussi justifié le putsch manqué de septembre 2015.

Il est donc absurde de faire croire que le coup d’Etat de 2015 était une révolte légitime, un droit. C’est plutôt l’insurrection qui était légitime, de même que la mise en place de la Transition. Le coup d’Etat était illégal et inopportun. C’est pourquoi il était «bête». Il faut même faire remarquer que ce n’est pas parce qu’une insurrection n’est portée que par une «minorité» qu’elle cesse nécessairement d’être légitime.

Plutôt que de faire croire à l’opinion qu’il est jugé pour ses opinions (politiques pour avoir soutenu le putsch manqué),  Me Hermann devrait commencer par regretter les personnes tuées durant ces quelques jours malheureux de septembre 2015. En tant qu’homme politique, il a intérêt à assumer pleinement ses responsabilités dans ce coup d’État le plus bête du monde. D’ores et déjà, il est difficile de soutenir ce coup d’Etat manqué sans en être un complice. Quant aux faits, ils sont liés à l’argent reçu de la Côte d’Ivoire par l’ancien Front républicain et dont Me Hermann est l’un des membres. Cet argent était destiné à soutenir justement le putsch qui, au finish, a commis des actes abominables. Justifier une telle révolte n’est pas légitime encore moins une ligne de défense crédible. Y persévérer serait une bêtise.

Les Echos du Faso

Un commentaire

  1. Herman yaméogo est un malade, un vautour du régime Compaoré et sa bande de délinquant
    quel honte pour un imbécile de sa génération qui applaudit cet coup d’Etat, s’il est homme qu’il aille dire cela aux parents des victimes.

    qu’il soit patient et il verra son sort venir

    allons seulement!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *