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Avec George Weah comme président, le Liberia marque à nouveau l’histoire politique du monde

Le mois dernier, au Liberia, George Weah est arrivé en tête du premier tour de l’élection avec 38,4% des voix, devant Joseph Boakai, le vice-président de Sirleaf, qui a recueilli 28,8% des suffrages. Le mardi 26 décembre dernier, les Libériens sont repartis aux urnes pour départager les deux candidats à la présidence. Mais d’ores et déjà, l’ancien international du ballon rond George Weah, qui a évolué à Monaco, au Paris Saint-Germain et à l’AC Milan, premier Africain à recevoir le prix du Meilleur footballeur de l’année FIFA, est bien parti pour remplacer Ellen Johnson Sirleaf, la toute première femme chef d’État d’Afrique, qui se retire après deux mandats.

Ainsi, le petit pays d’Afrique de l’Ouest va, une fois encore, marquer l’histoire politique en devenant le premier pays du monde à élire un ancien footballeur à la présidence. Comme quoi, football et politique peuvent aller de pair. Avec cette nouvelle expérience, sport et politique sont plus liés que jamais en Afrique. Plutôt qu’une menace, cette nouvelle donne est un nouvel espoir pour les peuples africains: la montée en puissance d’une nouvelle génération d’hommes politiques aux projets de société enchanteurs.

George Weah est presque sûr, selon les estimations des radios locales, d’être le premier footballeur au monde à accéder à la fonction suprême.

Après 12 ans de présidence de Sirleaf, qui a gouverné de manière suffisamment efficace pour obtenir un allègement important de la dette de son pays, les Libériens ont envie d’une nouvelle expérience d’homme charismatique. Et l’ancien attaquant de l’AC Milan, George Weah, adulé, combatif et déterminé, malgré ses limites intellectuelles, est presque sûr, selon les estimations des radios locales, d’être le premier footballeur au monde à accéder à la fonction suprême.

George Weah, 51 ans, qui avait déjà mené deux campagnes présidentielles infructueuses en 2015 et en 2011, après avoir raccroché les crampons en 2003, a travaillé dur pour acquérir une stature d’homme d’État crédible.

Des terrains de football à la présidence, il faut du courage et de la détermination à toute épreuve

En effet, «King George» sait que son talent footballistique ne suffit pas. D’ailleurs, depuis le début de sa carrière politique, le talon d’Achille de Weah est son manque d’éducation, qui l’a handicapé lors de ses deux précédentes candidatures. S’ils admirent son ascension sociale fulgurante et sa générosité, de nombreux Libériens doutent de la capacité de l’ex-footballeur à assurer la fonction présidentielle. Mais le brillant footballeur devenu homme politique est conscient que sa force est sa faiblesse. Il ne lâche rien. Comme au ballon, il sait que la victoire est au bout de la peine et des sacrifices. L’engouement politique qu’il suscite vient entre autres du fait qu’il n’a jamais oublié son pays d’origine, qui sombrait dans la guerre civile. Même quand il menait la grande vie de jeune footballeur, possédant plusieurs Porsche et une maison dans un quartier résidentiel de Floride, il était proche de son peuple par sa générosité.

Conscient de ses limites (il a abandonné l’école avant le baccalauréat), Weah a su rester patient dans la sphère politique pour apprendre des autres. Ainsi plus de dix ans après la création de son propre parti, le Congress for democratic change en 2015, a-t-il considérablement gagné en maturité et semble aujourd’hui mieux préparé pour la présidence qui lui tend les bras.

Surnommé la «Fierté de l’Afrique» par Nelson Mandela en 1990, George Weah est l’exemple de la patience, de la persévérance, du courage et de l’humilité face une jeunesse au sang chaud, prêt à tout gagner tout de suite et par tous les moyens. Il montre également que la valeur d’un homme ne se limite pas à ses gros diplômes obtenus dans les grandes universités. Surtout en politique, l’expérience de terrain et la capacité à travailler avec une équipe pluridisciplinaire constituent le secret de la réussite. Le vœu que toute l’Afrique et le monde entier souhaite à «King George».

Théophile MONE

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