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George Weah président va-t-il inspirer Eto’o, Drogba et autres?

Avec l’investiture de son nouveau président, George Weah, le Liberia tourne une page de son histoire; car depuis 1944, c’est la première alternance politique pacifique que vit ce pays. Un espoir venu d’un footballeur légendaire, courageux et patient. Il est le premier Africain à avoir remporté le Ballon d’or et à ouvrir la porte à l’obtention de cette prestigieuse récompense aux autres joueurs non européens. Comme au football, va-t-il nourrir les ambitions des autres grands footballeurs du continent dans la gestion des affaires de l’Etat?

La gégende du football, George Weah, devenu président du Liberia peut être un modèle à suivre pour Eto’o et les autres

Selon le footballeur français Emmanuel Petit qui a côtoyé le nouveau président du Liberia, celui-ci est comme le caïman qui s’adapte à la fois à la vie aquatique et terrestre. «Quand George Weah est arrivé à Monaco, il avait le look de l’Africain vêtu en boubou et chaussé de babouches. Il n’était pas vraiment européanisé, mais ne semblait pas du tout dépaysé. Doux, calme, il devenait ensuite intenable sur un terrain. George respirait le foot. Et il s’est très rapidement adapté», a-t-il révélé. Un témoignage qui en dit long sur les qualités de l’homme et sur ses capacités d’adaptation. Ces atouts ont dû l’aider dans son parcours politique. Un métier dans lequel les plus forts écrasent souvent les plus petits. Son expérience peut donc être utile, sinon servir de leçon aux autres grands footballeurs du continent qui hésitaient jusque-là à faire de la politique dans leur pays respectif. Dotés de moyens colossaux, très populaires et souvent impuissants face aux agissements de leurs dirigeants à l’égard de leur peuple, les talentueux footballeurs de l’Afrique comme Samuel Eto’o, Didier Drogba, Emmanuel Adébayor,… pourraient bien être tentés d’imiter George Weah pour sauver leurs concitoyens des griffes de certains dinosaures accrochés au pouvoir ou abonnés à la mauvaise gouvernance.

Argent, gloire, pouvoir: Eto’o, Drogba, Adébayor, sont aussi  influents que les présidents de leurs pays

Eto’o fils est plus qu’un simple joueur. Joueur parmi les mieux payés au monde – il avait un salaire de 60 millions de dollars, Eto’o est aussi connu dans son Cameroun natal pour ses nombreuses œuvres de bienfaisance. De l’immobilier au caritatif, il entreprend beaucoup dans son pays. Des générations se souviendront qu’il est le propriétaire de Eto’o Télécoms.

Samuel Eto et le président Paul Biya

Il ne faut pas oublier que le football au Cameroun a indiscutablement des répercussions sur la politique. Même s’il a des détracteurs, Samuel Eto’o Fils est une personne incontournable au Cameroun. Les rumeurs le donnent même candidat aux futures élections présidentielles.

Drogba sollicité pour la paix en Côte d’Ivoire. Tout sourit à Didier Drogba. Les retours de l’ancien Marseillais donnent toujours place à des scènes de liesses populaires dans la capitale ivoirienne. La nomination de Didier Drogba au sein de la Commission Vérité et Réconciliation en Côte d’Ivoire est la preuve que même les autorités politiques ivoiriennes ont bien conscience de l’influence de la star pour rallier le peuple, quel que soit leur bord, à la cause de la réconciliation nationale nécessaire à la reconstruction d’une Côte d’Ivoire déchirée par dix ans de guerre civile.

Le président Alassane Ouattara et Didier Drogba

Arrivé au pouvoir en avril 2011 à la suite d’une violente crise post-électorale, le président Alassane Ouattara (élu avec près de 60 % des voix) a contre lui, pour ainsi dire, 40% des Ivoiriens pro-Gbagbo. Par contre, lorsque Drogba marque un but dans son club ou en sélection, c’est toute la Côte d’Ivoire qui est derrière lui. Les supporters ne se réclament pas du Nord ou du Sud. Dire que Drogba est plus influent qu’Alassane Ouattara ne serait pas un abus.

Emmanuel Adébayor: l’élément fédérateur des Togolais. Il faut reconnaître tout de même que la politique a souvent divisé les Togolais, comme c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays africains. Les périodes électorales riment généralement avec des scènes de violences, chacun se réclamant de tel ou tel bord politique.

Mais lorsqu’on en vient au sport, chacun jette sa couleur politique pour n’implorer que la grâce divine en faveur d’une victoire des Éperviers. L’amour, la passion des Togolais pour leur équipe nationale va surtout se manifester en 2005 quand contre tous les pronostics, le Togo se qualifie pour la Coupe du monde. Une grande première dans son histoire. Et l’artisan de cette victoire historique s’appelle Emmanuel Adébayor. Dès lors, on ne parle que de lui. En dépit de ce que certains appellent «les caprices» de l’attaquant, Adébayor reste une idole pour les Togolais, non pas pour les billets de banque distribués ici et là, ou parce qu’il a financé la construction d’un stade au centre du pays ou même pour ses autres nombreuses actions caritatives tant au Togo qu’à l’extérieur. Mais parce que tout simplement, il se révèle comme le joueur par qui l’histoire du football togolais commence véritablement à s’écrire.

Emmanuel Adébayor et le président Faure Eyadéma

George Weah peut donc être le modèle car si les chefs d’Etat ont l’argent, le pouvoir; les joueurs ont l’argent et la gloire. Argent et pouvoir d’une part, argent et gloire d’autre part, quel est l’ensemble idéal qui confère à l’homme l’estime et le respect des autres?

Ce qu’il faudrait en plus

Si les autres grands footballeurs ont les moyens financiers, l’admiration de leurs concitoyens et la gloire comme George Weah, le nouveau président libérien a dû mettre à profit d’autres atouts pour réussir.

D’abord il aime, adore et défend son pays. A titre d’exemple, en 1996, quand il s’était prononcé publiquement en faveur de l’intervention de l’ONU pour mettre fin à la guerre civile. Charles Taylor lui avait répondu par la violence: des miliciens avaient incendié sa maison et violé deux de ses cousines.

Ensuite, né à Clara Town, l’un des quartiers les plus pauvres de la capitale, membre de l’ethnie Krou, l’ex-star du ballon rond a toujours eu un amour de prédilection pour les plus démunis. Il l’a lui-même confié: «enfant il vendait chewing-gums, pop-corn et autres sucettes pour survivre». Pour dire qu’il comprend les pauvres. Ainsi son attachement et sa fidélité aux gens du bas peuple a révélé un homme de cœur, un humaniste, un compatissant généreux. Et quand tu te fais l’homme du peuple, celui-ci te rend la monnaie. Comme quoi le pouvoir ne se conquiert pas seulement avec de l’argent et le nom, mais aussi avec des valeurs humaines comme la solidarité, l’humilité, la compassion, la compréhension…

Théophile MONE

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