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Gestion durable des terres: un impératif de survie pour le Burkina

Des hectares de terres exploitables du Burkina Faso sont perdus par an, du fait de la dégradation. Pays enclavé et fragile face aux changements climatiques, le Burkina a une économie dont la structure est essentiellement basée sur son capital «terres». Malheureusement, sous les effets conjugués de l’action du climat et de l’action anthropique, ce capital subit une dégradation inquiétante, mettant en péril le développement socio-économique et l’avenir même du pays, d’où la nécessité d’en trouver des solutions.
La gestion durable des terres est une des conditions majeures du développement durable du Burkina. Cela n’est qu’un secret de polichinelle, quand on sait que la terre constitue la principale source de survie des populations de ce pays.

Des terres dégradées en train d'être réhabilitées.
Des terres dégradées en train d’être réhabilitées.

En effet, l’agriculture, l’élevage et la foresterie mobilisent 85% de la population et génèrent 2/3 des richesses nationales. Puis, 34% du territoire, soit 9 234 500 hectares des terres de production, sont dégradés du fait des activités humaines telles que l’agriculture, la divagation des animaux, la tenure, la coupure abusive des arbres. Ce qui entraine, entre autres, la perte de fertilité des terres, la disparition du couvert végétal, la fragilisation des écosystèmes, l’appauvrissement de la diversité biologique, l’accentuation des changements climatiques et l’insécurité alimentaire.
A cela s’ajoute la multiplication des conflits entre agriculteurs et éleveurs liés aux mouvements des hommes et du bétail comme les migrations, la transhumance et le nomadisme. Une situation née d’un manque de volonté politique, au regard du manque de coordination des actions de développement, de l’insuffisance de mise en œuvre de la politique et la législation foncières nationales qui, pourtant, devraient permette en milieu rural surtout, le contrôle de la tenure et de l’affectation des terres.
A ces difficultés s’ajoutent la faible capacité d’intervention des acteurs en manque de compétences et de moyens de travail sur le terrain. Ce, en dépit de la ratification de plusieurs conventions en matière d’environnement, de la révision du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) en 2003 intégrant des préoccupations d’environnement prises en compte dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), puis de l’adoption récente d’un régime foncier rural qui souffre d’un manque de communication.
La solution passe nécessairement par la promotion du développement durable qui s’efforce de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. Pour ce faire, il faut une participation effective des différents acteurs à travers des cadres de concertation au niveau national, provincial et local, des réformes institutionnelles, politiques et réglementaire. La promotion des techniques d’utilisation des terres et de régénération des sols basées sur des savoirs locaux ainsi que sur des pratiques novatrices, la mise en place d’un mécanisme de financement durable des activités de gestion durable des terres dans le pays ainsi que la promotion des bonnes pratiques et des échanges d’expériences en matière de transfert de technologies de gestion entre acteurs burkinabè et avec d’autres partenaires de la sous-région s’avèrent indispensables.
En un mot, la dégradation de ce capital «terres» met en péril toute l’économie et partant la stabilité socio-politique du pays et par conséquent sa gestion inscrite dans la durée est une des conditions de survie pour le Pays des Hommes intègres.
Omar Compaoré

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