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Gomtibo manque de bonnes manières hygiéniques

Il devrait être bourré, le Gomtibo. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi, après s’être goinfré d’un poulet légendaire, il peut balancer le plateau dans lequel il venait de manger par terre avec fracas, suscitant au passage des regards. Nè Wendé!

Mais c’est peut-être une manière aussi de manifester sa joie d’avoir ‘’déchiqueté’’ ce poulet rôti qu’on ne trouve que chez les gens aux orteils écartés à Koulouba. Leur pater, qui a rejoint leurs aïeuls, a appelé sa recette «les poulets légendaires du Boulougou depuis… 1957»! Bien avant la proclamation de la République de Haute-Volta et son indépendance. Nè Wendé!

C’est cette recette que les enfants essaient de garder jalousement et qui grève les poches des faroteurs de Ouaga. Pour ne pas se faire gronder par Madame la Ministre de l’Intérieur lorsque Monsieur a trainé dans les gargotes ou les ‘’six-mètres’’ lugubres le soir, il s’empresse de faire un tour à Koulouba pour se procurer un ‘’sachet noir’’. Nè Wendé!

Un autre, pour rentrer dans les bonnes grâces de la gounda par temps de fraîcheur, lui raconte qu’il arrive chez elle dans un instant mais qu’il va d’abord passer par Koulouba. La vache, qui ne peut plus tenir lorsqu’on lui parle de poulet du Boulougou, accepte cette visite impromptue quand bien même elle n’est pas… disposée. Nè Wendé!

Bref. Revenons à notre Gomtibo et à son manque d’hygiène. Car ils sont nombreux, les Burkinabè qui font dans le dégueulasse. Après avoir mangé dans les plateaux et autres plats dans les restaurants ou coins viandeux et poissonneux sombres de la ville, ils jettent ces vaisselles par terre, à la merci des chats et autres chiens galeux errants qui vont jouer les plongeurs en les léchant proprement. Nè Wendé!

A la prochaine tournée, ils viendront manger, eux et les autres, dans ces mêmes récipients rincés sommairement dans une eau à la propreté douteuse. Pouah! Inutile de parler de la propreté de ces coins si bondés en pleine journée ou la nuit tombée. Tout le monde voit la crasse mais personne ne s’en émeut. Il paraît que c’est cela qui ajoute au goût des bouillons de cuisine. Nè Wendé!

Dans les ‘’restaurants par terre’’ ou ‘’restaurants qui me connaît’’, on se lave les mains, on mange et on abandonne les plats dans là où l’on s’est assis. Mêmes calés sur un banc au bord d’une table, il y en a qui laissent les lave-mains pour mouiller le sol, il y en a qui évitent la table pour jeter les os par terre. Leurs ‘’gueules’’ ressemblent à de véritables moissonneuses-batteuses! On envoie le morceau dans la bouche et la langue et les dents se débrouillent pour faire le boulot: la viande dans la panse et les os refoulés par terre. Comme s’ils allaient faire autant s’ils étaient dans leur salon. Nè Wendé!

Après ce geste donc et après avoir avalé une longue rasade de Brakina relookée, Gomtibo a roté bruyamment avant de se diriger vers les toilettes. De là-bas, on l’entendait renâcler, se racler la gorge et cracher de toutes ses forces et se moucher. Le comble de cette séance nauséabonde est qu’il s’est mouché et a craché dans le couloir contre les murs. Même pas intelligent d’utiliser les toilettes. Nè Wendé!

D’autres, mêmes parvenus aux toilettes, vont faire la même chose: crachats et morves contre les murs, crachats mélangés de colas dans les bacs qu’on ne prend pas le soin de nettoyer à l’eau. C’est insupportable pour des cœurs légers! Nè Wendé!

Moi je préviens que je vais abattre le premier zig qui va faire ces conneries dans mes oreilles et dans ma vue. Nè Wendé!

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