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Gouvernement Christophe Dabiré : l’opposition politique y va de ses analyses

L’opposition politique se prononce sur la nomination du premier ministre Christophe Dabiré et le choix de son gouvernement.Ce 24 janvier 2019, la réaction de l’opposition ne s’est pas fait attendre juste après la formation du premier gouvernement de Christophe Marie Dabiré. Eddie Komboigo a, au nom de l’opposition politique fait une déclaration sur le dit évènement à l’ancien siège du CDP à Ouagadougou. Si le parti au pouvoir se félicite de la formation d’un gouvernement équilibré, du côté de l’opposition, la réaction est plutôt mitigée. Elle estime que le gouvernement n’a pas beaucoup changé. Pour l’opposition politique ce gouvernement « ne répond pas aux attentes du moment ».

le Président du CDP se prononcant sur le nouveau gouvernement

Le président du CDP M. Eddie Komboigo porte-voix de l’opposition le dit :« Nous avons constaté avec vous le changement du gouvernement, un nouveau Premier ministre qui est un ancien ministre du Président Compaoré. Nous avons suivi avec vous également la liste des membres du nouveau gouvernement. Certes, il y’a des changements, mais pour nous le gouvernement est resté intact ». Pour lui, il n’y a pas eu beaucoup de changement. «Nous leur avons demandé de trouver un gouvernement qui répond aux attentes des populations, c’est-à-dire un gouvernement ou le quota genre sera pris en compte, un gouvernement où on mettra les hommes qu’il faut à la place qu’il faut, un gouvernement d’action qui puisse arrêter les guerres que nous subissons actuellement à nos frontières. Nous avons suivi la liste des membres du gouvernement, nous constatons plutôt que c’est une chasse aux sorcières » s’est-il indigné. De sa propre analyse à-t-il ajouté « Je crois qu’il faut respecter la mémoire de Feu Salifou Diallo. En effet, nous avons constaté que ces hommes ont été chassés du gouvernement. Il s’agit du ministre des finances, du ministre de la jeunesse, du ministre de l’agriculture et de celui de la santé. Nous avons également constaté le départ des pro Simon. Lui-même est parti, Clément Sawadogo est aussi parti. Le ministre délégué à la décentralisation n’est plus dans le gouvernement.

Nous pouvons conclure donc à tort ou à raison, qu’aujourd’hui le Président Roch s’affirme en disant ‘’c’est mon gouvernement’’ » a-t-il déclaré.  Celui-ci s’étonne même « nous pensions que ce serait un gouvernement plutôt d’union ». Mais le constat est là, « nous n’avons pas été consulté ni concerté. Il n’y a eu aucune concertation ni avec le chef de file de l’opposition ni avec les partis de l’opposition, donc à regarder la configuration du gouvernement, nous ne voyons pas de changement significatif qui présage un changement de gouvernance au Burkina Faso. Nous les jugerons sur le terrain »à-t-il promit.

Par ailleurs sur l’appartenance politique du nouveau Premier ministre, Eddie Komboigo clarifie les choses :« Le Premier ministre fut un excellent ministre du Président Compaoré. Il était un militant du CDP, même s’il s’était éloigné des colonnes du CDP. Depuis que nous tenons nos réunions, depuis 2015, nous ne l’avons jamais vu au siège du CDP. Nous n’avons reçu aucune lettre de démission de sa part. Je pense que s’il était parti, ça manque un peu d’élégance. Et s’il est nommé sous la bannière du CDP, je pense que la première des choses, c’était de saisir la direction du parti. Nous n’avons pas été saisis, donc nous estimons qu’il est parti en tant que Christophe Dabiré. Pour nous, parti d’opposition, s’il y’a un apport qu’il faut pour que ce gouvernement réussisse afin que les armes se taisent et que l’économie soit relancée, nous sommes toujours prêts et ouverts Mais nous ne sommes pas prêts pour aller à la compromission » mentionne-t-il.

Sur les nouveaux venus au gouvernement au poste respectifs de chargés de défense et de la sécurité, l’opposition est septique par rapport à leur capacité à tenir les reines des dits institutions. Eddie Komboigo au nom de l’opposition le fait savoir :« Si au niveau de la sécurité, un certain Compaoré ousseni, qui est un gendarme à la retraite, a été appelé en rescousse, on peut dire qu’il a encore du reste pour ce qui concerne sa spécialisation dans la sécurité.

Pour ce qui concerne la défense, il s’agit de Sy Cherif, un ancien journaliste. On se demande bien quelle qualification il a pour diriger un département comme la défense ? ». D’ailleurs celui-ci ne le cache pas : «  Je suis un peu inquiet quand on sait ce qui se passe actuellement (insécurité). A ce niveau-là, il fallait trouver des spécialistes. A ce niveau, nous ne sommes pas du tout satisfait, car c’est cet homme qui a été à la base, après les évènements des 30 et 31 octobre de la loi d’exclusion, dite loi Cherif. Du coup, avec une telle configuration, on se demande si ce gouvernement ira à la réconciliation et s’il n’y a pas de réconciliation, nous aurons du mal à gouverner ce pays » a-t-il déploré.

Propos recueillis par Hamadou Ouédraogo

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