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La grande révélation de Nongma Ernest sur Blaise Compaoré

Le temps efface les traces, mais il n’effacera jamais la vérité vraie. Tout ou presque aura été fait pour jeter le capitaine Thomas Sankara et la Révolution burkinabè dans les oubliettes. Mais tel le sphinx, la mémoire de Tom Sank revenait toujours aux devants de la scène. A l’occasion de l’anniversaire des 30 ans de la disparition tragique du capitaine Thomas Sankara et 12 autres qui lui étaient proches, le ministre de la Sécurité du temps de la Révolution, Ernest Nongma Ouédraogo, a fait chez nos confrères de Radio Burkina une grande révélation sur Blaise Compaoré. Oui, après avoir dirigé les commandos qui ont installé la Révolution, il fallait dans la nuit du 4 août 83 lui trouver un président. Et qui a levé la main pour être le président du CNR ? Ce n’est pas le capitaine Thomas Sankara, mais Blaise Compaoré. Malheureusement pour lui, il a été proprement descendu par les groupuscules communistes qui constituaient le noyau du CNR.

Ernest Nongma Ouédraogo, le ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité du capitaine Sankara

Le plébiscite qu’il croyait avoir a été mis à mal et les uns et les autres ont proposé le capitaine Thomas Sankara pour être le président du CNR et du pays. C’est ainsi que Blaise Compaoré a compris que son heure n’était venue. Il a donc décidé de faire profil bas, tout en fourbissant ses armes pour reprendre ce qu’il  avait perdu.

Depuis cette nuit, le sort de Thom Sank était scellé. Lui-même le savait et beaucoup d’autres personnes le savaient aussi… Blaise Compaoré a donc poussé le président du CNR à la faute. Des confidences, les décisions les plus dures ont toujours eu l’aval de Blaise; même si Thom Sank pensait qu’il fallait les édulcorer, lui insistait pour frapper fort.

L’exemple qui revient souvent est celui du licenciement massif des enseignants grévistes. L’amitié Sankara-Blaise était en fait bancale. Seul Sankara y croyait, mais Blaise, lui, attendait seulement le bon moment pour asséner le coup fatal. C’est ce qui explique le carnage du 15 octobre 87…

La stratégie était simple: la première fois, j’ai été coiffé au poteau au bénéfice de Thomas Sankara; on ne m’y reprendra pas une seconde fois. Le choix était donc clair, c’était la solution finale. Si le capitaine ne vit plus, qui pourra m’empêcher de régner ? Ses partisans ne pourront pas continuer la lutte en sachant qu’il est mort. Souvenez-vous: les premiers mots de Blaise Compaoré quand il est sorti de sa cachette le 19 octobre après le massacre du 15 octobre ont été: «C’était lui ou moi…» Souvenez-vous également que l’objectif de ce massacre était de rectifier la Révolution qui déviait vers la droite. Souvenez-vous que lors de l’an 4 de la Révolution à Bobo, Sankara avait dit qu’il fallait arrêter le train qui est parti trop vite pour embarquer ceux qui ont été laissés à quai…

Ousmane Hébié

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