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Grève des enseignants: les larmes d’un enseignant vacataire

La grève des enseignants fait des malheureux dans le milieu même de l’enseignement. Nous en avons rencontrés deux dont l’un raconte leur calvaire, les larmes aux yeux.

Les temps sont durs pour certains enseignants surtout vacataires

Depuis la mi-novembre 2017, les grèves des enseignants du public se sont succédé aux débrayages des élèves. On assiste désormais à une nouvelle forme de revendication: des élèves mais aussi des enseignants du public qui délogent des enseignants du privé afin de grossir les rangs des grévistes.

Ces différents mouvements ont impacté le fonctionnement des établissements publics et privés, les volumes horaires, toutes ces choses qui ont des conséquences sur la paie des enseignants vacataires. C’est le cas de celui-ci qui officie dans des établissements publics et privés. Vous doutez bien qu’il souhaite garder l’anonymat de peur de représailles. Sa paye est donc fonction du nombre d’heures de cours dispensé. Il tire donc l’essentiel de son revenu durant les 8 mois que compte l’année scolaire, avec des hauts et des bas.

Si, dans le privé, il démarre les cours dès le début du mois d’octobre, tel n’est pas le cas au niveau du public. Généralement, c’est dans les mois de novembre, janvier, février et avril qu’il maximise ses revenus parce qu’au mois de décembre, les élèves désertent les classes pour commémorer les assassinats de l’élève Flavien Nébié et du journaliste Norbert Zongo, sans compter la semaine de congés du premier trimestre.

Le mois de mars est aussi concerné par les congés du second trimestre. En mai, de nombreux établissements arrêtent les cours dès le 15 du mois. Le mois de juin étant consacré aux examens, il ne peut espérer le moindre revenu s’il n’est pas concerné par la correction.

Dans une année scolaire normale, il arrive à se procurer une moyenne de 300.000 FCFA par mois de revenu sur lesquels il fait des économies pour la période des vacances. Mais depuis le début de cette année scolaire, il n’arrive plus à obtenir la moitié de cette somme et pour cause.

Le mouvement des enseignants a commencé au mois de novembre. Les établissements publics sont restés fermés pendant plus de 7 jours. Les grévistes ont sillonné les établissements privés pour empêcher la tenue des cours. Au mois de décembre, outre les enseignants, les élèves sont rentrés dans la danse. Ce dernier dit avoir perçu 86 000 FCFA en fin décembre sur une prévision d’environ 200 000 FCFA. Il va sans dire que les fêtes de fin d’année se sont mal passées chez lui, puisqu’il faut honorer ses engagements primaires que sont le loyer et les frais de consommation courante. A l’inverse, les grévistes du public ont perçu l’intégralité de leurs salaires.

Voilà que le mois de janvier commence avec ces grèves du public qui obligent leurs camarades du privé à cesser toute activité. C’est un homme au bord des larmes qui a raconté son histoire. Il n’est pas le seul dans cette situation parce que les enseignants du privé sont plus nombreux que ceux du public.

Il faut une issue à cette situation afin de sauver l’année scolaire et de permettre aux enseignants du privé de vivre.

Parce que dans la galère des galériens, il y en a encore plus dans la galère…

A.T.

 

Un commentaire

  1. dans la plateforme il est demandé à l’État à faire respecter les cahiers de charge par les promoteurs d’établissements privés. si cela aboutit, ce professeur pourrait devenir un permanent et avoir un salaire 12 mois sur 12 plutôt que d’être toujours exploité comme dans le cas présent. les cahiers de charge obligent les privés à avoir des vacataires permanents déclarés à la caisse et payés suivant la réglementation en vigueur. les syndicats le demandent parce que cela y va de la qualité de l’éducation au Burkina. Que les vacataires du privé ne s’imaginent donc pas que ce sont les enseignants du public qui profiteront des luttes actuelles!

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