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Grève des syndicats du MINEFID: fini le temps de la défiance, le gouvernement sanctionne dans la fermeté

La ministre de l’Economie et des Finances a fait au Conseil, le point de la grève au niveau de son département. «Le conseil a donné deux instructions: que les retenus sur salaire lié au fait de grève soient appliqués pour tous ceux qui ont fait la grève et que le point soit fait sur ceux qui ont refusé de répondre aux réquisitions, afin que les sanctions administratives prévues dans ce cas leur soient appliquées», a révélé Rémis Dandjinou, le ministre de la communication, à l’issue du Conseil des ministres du 11 avril 2018.

Cette détermination de l’Exécutif à se faire respecter est une nouvelle stratégie face à un nouveau bras de fer entre les syndicats du ministère de l’Economie et des finances et le gouvernement. Dans une situation où chaque camp campe sur ses positions, il faut bien que l’employeur montre enfin ses muscles. Ce message de fermeté peut mal passer auprès des syndicats, mais les populations, las des interminables grèves qui sapent les fondements de notre économie déjà fragile, le soutiennent. Certes, le principe face aux grèves est le dialogue et la négociation. Mais face à l’égoïsme, l’intransigeance et l’orgueil des syndicats, le gouvernement n’a pas d’autres choix que de faire respecter les lois. Ainsi, la pression va monter avant que les concertations ne soient envisagées avec beaucoup plus de respect et de réalisme. Le gouvernement ne cherche pas l’affrontement. Mais le temps du chantage et de défiance est révolu.

La fermeté du gouvernement face à la défiance des syndicats est bien accueillie par les populations qui en ont mare des grèves à répétition et des revendications catégorielles

Depuis son accession à la gestion des affaires publiques de l’Etat suite aux élections de novembre 2015, le gouvernement du Burkina Faso fait face à des mouvements sociaux récurrents sans précédent. Leurs conséquences sont désastreuses pour le pays en termes de perte de ressources financières pour le développement. Malgré tout, le gouvernement a toujours fait des concessions aux syndicats dans le seul but d’éviter une crise sociale inutile et paralysante. Personne n’y gagne! Une posture mal comprise et qualifiée de faiblesse du gouvernement par les populations; surtout qu’à chaque grève les syndicats se montrent toujours inflexibles.

Maintenant les Burkinabè, heurtés et choqués par l’égoïste des syndicats de l’économie et des finances approuvent la fermeté du gouvernement. Car leur entêtement à se servir plutôt qu’à service l’Etat est une provocation. Ils ne voient que leurs intérêts catégoriels et se fichent éperdument des règles qui régissent les grèves et la république. Dans ces conditions, le gouvernement se doit d’agir avec poigne pour éviter l’anarchie. Surtout que la côte d’alerte est atteinte selon la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement répondant à une question orale le 23 mars dernier à l’hémicycle sur les revendications des fonctionnaires de l’Etat et particulièrement ceux du MINEFID. Elle a sonné le tocsin en avouant que le budget national pourrait connaître des tensions de trésorerie à cause de la résurgence des mouvements sociaux, entre autres.

D’où la nécessité d’éviter que le budget national ne devienne un outil de fonctionnement au seul bénéfice des fonctionnaires aux dépens de l’investissement qui produit de la richesse. Dans ce sens, les organisations syndicales doivent revoir leurs copies et négocier avec lucidité et sens de responsabilité avec l’Etat. A défaut, l’Etat, au nom de l’intérêt général et des lois qui régissent notre pays, doit bander ses muscles et montrer qu’il y a une limite à toute chose.

Par ailleurs, les Burkinabè et surtout les syndicats doivent cesser d’être dans l’insurrection permanente et quotidienne et travailler main dans la main à sortir le pays des affres du sous-développement. Evitons que le budget national soit la vache laitière d’une catégorie de fonctionnaires qui naviguent entre fonds communs et salaires. Il y a injustice sociale dans la mesure où d’autres catégories de fonctionnaires se contentent de la portion congrue.

Les syndicats du ministère de l’Economie en grève le 04 avril dernier

Trouver une solution aux Fonds communs qui divisent

Il est impératif pour le gouvernement de revoir froidement les fonds communs et leur mode de fonctionnement et de distribution qui enfreignent la justice sociale et classifient les fonctionnaires en deux catégories: ceux qui manipulent l’argent des Burkinabè et qui pensent qu’ils ont du mérite. Ils se font servir des primes mirobolantes tout au long de chaque année civile depuis une dizaine d’années sous le prétexte d’être les gardiens du trésor burkinabè.

A côté des privilégiés, il y’a les agents de production qui n’en profitent guère comme les autres. Ceux-là se contentent des prêts bancaires pour engager leurs projets de toutes natures avec leurs contraintes alors que des privilégiés attendent allègrement et semestriellement leurs primes exonérées de toutes taxes pour en jouir. Ce n’est pas juste.

Tous les fonctionnaires burkinabè sont méritants à bien des égards et doivent bénéficier également de primes au nom de la justice sociale. Ce n’est pas pour rien que la Constitution burkinabè stipule dans ses dispositions que «les Burkinabè naissent libres et égaux».

Pour ce faire, le gouvernement burkinabè doit agir et vite au nom de la raison d’Etat et mettre un terme à cette cupidité organisée qui met à mal les finances burkinabè et divisent les Burkinabè. Le gouvernement doit agir en tant que puissance publique. Il faut mettre fin aux chantages de la coordination des syndicats du ministère de l’Economie et des Finances et du Développement. Autres temps, autres mœurs. L’Etat doit s’affirmer et édicter de nouvelles règles de jeu visant à circonscrire cette gloutonnerie. Le dialogue doit toujours prévaloir certes, mais le gouvernement doit toujours faire montre de fermeté. L’intérêt supérieur du Burkina et des Burkinabè doit primer avant toute considération.

Les Burkinabè ne sont plus prêts à vivre la surenchère pour des intérêts purement corporatistes. Au gouvernement de montrer que le pays est gouverné! Fini le temps de la défiance. Place à l’équité et à la justice sociale.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. D’accord avec vous!

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