Accueil » Edito » Grèves dans la Fonction publique: le terrorisme et l’insécurité alimentaire sont les 2 grandes priorités du moment

Grèves dans la Fonction publique: le terrorisme et l’insécurité alimentaire sont les 2 grandes priorités du moment

Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a enregistré 75 jours de grèves entre 2016 et 2017. Face à la recrudescence des mouvements sociaux, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris la mesure de reformer le système de rémunération des agents publics afin d’éviter les traitements au cas par cas. Et pendant qu’une partie des syndicats refusent de participer aux débats, certains observent des mots d’ordre de grève pour exiger la satisfaction de leurs revendications. Tout cela se passe dans un pays qui enregistre des attaques terroristes à répétitions. Ce même pays qui doit faire face à une crise alimentaire.

Pendant que le terroristes imposent leur menace (ph VOA)…

Les attaques terroristes ont causé la mort de plus de 180 personnes et endeuillé plusieurs familles. La députée Juliette Bonkoungou a proposé au Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, lors de son passage à l’Assemblée nationale le 12 avril 2018 pour son discours sur la situation de la Nation, de créer un fonds de soutien aux familles des victimes de ces attaques. Le Premier ministre a reconnu la pertinence de cette proposition et affirmé que son gouvernement travaillera pour l’opérationnalisation de ce fonds. Dès qu’il sera mis en place, il faudrait de l’argent pour l’alimenter afin de servir les familles des victimes des attaques.

Ces attaques ont également causé le déplacement de personnes, conduit à la fermeture de 216 salles de classes et privé plus de 24 434 élevés de l’éducation, selon les chiffres fournies par le Premier ministre. Une solution urgente doit être trouvée pour ces Burkinabè qui n’ont pas demandé à subir cette injustice. Et il faut de l’argent.

Le Premier ministre a estimé à 4 063 198 tonnes, la production céréalière définitive de la campagne agricole 2017/2018. Cette production connaît une baisse de 11% par rapport à la campagne agricole passée. L’analyse de ce bilan fait ressortir un déficit brut global estimé à 477 448 tonnes avec 22 provinces déficitaires, 8 provinces en équilibre et 15 provinces excédentaires. Pour faire face à ce problème, un plan de réponse d’un montant de plus de 68 milliards de francs CFA a été élaboré. Cette somme devrait soutenir plus de 2,6 millions de personnes exposées à l’insécurité alimentaire.

Le dernier Conseil des ministres a également décidé de débourser plus de 15 milliards et demi de nos francs pour soutenir les cotonculteurs de la zone Sofitex dont les récoltes n’ont pas été à la hauteur des attentes.

…les syndicats prennent la rue pour revendiquer (ph Burkina Demain)

Où trouver tout cet argent?

Une fois de plus, le Burkina Faso est obligé de tendre la main vers les partenaires extérieures pour se protéger et nourrir ses enfants. La Défense, la Sécurité et l’Alimentation sont des questions de souveraineté. Au lieu de retrousser les manches et travailler à produire de la richesse, des Burkinabè vont en grève. Et une minorité (les fonctionnaires) veut se partager les richesses au détriment des autres. Rien que les 55 milliards de francs CFA de fonds commun distribués aux agents du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement en 2017 pouvaient régler une partie des questions alimentaires et sécuritaires.

Mais les agents bénéficiaires n’entendent rien lâcher au moment où d’autres frères souffrent. C’est dans ce contexte que des syndicats comme celui de l’Action sociale observent une grève de 96 heures, après celui du ministère des Affaires étrangères qui réclame le départ du directeur de cabinet. Et ce sont ces mêmes syndicats qui crient tout haut que le pays est mal géré. Les mêmes qui dénoncent la présence des forces étrangères au Burkina mais ne sont pas prêts à se sacrifier pour défendre la patrie. Les Burkinabè, le gouvernement en tête, doivent savoir ce qu’ils veulent.

Comment peut-on assister au désastre causé par terrorisme au Sahel et de l’insécurité alimentaire tout en exigeant des avantages pour soi? En principe, un effort de guerre devrait être demandé pour financer la lutte contre le terrorisme et nourrir les frères qui ont faim. Le terrorisme et l’insécurité alimentaire sont les deux grandes priorités du moment. Le gouvernement doit travailler à résoudre en priorité ces deux problèmes avant de penser aux autres.

Les Echos du Faso

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *