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Gros postérieur: le rêve de nombreuses jeunes filles et femmes

La femme africaine, à la différence de l’européenne, est bien connue pour ses formes généreuses. Si certaines ont été bien dotées par la nature, d’autres, par contre, usent d’ingéniosité pour élargir leurs formes. Dans cette recherche effrénée d’un gros postérieur, certaines n’hésitent pas à utiliser des suppositoires ou huiles de massages, des comprimés, des sirops… Pour en savoir davantage sur les raisons qui poussent les jeunes filles et femmes à utiliser ces produits, nous avons mené une petite enquête dans la ville de Ouagadougou.

Un exemple de sirops bus pour avoir un bobaraba

La mode des postérieurs bombés a pris de l’ampleur ces dernières années au Burkina. On assiste à la vente de tout genre de produits dont les commerçants vantent le plus souvent les effets miraculeux. Ces médicaments esthétiques, de plus en plus utilisés par les jeunes filles et les femmes, attirent par les beaux noms «Bobaraba en deux semaines», «pommade hanche-fessier» et les belles images. Sur les blogs, les forums de discussion et les réseaux sociaux, les pages consacrées à ces recettes miracles ne se comptent plus. Il suffit de voir le nombre d’intervenants sur ces pages pour comprendre que ces produits se vendent bien.

Exposés également dans les marchés en plein soleil et dans la poussière avec des emballages souvent abimés, ces produits sont facilement accessibles sans prescription médicale et se vendent bien, à en croire un vendeur rencontré au marché de Pag-layiri. Selon lui, les médicaments proviennent généralement du Ghana, de la Côte d’Ivoire, de la Chine et de l’Inde.

Converti en pharmacien, ce vendeur propose plusieurs gammes de ses produits en fonction des attentes de ses clientes. «Il y a le sirop Bobaraba qui coûte 3000 F et les compléments alimentaires à 2 500F. Pour les femmes qui veulent les résultats d’ici deux à trois semaines, je leur conseille le mélange, c’est-à-dire le sirop Bobaraba et le complément alimentaire. Mais pour celles qui ne sont pas pressées et qui veulent attendre un à deux mois, je leur conseille de prendre uniquement le sirop», a-t-il expliqué, notant au passage qu’il y a certaines filles qui mélangent le sirop bobaraba avec le dafourba (produits destinés aux animaux, mais utilisés par certaines femmes comme vitamines pour grossir). «Mais avec ce produit, quand tu prends la forme, tes joues se gonflent et on sent que ce n’est pas nature », a-t-il fait remarquer.

Interrogeant le soi-disant pharmacien sur l’efficacité de ces produits et ses effets secondaires, il a répondu avec assurance: «C’est très très efficace, car la plupart des clientes reviennent avec leurs amies. Aussi, il n’y a pas du tout de conséquences car ces produits sont faits à base de fruits», a-t-il lancé.

La recherche effrénée d’un «gros popotin» doit-elle pousser les jeunes filles et les femmes à se lancer dans cette aventure? Il faut croire que oui, à en croire A. L., âgée seulement de 20 ans. «Mince de nature, j’ai toujours eu un complexe. J’ai essayé toutes les vitamines possibles pour grossir en vain», a-t-elle révélé. Mais l’utilisation de ces produits lui a donné satisfaction car elle a maintenant la forme de ses rêves. «J’ai un gros popotin maintenant et je peux porter les habits moulants, chose que je ne faisais pas avant car j’avais des fesses plates», s’est-elle réjouie.

A l’image de cette jeune fille, des femmes mariées n’hésitent pas non plus à se procurer ces médicaments pour soi-disant empêcher leurs hommes d’aller voir ailleurs. En témoigne les confidences d’une dame qui a requis l’anonymat. «C’est vrai que mon mari m’a connue taille fine, mais convenez avec moi qu’aucun homme ne va vous dire qu’il n’aime pas les fesses. S’il le fait, c’est juste pour être poli», est-elle convaincue.

Si elles sont nombreuses à vanter les mérites de ces produits, ce n’est pas le cas chez d’autres qui n’ont pas eu gain de cause. «J’utilisais la crème hanche fessier et au début, j’avoue que j’étais très satisfaite. Mais une fois que j’ai arrêté de l’utiliser, mes fesses ont disparu et c’était le retour à la case départ», a dévoilé une coiffeuse qui a insisté sur le fait que ses fesses se sont… avachies.

Ce qu’en pensent les hommes?

Du côté de la gente masculine, les avis divergent. Pour M. X, les filles savent qu’une belle paire de fesses tremblant dans un collant ou une robe moulante excite beaucoup les hommes. Mais, même s’il reconnait aimer les grosses fesses, M. Y admet qu’il aime quand c’est naturel. «Je n’aime pas les fesses piratées parce qu’elles sont déséquilibrées. Au toucher, on sait si c’est naturel ou pas car elles sont généralement rugueuses et dures comme du béton», a-t-il commenté.

«On fait quoi avec fesses? Tout le monde fait du sport pour maigrir et certaines veulent de grosses fesses. Même au village, on fait sport pour maigrir», a martelé M. Y qui dit ne pas aimer le gros postérieur. «Avec les grosses fesses même, il est difficile de bien faire l’amour».

«Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas». Toutefois, il est bon pour tout un chacun de réfléchir avant de se lancer dans des aventures qui peuvent se révéler désastreuses.

Prochainement, nous reviendrons sur les conséquences de ces pratiques sur la santé.

Madina Belemviré

 

 

 

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