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Grossesses précoces en milieu scolaire: l’heure et grave!

Le monde entier célèbre, chaque 11 octobre, la Journée internationale de la jeune fille instaurée depuis 2012 par la communauté internationale. Cette année, en la faveur de cette journée, Plan International Burkina a décidé d’organiser une exposition de photographies produites par lui et l’UNFPA sur les grossesses précoces.

Les jeunes filles venues de plusieurs régions ont pris part à cette commémoration

Placé au cœur des échanges l’année dernière à l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, la situation de grossesse précoce et toujours d’actualité cette année. En effet, malgré les différentes actions menées par l’ensemble des acteurs qui œuvrent dans le domaine de la protection des droits de la jeune fille, force et de constater qu’au Burkina Faso, ce phénomène de grossesse précoce a la peau dure.

Une exposition de photographies en lien avec les grossesses précoces a marqué cette journée de la jeune fille…

La preuve, au cours d’une vidéo-conférence le mercredi 10 octobre 2018 entre des filles des régions du Centre-Est, du Centre-Nord et du Sud-Ouest, qui ont représenté différents responsables du pays, dont le président de l’Assemblée nationale, les ministres de la Santé, de l’Education, pour parler des grossesses précoces à l’école, il est ressorti que 6746 cas de grossesses précoces ont été enregistrés entre 2012 et une partie de l’année 2017 au niveau national.

113 cas de grossesse précoces ont été enregistrés pour l’année 2016, par les services de l’Action sociale au Centre-Nord. Toujours dans cette région, au cours de l’année scolaire 2017-2018, parmi les filles âgées de 10 à 16 ans, 176 sont tombées enceintes.

Au Centre-Sud, ce sont 116 cas qui ont été enregistrés au cours de l’année 2017 et une partie de 2018, dans les écoles. Idem pour la région du Centre–Est qui s’est retrouvée avec 200 cas pendant l’année scolaire 2016-2017.

Face à cette situation préoccupante, Viviane Sorgho, qui a incarné le rôle de la présidente de l’Assemblée nationale, a alerté: «L’heure et grave».

…dont l’ouverture a été présidée par le ministre Ouaro

Conscient de cet état de fait, Plan International Burkina a décidé, cette année, de célébrer avec d’autres partenaires, la Journée internationale de la jeune fille au Burkina, à travers une exposition de photographies en lien avec les grossesses précoces.

Cette exposition, qui va s’étaler jusqu’au 13 octobre, vise, selon le Représentant-résident de Plan Burkina, Yaouba Kiagama, à susciter davantage la réflexion et la prise de conscience sur cette question de grossesse précoce. Elle montre clairement, à entendre le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Stanislas Ouaro, les jeunes filles qui, à l’âge soit de 13 ou 14-15 ans, ont été mariées soit de force où ont été mariées de façon volontaire.

A cet effet, le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation a rappelé qu’en la faveur de la relecture de la loi sur le code pénal, il y a quelques mois, «nous avons renforcé les actions pour punir les auteurs de ce genre d’acte et surtout pour protéger la jeune fille».

Saluant à sa juste valeur cette révision du nouveau code pénal, les jeunes filles  ont émis le souhait de voir l’application effective de la loi, et aussi et surtout des moyens pour bousculer les normes sociales qui entretiennent les grossesses précoces.

Photo de famille

Campagne ‘’Aux filles l’égalité’’

En plus de cette cérémonie d’exposition de photographies, Plan International Burkina, à l’instar d’autres pays, a lancé la campagne «Girls Guet Equal» (aux filles, l’égalité) pour que chaque fille et chaque femme ait le pouvoir sur sa propre vie.

«Nous voulons l’égalité entre les filles et les garçons, partout dans le monde et spécialement en Afrique de l’Ouest. Nous voulons le leadership de ces jeunes filles», a souhaité la Directrice régionale du Sahel, Dr Fatoumata Haidara, soulignant au passage: «Si on investit dans l’éducation de la jeune fille, nous pouvons avancer dans le développement à travers le monde et nous pensons qu’en supportant ces jeunes filles dans nos familles et communautés, nous pouvons avancer dans notre  développement».

Madina Belemviré

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