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Guinée: Alpha Condé a le dos au mur

La Guinée est en ébullition. Les syndicats des enseignants et les partis politiques de l’opposition manifestent contre le pouvoir en place. Si les enseignants ont obtenu gain de cause dans la nuit du 13 mars, tel n’est pas encore le cas de l’opposition dont la manifestation du 14 mars a causé la mort de 2 personnes à Conakry.

Les élèves ont très violemment manifesté pour réclamer leur retour en classe

En Guinée, les syndicats des enseignants sont en grève depuis 5 semaines pour exiger une augmentation de salaires. En face, le pouvoir en place jouait la sourde oreille. Le président de la République, Alpha Condé, et son gouvernement refusaient cette augmentation, avançant le manque de ressources.

Face à la radicalisation des positions et les risques d’un tel mouvement sur l’avenir du système éducatif, les chefs traditionnels, les chefs religieux et les acteurs de la société civile ont été reçus le samedi 10 mars à la présidence de la République par Alpha Condé lui-même. A l’occasion, la société civile a proposé au président d’accorder 20% d’augmentation de salaires à compter d’avril 2018 mais Alpha Condé a refusé. Il n’en fallait pas plus pour enflammer Conakry.

Les lundi 12 et mardi 13 mars, les élèves et les femmes sont descendus dans la rue pour une «marche blanche». Tous vêtus de blanc, ils ont envahi la rue jusqu’aux portes de la présidence. Les élèves ont très violemment manifesté pour réclamer leur retour en classe en érigeant des barricades dans plusieurs quartiers de la capitale Conakry. Pris de panique, Alpha Condé a accepté accorder 30% d’augmentation de salaire aux enseignants à compter du 1er janvier 2018. Le paiement de cette augmentation est prévu pour fin mars.

Le président Alpha Condé

Pour avoir refusé les 20% d’augmentation avec le mois d’avril comme date de mise en œuvre, Condé et son gouvernement se voient obligés de consentir une augmentation de 30% payable à partir du 1er janvier. C’est dire qu’à la fin du mois de mars, les enseignants guinéens empocheront un pactole avec la rétroactivité de la mesure. En rappel, la Guinée est le 3eme pays producteur de bauxite dans la région du Boké, mais les populations se plaignent de ne pas profiter des retombées. Les syndicats ont suspendu leur mot d’ordre de grève. Les cours reprennent le lundi prochain.

Après les enseignants, l’opposition est rentrée dans la danse. Elle contexte les résultats de l’élection locale du 4 février 2018 publiés par la Commission électorale nationale indépendante. Elle dénonce des fraudes massives lors de ces élections. Deux personnes ont trouvé la mort lors de cette manifestation. Elle compte continuer les manifestations pour se faire entendre.

A. T.

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