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Haut conseil du dialogue social: «Au temps de nos grands-parents, personne n’était payée pour mener le dialogue social», dixit Bassolma Bazié

S’exprimant samedi à l’occasion de la présentation de vœux organisée par les organisations syndicales membres du collectif Confédération générale des travailleurs (CGTB), le secrétaire général Bassolma Bazié a noté que l’ouverture du procès sur le putsch manqué de 2015 peut être considérée comme un acquis d’étape qu’il faut mettre à l’actif du peuple Burkinabè.

Le présidium lors de la présentation de vœux

L’année 2017 n’a pas été un long fleuve pour les travailleurs. La preuve, explique Bassolma Bazié, elle a été caractérisée entre autres par la volonté manifeste du pouvoir MPP de remettre en cause les acquis de l’insurrection populaire et de la résistance héroïque, les tentatives de remises en causes des acquis des travailleurs, les tentatives d’opposer les populations aux travailleurs… Ces différentes expérimentations, a-t-il révélé, ont trouvé sur leur chemin, des militants mobilisés et intransigeants dans la défense de leurs idéaux et un peuple vigilant. «Nous avons su serrer les coudes pour qu’il n’y ait pas de germe de division au sein de ce peuple».

Les organisations syndicales membres de la CGTB ont offert un cadeau à leur SG

Cela a porté ses fruits, car en matière de la lutte contre l’impunité, le procès du putsch manqué du 16 septembre va finalement se tenir. «L’ouverture de ce procès peut être considérée comme une victoire d’étape pour le peuple burkinabè dans sa quête de justice», a soutenu Bassolma Bazié qui a dévoilé les attentes du collectif. «Nous exigeons qu’à cette occasion, toute la lumière soit faite sur ce funeste forfait, que tous les commanditaires, auteurs et complices, soient identifiés et sanctionnés et que justice soit rendue aux nombreuses victimes de ce coup d’Etat fasciste».

Il faut noter que l’année 2017 a aussi été marquée par la mise en place du Haut conseil du dialogue social (HCDS) qui a été «confectionnée selon les mots de M. Bazié en dehors du cadre de l’UAS. Réaffirmant le refus du collectif CGTB de prendre part à cette instance, il a assuré que la qualité du dialogue social n’est pas fonction de la multiplicité des structures, mais du respect de la parole donnée et de la qualité des acteurs. La preuve, avance-t-il, «nous sommes nés trouver nos parents et grands-parents et personne n’était payé pour mener le dialogue social. Mais les décisions prises étaient mises en œuvre».

Les organisations membres du collectif ont souhaité que le SG poursuive le combat pour l’élargissement des acquis des travailleurs

Cela signifie pour lui que la qualité de la parole donnée, la mise en œuvre des engagements, le fait de ne pas trahir, faisaient partis de nos valeurs intrinsèques. «Tant que nous n’allons pas revenir à ces valeurs, même si on multiplie ces structures de dialogue social dans notre pays, ce sera du gaspillage des ressources de l’Etat», est-il convaincu.

A l’en croire, si les structures comme le Conseil économique et social, la Médiature du Faso qui existent déjà ne fonctionnent pas aujourd’hui, c’est qu’il y a un manque de volonté politique réelle des gouvernants à faire en sorte que la démocratie prenne véritablement des racines. «On peut multiplier les structures à souhait, mais si un minimum de consensus n’est pas respecté, on va toujours tourner en rond et c’est dans ce jeu de dupe que le collectif syndical CGTB ne peut pas s’engager», a-t-il affirmé.

Pour cette année 2018, «nous invitons l’ensemble des travailleurs à maintenir, sauvegarder et promouvoir cette unité pour que tout germe de tentative de division, de guerre civile, de remise en cause des acquis des travailleurs, de la promotion de la médiocratie soit combattu d’où qu’il vienne».

«Une santé de fer, le courage, la persévération, la poursuite du combat pour l’élargissement des acquis des travailleurs». Tels sont les vœux des organisations membres du collectif pour leur secrétaire général.

Madina Belemviré

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