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Haut conseil du dialogue social: «Nous ne faisons pas du syndicalisme commercial», dixit Bassolma Bazié

Le collectif CGTB a déclaré qu’il ne se fera pas complice d’un dialogue creux

Le Collectif syndical de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGTB) a prévenu jeudi au cours d’une conférence de presse qu’il ne se fera pas complice d’un «dialogue creux, un dialogue de façade», faisant allusion à la mise en place du Haut conseil du dialogue social (HCDS) qui crée une polémique au niveau du mouvement syndical.

La désignation des représentants au Haut conseil du dialogue social ne fait pas l’unanimité au sein de l’Unité d’action syndicale. Et pour cause, selon le secrétaire général de la CGTB, Bassolma Bazié, la liste qui a été envoyée au ministre de la Fonction publique est un faux.

En effet, renseigne-t-il, la CGTB a reçu une correspondance du ministre de la Fonction publique invitant les organisations syndicales à désigner des représentants.  «Nous nous sommes appuyés sur le consensus qui prévaut au sein de l’UAS pour analyser la correspondance, laquelle analyse devrait permettre de dégager des représentants au nom de l’UAS en respectant un certain nombre de principes à l’endroit des autorités», a-t-il indiqué.

Malheureusement, explique-t-il, le collectif CGTB et d’autres syndicats autonomes membres de l’UAS ont été mis à l’écart dans l’élaboration de la correspondance qui a été transmise au ministre de la Fonction publique.

Le 4 septembre dernier, révèle Bassolma Bazié, la CGTB a eu une copie d’une correspondance sur les désignations des représentants du HCDS. Sans avoir la prétention d’interdire à une organisation d’écrire à qui que ce soit, Bassolma Bazié a noté que ce qui est inacceptable, c’est le fait de faire croire que la correspondance vient de l’UAS et le fait d’utiliser le sigle de la CGTB à son insu.

Cherchant à comprendre, celui qui a signé la correspondance, Paul Kaboré en l’occurrence, a reconnu son erreur, prétextant un coup de fatigue. A en croire M. Bazié, «il a même fait comprendre qu’il attendait une réunion de l’UAS pour revenir là-dessus et présenter ses excuses».

Conscient que la même fatigue peut pousser Paul Kaboré à ne pas renvoyer une autre correspondance au ministre pour lui notifier son erreur, selon les dires de Bassolma Bazié, la CGTB a décidé de le faire le 12 septembre pour attirer son attention. A cette correspondance, le ministre a répondu qu’il ne va pas s’interférer dans la gestion de l’UAS, chose que la CGTB ne lui a jamais demandée. «Nous avons fait également ampliation à la présidence du Faso, au Bureau international du travail et à toutes les centrales syndicales membres de l’UAS. Nous avons au-delà de tout cela appelé également le ministre de la Communication pour attirer son attention sur le fait que le chef de l’Etat peut être induit en erreur sur la base d’une fausse correspondance», a-t-il expliqué, tout en précisant que cela n’a pas porté ses fruits.

Refusant de se faire complice d’un dialogue creux, le collectif CGTB a déclaré: «Nous ne faisons pas du syndicalisme commercial. Si c’est un cadre qui va constituer un cimetière où vont aller mourir les préoccupations légitimes des travailleurs, leur intégrité, leur liberté, nous allons dire non. Si ces conditions ne sont pas réunies, nous n’irons pas».

Madina Belemviré

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