Accueil » Gouvernance - Développement » HCRUN: la réconciliation nationale remise aux calendes grecques?

HCRUN: la réconciliation nationale remise aux calendes grecques?

Comme annoncé dans des écrits précédents, le professeur Benoît G. Kambou, président du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), a fini par rendre le tablier après la pétition (pression) de ses collaborateurs. Il aura passé 20 mois à la tête de l’institution.

Un nouvel intérimaire, monsieur Younoussa Sanfo, a été nommé par arrêté du président du Faso du 13 septembre 2017 et officiellement installé  dans ses fonctions le vendredi dernier. Mais pour une institution aussi importante tant pour les autorités politiques actuelles que pour les populations, cet intérim, en attendant la nomination d’un président, n’est-il pas de trop sinon un coup de frein au processus enclenché il y a de cela plus d’une année? Au regard des nombreux dossiers pendants, ne pouvait-on pas nommer directement et définitivement un président?

La secrétaire générale de la Présidence du Faso ( milieu) avec le président sortant (à gauche) et le président par intérim

Monsieur Younoussa Sanfo a été officiellement installé dans ses fonctions de président par intérim du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) par la secrétaire générale de la présidence du Faso, Désirée Chantal Boni/Nignan, le vendredi 29 septembre 2017.

Le président sortant, le Pr Benoît G. Kambou, avant de souhaiter bon vent à son remplaçant a émis des vœux qui en disent long sur les difficultés qu’il a rencontrées et sur ce qui n’a pas vraiment fonctionné.

Pour lui en effet, il faudrait «une redynamisation des commissions, une plus grande disponibilité des conseillers, la fixation d’une date butoir pour la réception des nouveaux dossiers et un temps d’introspection pour éviter à l’institution une nouvelle crise.»

Certes, le président par intérim a marqué sa détermination à mener à bien la tâche qui lui est confiée et dit compter sur la collaboration de tous les conseillers et du personnel administratif. Encore faut-il que le président intérimaire soit à même de créer une dynamique nouvelle dans une institution qui a commencé sans siège et sans moyens adéquats avant de s’engouffrer dans une crise de leadership.

Photos de famille prise après l’installation officielle de Younoussa Sanfo comme président par intérim

Quoi qu’il en soit, pour une réconciliation véritable, il faut que les uns et les autres mettent en avant l’intérêt supérieur de la nation en lieu et place des guerres d’egos et de personnes.

Pour l’instant, il ne faudrait pas que cet intérim dure indéfiniment car les dossiers de crimes de sang et économiques à gérer sont légion et coriaces et le peuple exigeant du Burkina a besoin d’une institution stable, dotée de moyens conséquents et administrés par des hommes sages.

Pour ce faire, il ne faudrait plus que la présidence intervienne en aval dans cette institution, pour gérer des crises et se désoler, mais qu’elle «s’ingère» davantage en amont dans la gestion de cette maison qui a en charge la réconciliation des cœurs pour un Burkina de paix.

Mais cela ne sera pas possible si plusieurs personnes se succèdent à la tête du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale – d’un président à un autre en passant par un intérimaire. L’on peut légitimement craindre en effet que ces multiples chefs à la tête de l’institution ne soient pas forcément favorables à la gestion diligente et efficace des dossiers pendants. Dans ce cas, les conséquences seraient entre autres les déceptions et la méfiance des victimes, toute chose qui enverrait notre réconciliation dans les calendes grecques. Ce qui serait vraiment dommage pour notre jeune démocratie.

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *