Accueil » Les Echosbels » LES HÉCHOS: AWA BOUSSIM

LES HÉCHOS: AWA BOUSSIM

Awa Bousssim (ph autre presse)

Awa Boussim: artiste musicienne, lauréate du Kundé d’or 2018. Seul le travail libère, dit l’adage. Cette femme rurale, mère de six enfants, issue d’un foyer polygame de quatre épouses (elle en est la 3ème) que rien ne prédestinait à quitter les ténèbres de son Zabré natal (commune de la province du Boulgou) est aujourd’hui sous les feux des projecteurs. Elle est devenue une star de la musique moderne par son abnégation au travail. La cantatrice, qu’on voyait jadis animer des séquences de la 3CE (Course cycliste du Centre-Est) quand l’ancien ‘’poly-ministre’’ Alain Bedouma Yoda était aux affaires, est sortie des cases rondes de Zabré pour les salons feutrés des capitales africaines et les gratte-ciels d’Europe, des Etats-Unis ou encore du Canada. Elle est sur le toit du Faso de la musique avec son Kundé. Mais bien plus, c’est sa carrière internationale qui impressionne. Rarement on a vu des artistes de telles origines marquer leur époque. On parlera peut-être de Solo Dja Kabaco mais la phallocratie bien burkinabè est claire là-dessus pour Awa.

La femme rurale est devenue une habituée des grandes scènes

Ce n’est pas juste d’épouser une femme, lui faire des enfants à la pelle et quelques années plus tard trouver qu’elle a vieilli et vouloir l’abandonner avec ses enfants, martèle Awa Boussim dans la chanson qui l’a faite découvrir. C’est probablement sa propre histoire qu’elle a chantée. «Où voulez-vous qu’elle aille? Qu’a-t-elle fait de si mauvais?» questionne Awa Boussim qui s’empresse de répliquer que «Je ne suis pas d’accord. Je ne partirai pas», dans cet premier album. Elle n’a pas quitté le foyer conjugal malgré l’arrivée de la quatrième épouse. Et c’est ce sacrifice au travail a payé, avec le contrat avec Sony Music. De tous les artistes burkinabè de toutes les époques, elle est la première à signer avec Sony Music, aux côtés de grandes sommités de la musique mondiale. C’est son talent qui a tapé dans les oreilles de l’un des trois plus grands labels discographiques du monde. Quelle grâce! Plein succès à la suite de sa carrière. Elle au moins, elle n’a plus les orteils écartés comme ses sœurs du Boulgou et peut porter des ballerines…

Ce qu’il faut reconnaître en cette dame également, c’est son attitude décomplexée qui lui permet de s’adresser aux mélomanes du monde entier.

Cet Héchos lui est décerné en témoignage de tout ce qu’elle a abattu comme travail et qui lui vaut le Kundé d’or.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *