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LES HÉCHOS: COLONEL CELESTE MOUSSA JOSEPH COULIBALY

       Le lieutenant-colonel Céleste Coulibaly

Colonel Céleste Moussa Joseph Coulibaly: ancien aide de camp du président Compaoré. On l’avait annoncé du côté de la Côte d’Ivoire pour, dit-on, soutenir l’armée ivoirienne à sécuriser la Côte d’Ivoire. Cette intox, qui avait un zeste de xénophobie, a été un flop total, le colonel Moussa Joseph Céleste Coulibaly est bel et bien au Burkina, à Ouagadougou et est même chef adjoint à l’état-major de l’armée pour les questions de formations.

Dans ce mois de janvier 2018, il va quitter le Burkina, non pour la Côte d’Ivoire mais pour aller faire valoir ses compétences au sein de la force de maintien de la paix de la CEDEAO. Il a passé un test et a été retenu. Il ne s’agit pas d’une nomination ou d’une affectation. Sa note d’admission a été d’ailleurs adressée au ministre de la Défense du Burkina par les responsables de la force de maintien de la paix de la CEDEAO.

Le colonel Coulibaly est un veinard. Voilà quelqu’un qui a accompagné Blaise Compaoré après sa chute, du Maroc en Côte d’Ivoire, qui est revenu au pays reprendre son poste de patron du RSP. Entre-temps, il est admis au cours d’état-major en France, il s’y rend et c’est après lui que le RSP est entré dans l’herbe avec le coup d’Etat qui a fini par entrainer sa dissolution. Les hommes de rang et les officiers non impliqués directement ont été valsés. Mais le colonel Coulibaly est revenu et il n’est ni de près ni de loin mêlé aux micmacs du RSP. Il est à l’état-major et y travaille tranquillement. N’eût été son livre sur «la guerre du Bani-Volta» qui l’a mis aux devants de la scène un moment, même les insurgés les plus irréductibles l’avaient oublié.

Le post qui parlait il n’y a pas longtemps de sa presque désertion semble lui avoir porté chance. Il va quitter le Burkina et de façon officielle, dans les règles de l’art.

Quand il était l’homme qui murmurait à l’oreille de Blaise Compaoré dans toute sa puissance, il est resté très humble, discret même, tout le contraire de certains qui étaient dans le 3e cercle autour de Blaise Compaoré mais qui se la jouaient, qui farotaient avec ces mots à la bouche: «Tu sais qui je suis?» Bonne suite de carrière au colonel Céleste Joseph Moussa Coulibaly.

 

LES ZÉCHOS: COLONEL AUGUSTE DENISE BARRY

            Le colonel Auguste Denise Barry

Colonel Auguste Denise Barry: soupçonné de tentative de destabilisation. Le colonel Auguste Denise Barry (ADB) est connu pour être un fin stratège et un spécialiste en renseignement militaire. Inutile de dire qu’il avait le reflexe du «tout voir et tout entendre pour tout savoir». Certes, le risque zéro n’existe pas. Mais que ADB ait été livré comme Judas Iscariote a livré Jésus de Nazareth ou pas, il y a eu une faille et un dysfonctionnement dans son dispositif.

À sa sortie de l’Académie militaire Georges Namoano de Pô, Auguste Denise Barry gravit progressivement les échelons, jusqu’à devenir colonel en janvier 2011, date à laquelle il est nommé ministre de la Sécurité. Victime collatérale des mutineries qui agitent alors le pays, il est contraint de quitter son poste trois mois plus tard. Il atterrit alors au ministère de la Défense en tant que conseiller technique du ministre qui n’est autre que… Blaise Compaoré.

Décrit par ses proches comme discret et intelligent, le colonel Barry est pourtant un homme très actif. Du moins, au niveau du renseignement.

Bras droit du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, ex-Premier ministre sous la Transition, le colonel Auguste Denise Barry a prouvé à ce moment-là qu’il était rompu aux techniques du renseignement. En effet, au premier semestre 2015, au moment où les clashs entre Isaac Zida et le RSP étaient ouverts – parce qu’il voulait dissoudre son ancienne unité -, et que Diendéré et ses hommes considéraient Barry comme la principale menace, ce dernier a été limogé par le président Michel Kafando. Alors libre et disponible, lui et son ami Isaac Zida avaient mis au point un système de renseignement pour surveiller et écouter leurs adversaires potentiels. Aussi avaient-ils acquis «du matériel sophistiqué auprès d’une firme étrangère permettant d’intercepter des communications émises par le moyens GSM, notamment les téléphones mobiles».

Le confrère «Jeune Afrique» avait révélé comment Auguste Barry et Isaac Zida avaient en effet acquis du matériel, notamment «une nouvelle table d’écoute et réorganisé les services de renseignement en renvoyant le colonel Amadou Thera, un fidèle de Diendéré, et en nommant un nouveau, le commandant Naon Daba». Selon la même source, c’est avec cette «nouvelle table et un personnel du renseignement nouveau» que les deux officiers avaient de quoi écouter leurs ‘’ennemis’’. Quand le coup d’Etat du RSP survint le 16 septembre 2015, «c’est avec cette table d’écoute que les militaires loyalistes avaient suivi les faits et gestes de Diendéré et de ses soldats du RSP pour mieux les réduire. C’est avec cette table d’écoute que les communications attribuées à Bassolé et à Soro avaient été interceptées, plus tard.»

C’est pourtant pétri de cette riche expérience que le colonel Barry a été interpellé le 29 décembre 2017 puis incarcéré à la MACA le 03 janvier 2018. L’ex-ministre de la Sécurité a-t-il baissé les bras ou a-t-il sous-estimé les hommes et le terrain?

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