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Immeuble CNSS inoccupé à Pag-la-yiri: quel gâchis!

Dans un pays pauvre comme le nôtre, tout investissement doit répondre à un besoin réel, réaliste et réalisable. Cela évite le gaspillage de nos maigres ressources financières. C’est le minimum d’intelligence qui nous est recommandé par les partenaires techniques et financiers. Pourtant, certains investissements coûteux ne semblent pas répondre à cette logique. Est de ceux-là l’immeuble imposant de la Caisse nationale de sécurité sociale sis à Pag-la-yiri, au bord du Boulevard Circulaire. Etait-il nécessaire d’investir autant de milliards dans cet immeuble inoccupé et qui finira par se délabrer par manque d’entretien? Quel gâchis dans un pays où, par manque de bureaux, l’Etat est obligé de ponctionner de l’argent dans ses caisses pour louer des bâtiments administratifs? Qui est responsable de cet investissement à perte et qui va le payer?

Cet immeuble est toujours inoccupé. Un investissement à perte dans un pays aussi pauvre!

La gouvernance est un concept qui n’a pas un sens précis ou consensuel. Mais généralement, elle implique une éthique de la gestion: plus ouverte, décentrée, collaborative, conduisant à l’intervention d’une pluralité d’acteurs. La gouvernance suppose ainsi une «bonne gouvernance» et, inversement, une «mauvaise gouvernance». À la limite, le terme peut être utilisé pour définir non seulement des rapports entre deux ou plusieurs acteurs, mais aussi une culture organisationnelle.

Et justement, au Pays des Hommes intègres, nous avons mal à notre organisation. Pas celle des grandes cérémonies festives où, par habitude, nous savons mettre les petits plats dans les grands. Notre faiblesse se situe dans le réflexe de nous organiser pour gagner notre développement. Ainsi, nous semblons être nous-mêmes les véritables freins à l’investissement nécessaire au décollage économique de nos pays. La preuve réside dans l’utilisation efficace de nos ressources internes.

En effet, comment comprendre qu’une grande société comme la Caisse nationale de sécurité sociale ne prenne pas toutes les précautions qui siéent avant d’injecter des milliards dans un immeuble qu’elle ne peut finalement pas utiliser?

Les problèmes évoqués

Sur la question, c’est un silence de cathédrale. Pourtant, depuis déjà plus de 5 ans, cet immeuble est inoccupé. Laissant penser qu’il n’était pas nécessaire puisque la CNSS a pu s’en passer des années durant. Ce nouveau bâtiment inutilisé n’a pas empêché cette société de fonctionner normalement. Pourquoi alors un tel projet? A qui profit-il? Etait-ce une manière subtile d’investir inutilement tout en se servant?

Des informations qui sont parvenues, il y a deux problèmes. Le premier serait lié à une absence d’autorisation de construire et le second à un problème technique relatif à l’état du sol sur lequel le bâtiment est érigé. L’un comme dans l’autre, le problème est grave. Car, il est inadmissible que la CNSS entreprenne un tel projet sans prendre soin de réunir les documents légaux qui lui donnent le quitus d’exécution.

Quant au problème technique, il est aussi intolérable qu’après les immeubles qui se sont effondrés du jour au lendemain dans la capitale, la CNSS n’ait pas eu recours aux services avisés d’ingénieurs de renoms pour vérifier l’état du sol avant d’entreprendre quoi que ce soit.

Ce qui est certain, cet immeuble inoccupé fait couler beaucoup d’encre et de salive, surtout que son entretien fait défaut.

Il ne faudrait pas donner raison à ceux qui pensent que la source première de la misère en Afrique noire est à chercher chez ses propres fils, parce que le mal serait dans le fruit. Et si tel est le cas, qui paiera cette mauvaise gestion?

En attendant, les responsables de la CNSS ont grand intérêt à communiquer sur cette affaire qui apparaît comme l’expression d’une mauvaise gouvernance. Pourtant, les Burkinabè souhaitent que rien ne soit comme avant.

Les Echos du Faso

2 commentaires

  1. De faux problèmes si cela est vérifié. Pour l’état du sol, avec l’argent qui y a été injecté, on doit refaire l’étude pour valider à posteriori l’implantation. Si cela a été fait et que les résultats bloquent l’émission du permis, il faut aviser et prendre les mesures nécessaires.
    Ce qui est dommage, c’est que des personnes s’amusent avec nos cotisations sociales.

  2. Rien de doit étonner, quand on sait qu’à l’époque de la construction de ce bâtiment, tout était permis.
    La priorité étant de se remplir rapidement les poches sans se soucier de ce qui peut advenir par la suite. Cet immeuble n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres!
    Et ces nombreuses écoles et formations sanitaires financées à coups de millions de nos francs et qui, avant même la réception technique, montre déjà d’inquiétantes fissures, quand ce n’est pas le toît qui s’envolle dès le premeier grand vent.
    Que dire de cette route (la nationale 1 ou route de Bobo), reprise en partie et à coups de milliards de CFA par la belle-mère de François Compaoré avec à la clé de nombreux avenants?
    Un des responsables de la mairie centrale a laissé entendre dans une interview diffusée par une des télé de la place que si les feux tricolores installés sur cette voie ont pratiquement tous rendu l’âme, c’est uniquement parce qu’ils n’étaient pas de bonne qualité dès le départ.
    Si fait qu’à cause de cette situation, la réception définitive de l’ouvrage n’a pas encore été faite. Les autres (SONABEL et Commune) ne voullant pas assumer la responsabilité.
    Et pendant que des gens meurent gratuitement des suites d’accidents provoqués par la défaillance de ces feux, l’ex- belle-mère nationale se la coule douce à l’étranger, sans aucun regret. Et dire qu’elle est partie plusieurs fois à la Mecque!

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