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Impact de l’exploitation minière sur les femmes: ORCADE rend son rapport public

L’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) a présenté le Rapport de l’étude sur les femmes et l’exploitation minière en Afrique: cas de Kalsaka au Burkina Faso. C’était autour d’un atelier, ce jeudi 11 février 2016, à Ouagadougou.

Jonas Hien «Nous sommes face à un deuxième Poura»
Jonas Hien «Nous sommes face à un deuxième Poura»

L’exploitation minière crée des préjudices aux populations, surtout à la gente féminine. C’est ce que révèle le Rapport de l’étude sur les femmes et l’exploitation minière en Afrique: cas de Kalsaka au Burkina Faso. Ce rapport a été réalisé par l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) en collaboration avec ses partenaires.
Le document, qui a été présenté, ce jeudi 11 janvier 2016, à Ouagadougou, à l’occasion d’un atelier, est le fruit d’une étude réalisée en République démocratique du Congo (RDC), au Zimbabwe, au Nigeria, au Ghana, en Ouganda, en Afrique du Sud et au Burkina Faso. En fait, l’objectif de la recherche était de s’intéresser aux impacts de l’exploitation minière dans ces pays.
Que ce soit de mines d’extraction de sel ou d’or, le constat est le même partout: l’installation des sociétés minières jette, le plus souvent, les populations riveraines, surtout les femmes, dans la précarité. Ainsi, la société Durban Mining a provoqué une déforestation au Zimbabwe, alors que les arbres procuraient des chenilles aux femmes. Par conséquent, elles ont des revenus amoindris. En outre, l’usage des produits polluant par les entreprises extractives de sel entraine le développement de plusieurs pathologies. De ce fait, il est constaté l’inflammation de l’utérus ou même sa perte totale chez certaines femmes.

Qu’en est-il de la situation au Burkina?
Les femmes qui vivent dans les régions minières connaissent aussi des difficultés. En effet, l’activité de la société Cluff Mining Company a réduit la production agricole et l’exploitation artisanale. Cette situation a créé une baisse considérable des revenus des femmes de Kalsaka et ses villages environnants.
Selon le coordonnateur de l’ORCADE, Jonas Hien, la situation est inquiétante. «Nous nous sommes rendus compte que c’était une catastrophe, sinon une perte», a-t-il indiqué. Pour lui, c’est même une désolation, en particulier pour la gente féminine: «Les femmes se retrouvent dans une paupérisation du fait de l’exploitation minière», s’est inquiété le coordonnateur.

Les journalistes et les représentants des populations de Kalsaka ont pris connaissance du rapport
Les journalistes et les représentants des populations de Kalsaka ont pris connaissance du rapport

Les auteurs du rapport ont affirmé que la mine de Kalsaka est en cessation d’activité sans avoir eu de retombées satisfaisante. Selon eux, la réhabilitation n’est pas une réalité. «Nous sommes face à un deuxième Poura», a dénoncé Jonas Hien.
En dépit de cette situation, il a estimé que les solutions ne manquent pas, elles sont même connues. Il faut un engagement politique. A cet effet, Jonas Hien pense que les OSC doivent poursuivre leur travail de formation, de sensibilisation, d’interpellation, d’information et le plaidoyer. C’est du moins ce que sa structure compte faire.
En conclusion, le coordonnateur de l’ORCADE espère qu’avec le nouveau code minier et les nouvelles autorités, les choses vont changer.
Nouroudine Lenoble Lougué (Stagiaire)

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