Accueil » Société » Inceste: un fléau qui fait toujours rage

Inceste: un fléau qui fait toujours rage

Dans toutes les sociétés, l’inceste est un sujet difficile! Incestus, en latin, signifie: impur, impudique, souillé, dévalué, déchu. En effet, l’inceste renvoie, principalement, à une relation sexuelle entre deux personnes apparentées et, dont le mariage est prohibé par le droit coutumier et/ou le code civil. L’inceste est un phénomène social qui augmente tous les jours du fait de la banalisation de la sexualité, des nouveaux modes de communication et du laxisme de la loi qui laisse parfois ces actes impunis. Les jeunes sont les plus vulnérables.

L’inceste est non seulement un viol déguisé, mais il est avant tout un vol

L’histoire nous apprend que l’inceste a toujours existé. Dans la Bible, dans les mythologies égyptienne, Gréco-romaine, dans la Rome Antique, au Moyen-âge, plusieurs histoires d’incestes nous sont rapportées. Pour ce faire, l’inceste est un fantôme qui guette tout le monde, adultes et jeunes, et fait de tous le gendarme de chacun. Évidemment, les jeunes générations sont plus vulnérables, plus attachées aux pulsionnelles et moins subtiles dans les actes. C’est pourquoi la majorité des relations incestueuses enregistrées en Afrique concernent les jeunes, tandis que les adultes réprimandent et rappellent au respect des liens de parenté.

L’inceste est donc lié à l’interdit. Mais dans le passé, quand l’inceste était su, il était tu, on en faisait un tabou pour conjurer le sort. Sinon, il devient la preuve que telle famille a failli à l’éducation ancestrale de ses enfants, et que ceux-ci ne respectent plus rien, étant donné qu’ils ont érodé le lien sacré. Par conséquent, ils deviennent infréquentables, au risque de propager leur salissure. Ainsi l’inceste est complexe comme phénomène, vicieux dans la gestion de son secret et traumatisant dans ses manifestations.

Ses causes sont autant multiples que complexes. Mais les principales sont: l’ignorance due au manque de transmission des valeurs traditionnelles par les ainés aux cadets; l’esprit iconoclaste ou la revendication d’une pseudo liberté que donne l’éducation moderne occidentale; la confiance et la complicité exagérées entre membres d’une même famille, d’un même clan; et l’influence psychologique que peut exercer un membre sur un autre, exactement comme le rapport du maître et l’esclave, ou encore du tyran et ses larbins.

De nos jours, même sans statistiques officielles, l’on sait qu’il y a recrudescence des cas de viols et d’inceste. L’augmentation exponentielle du viol et de l’inceste peut être due entre autres, à la sur-médiatisation, à la banalisation de la sexualité et au laxisme de la loi qui laisse ces actes impunis.

Ce qui est certain, c’est que beaucoup de jeunes filles en pâtissent. Et les nombreuses victimes ont besoin d’extérioriser leur vécu et leur douleur pour dominer le mal qui les ronge. Il a même été rapporté que les victimes d’inceste ont 2 à 4 fois plus de risques de basculer dans l’obscurité, dans les addictions néfastes pour leur santé telles que le tabagisme, la drogue, l’alcool, la prostitution, les troubles alimentaires (anorexie, boulimie), la dépression, jusqu’au suicide.

Ce que l’on ignore souvent c’est que les pratiques incestueuses ont fait naître des maladies génétiques rares dont le risque n’est pas à négliger. Des maladies liées à la consanguinité. Au-delà donc de l’interdit, l’inceste a des conséquences fâcheuses sur la santé des membres de la famille.

Aussi, si l’inceste est perçu dans notre société comme un crime sexuel, un viol déguisé, il est d’abord et avant tout un vol. Le vol du droit qu’a tout enfant à l’épanouissement, à l’amour de ceux qui sont sensés le protéger, le guider, l’aimer. Il n’est donc pas étonnant que les victimes d’inceste se sentent si souvent désespérées et anéanties par l’expérience vécue. Bon nombre d’entre elles ont des difficultés à établir, avec une personne de sexe opposé, une saine relation de confiance, d’intimité, basée sur la dignité. Ces comportements autodestructeurs témoignent d’un sentiment immense de solitude, de honte, de culpabilité et d’un manque d’estime de soi. Alors combattons de toutes nos forces ce mal est toujours d’actualité dans notre société sans repère.

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *